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mettre son diocè>c (uni entier sous leur protection , m dédiant à ces saints ta nouvelle église qu'il espérait faire construire , quand il plairait à la Providence de seconder ses vœux.
Il était tout occupé de cette pensée lorsqu'il se rendit à Paris pour rassemblée dont nous avons parlé plus haut.
Après cette assemblée , l'empereur Charlcmagne lit part aux évèques d'un songe qu'il avait eu et dont il avait été fort effrayé : 11 lui semblait pendant son sommeil être à la chasse , quand lout-à-coup , se trouvant seul au milieu d'une foret , il aperçut un sanglier furieux qui allait s'élancer sur lui ; sa première pensée , dans ce pressant danger , fut de se jeter à genoux et d'implorer la protection de Dieu. En même temps il vit auprès de lui un enfant nu qui lui promit de le délivrer du péril qu'il courait , s'il voulait lui donner un voile pour le couvrir. L'empereur ne balança pas à faire cette promesse ; aussitôt l'enfant sauta sur le sanglier et le tenant par ses défenses , il le conduisit à l'empereur qui le perça de son épée et le tua.
Mais pourquoi ne pas laisser Michel Cotignon nous raconter lui-même cette histoire avec son style naïf, en rappelant qu'il faut substituer le nom de Charlcmagne à celui de C.harles-le-Chauve :
« Donnant ledit Charles-le-Chauxe , et pensant être » ;t la chasse tout seul en des bois, il lui sembla voir » un grand sanglier furieux et fort échauffé, \enant
» droit à lui pour l'offenser , dont ayant grand' peur , » et s'étant mis à prier Dieu , s'apparut à lui un enfant » nud , qui lui dit que s'il voulait lui donner un voile » pour se couvrir, il le délivrerait du mal et de la » mort que cette féroce bête lui allait porter. Ce que » lui ayant promis , icelui enfant prit ledit sanglier , » monta dessus, lui mena et lui fit tuer de son épée . » Réveillé , il avait continuellement cette vision en sa » pensée , et ce lui semblait devant les yeux , était » en grande perplexité de savoir que cela pourrait » signifier, désireux d'accomplir sa promesse s'il en » avait le moyen. Or, il arriva que la plus grande partie » des évoques de «on royaume étant allés à Paris pour » une assemblée du clergé qui s'y tenait, ledit roi leur » exposa sa vision , dont fort étonnés et ne sachant » qu'en dire , saint Hiérôme qui était avec eux , rempli » de la grâce de Dieu , lui interpréta , lui faisant » entendre comme en son église cathédrale do Nevers » y avait une chapelle dédiée au nom de saint Cyr, » martyr , que l'enfant qui lui avait apparu par divine » permission et l'avait délivré de la mort était ledit » saint Cyr, et que le voile qu'il lui demanda était » la réparation de ladite chapelle et restitution du » bien et patrimoine de ladite église , la vérité étant » que les biens, héritages et revenus donnés par ses » prédécesseurs rois de France à ses devanciers évêques » dudit Nevers , pour la fondation et dotation del'évéché » et église cathédrale, étaient possédés par d'autres, et en
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» avaient clé spoliés au lemps des guerres. Le suppliant » très-humblement les lui faire restituer et donner moyen » d'agrandir et décorer la susdite chapelle et faire une » belle église cathédrale. Desquelles choses le susdit » Charles étant dûment certioré, accorda très-volontiers » la requête dudit saint Hiérôme, lui faisant rendre tout » ce qui avait été ôté à ses prédécesseurs , particuliè- » rement les terres et châtellenies d'Urzy , Parzy et » Prémery , lui faisant en outre beaucoup d'autres » biens, l'estimant et honorant grandement. Au moyen » de laquelle restitution et autres bienfaits , ledit saint » Hiérôme , de ladite chapelle en fit faire une belle et » grande église , et intituler du nom dudit saint Cyr, » étant auparavant qualifiée des noms de SS. Gervais » et Protais, anciens patrons d'icellc, et lequel saint » Hiérôme pour la plus dignement dédier au nom » dudit saint Cyr, impétra de saint Amateur, évéque » d'Auxerre , de ses reliques apportées d'Antioche , » savoir le bras qui jusqu'à présent y est conservé en » très-grand honneur et vénération, richement enchâssé. » En foi et témoignage de toutes lesquelles choses, outre » les susdites légendaires, chartas et livres manuscrits, » nous voyons en beaucoup d'églises et autres lieux , » principalement en la cathédrale , la représentation de » ladite vision, restitution et libéralités par ouvrages et » peintures très-anciennes, comme aussi aux tapisseries, » vitres , horloge et beaucoup d'autres lieux , et les » tient-on par tradition de père en fils , et de fait les
» armoiries de l'évêché sont cinq fleurs-de-lis et trois » châteaux , et celles de l'église d'un côté le portrait de » saint Cyr sur un sanglier et de l'autre trois fleurs- » de-lis 1 . »
Saint Jérôme , grâce aux libéralités de Charlemagne, se vit en position de faire reconstruire sa cathédrale , et aussitôt il commença l'œuvre qui jusque-là avait occupé toutes ses pensées.
Déjà la vaste basilique dominait la cité , mais les désirs du saint évéque n'étaient pas complètement satisfaits , l'ornement le plus précieux qu'il aurait voulu procurer à son église était quelque portion des reliques des saints martyrs auxquels il se proposait de la dédier. Il pria Dieu avec une nouvelle ardeur et sa prière eut son effet. Soit par un accident tout naturel , soit plutôt par une permission divine , le mur que saint Amatre avait fait construire à Auxerre s'écroula tout à coup et découvrit le dépôt sacré que le saint évéque avait caché avec les images des Saints et les inscriptions qui indiquaient les noms et les reliques de chacun. Cette nouvelle parvint bientôt aux oreilles de Jérôme qui mit tout en œuvre pour étendre le culte de saint Cyr et de sainte Julittc, mais avant tout il voulut l'établir dans son diocèse. Les peuples se rendaient en foule à Auxerre pour vénérer ces précieuses reliques ; Jérôme s'y rendit lui-mémo et fut assez heureux pour
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en obtenir une pari ie ; on lui remit le bras du saint enfant , ce même liras, dit-on , que saint Amalrc avait autrefois donné à saint Savin et (lue celui-ci laissa à Auxerre lorsqu'il partit pour le Poitou.
Jérôme transporta avec solennité ce précieux trésor à Nevers en chantant pendant le voyage des psaumes et des hymnes d'actions de grâce. La v ille partagea la joie et le bonheur de son digne pontife en recevant dans ses murs ces nouveaux protecteurs , qui ne tardèrent pas à donner des preuves du pouvoir dont ils jouissent auprès de Dieu. Un grand nombre de miracles s'opérèrent par leur intercession , et les malades guéris de leurs infirmités proclamaient au loin les louanges des sunts martyrs \
Le bras de saint Cyr fut déposé dans la nouvelle basilique et depuis cette époque saint Cyr et sainte Julitte devinrent les patrons du diocèse de Nevers.
Cependant Nevers ne devait pas oublier ses anciens protecteurs saint (iervais et saint Protais ; une charte d'Hugues de Champallement , évéque de Nevers, de l'année 102S , nous apprend que ces saints martyrs avaient un autel dans la cathédrale , et leur lèle.du rit double majeur, continue à être célébrée dans le diocèse.
Outre les terres d'Urzy, de Prémery et de Parzy dont l'église de Ne vers avait été mise en possession par suite de la bienveillance île l'harlemagne , nous \nynn> par
les chartes du neuvième siècle qu'elle possédait dans différentes contrées des biens assez considérables.
Du temps de l'évêque Hériman , qui monta sur le siège épiscopal vers 841 , les revenus de la cathédrale devaient être en rapport avec les besoins des quarante 1 chanoines que ce pontife avait institués ; parmi les biens qu'il affecta à leur subsistance , on trouve Parigny-les- Vaux , Germigny, Sauvigny, Guérigny et d'autres terres situées dans le Nivernais et l'Âvallonnais.
Une charte de Carloman , de 881 , compte Cours-les- Barres au nombre des possessions de Saint-Cyr, et une autre de Charles-le-Gros , en 88ô , établit les droits de cette église sur Cusset , en Auvergne. L'année suivante , le comte Guillaume donne à la même église l'abbaye de Saint-Révérien et celle de Saint-Pierre d'Iseure, près Moulins-sur-Allier *.
En 887 , Eumène , évêque de Nevers , se trouvait au siège de Paris avec l'empereur Charles-le-Gros et bivouaquait avec le reste de l'armée à quelque distance de cette ville, alors assiégée par les Normands ; voulant tirer profit des relations qu'il avait si facilement avec l'empereur, il lui mit sous les yeux les titres qui garantissaient à l'église de Nevers ses possessions déjà confirmées par les princes , ses prédécesseurs , le priant de les corroborer de nouveau de son autorité.
* La Gallia Christiana dit LX, mai* Parmentier prétend qu'il y a transposition dans le chiffre et qu'il faut lire XL.
2 Pabmrntirh , Hi*t. manusc.des Rvfqws. —CnUin Chfhiiana . Innv xti.
ï'i MONOUrU'HlK l>K I.A CATHÉDHALE DE NF.VF.lt>.
Charles y consentit et donna une nouvelle charte, dans laquelle il est fait mention des principales dépendances de Saint-Cyr. On y trouve les abbayes de Saint-Trohé , de Saint-Martin , de Saint- Aiiglc , de Saint-Sauveur, de Saint-Gildard et Saint-loup, de Saint- Franchy , de Saint-Vincent de Magny, de Cours-les-Barres , de Saint- Genesl , de Notre-Dame , de Saint-Péreuse en Morvand , de Sainl-Parize-le-Chàtol ; les deux tours de Saint-Didier et la porte intermédiaire dite porte épiscopale . les églises d'Imphy . d'Urzy, de Prémory, de Guérigny, de Marzy, d'Arthel , de Parigny , doGermigny, de Sauvigny, de Cusset en Auvergne , de Digoin , etc. La charte confirme d une manière générale les possessions de l'église de Nevers situées dans la Provence, le Maçonnais , le Chàlonnais , l'Autunois , l'Auxerrois, le lierri et l'Auvergne. Parmentier dit quelque part qu'elle était encore propriétaire dans le Ouercy.
Il est impossible de connaître l'origine de ces biens, à cet égard l'histoire reste à peu près muette. Il esta présumer qu'ils viennent, de donations royales auxquelles se seront jointes do nouvelles donations de la pari des seigneurs et des évèques.