‹ Mongraphie de la cathédrale de NeversChapitre 8 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

-VINT JÉRÔME, ÉVÉQUE DE NEVBRS. — SA DÉVOTION POUR SAINT CYR. — IL CONSTRUIT l'NE CHAPELLE EN SON HONNEUR. — IL CONÇOIT LE PROJBT DE REBATIR LA CATHÉDRALE. — SONGE DE CHARLEMAGNE. — INTER- PRÉTATION DE CE SONGE. — SAINT JÉRÔME EXÉCUTE SON PROJET. — NOUVELLE CATHÉDRALE DÉDIÉE A SAINT CYR.

ai nt Jérôme naquit dans le Nivernais de parents riches et distingués; plus remarquable encore par la ^sainteté de sa vie et ses connaisisances variées que par la noblesse 'de sa naissance , il fut choisi à la mort de Galdon pour le remplacer sur le siège épiscopal de Nevers. Malgré ses résistances basées sur sa profonde humilité , il fut obligé de céder au

MONOGKAIMUP.

vœu général des habitants et d'accepter le fardeau de l'épiscopat. Lorsqu'il monta sur le siège de Nevers , en 795, il trouva le diocèse dans le plus déplorable état par suite des guerres désastreuses qui avaient désolé notre malheureux pays. Le Nivernais, pendant le cours de ce siècle, avait été ravagé par les Sarrasins; les églises avaient été pillées par ces barbares qui avaient ruiné les deux monastères de Saint-Gcnest et de Saint-Martin, situées sous les murs de Nevers. Quelques années après , en 761 , Nevers , comme centre des opérations de Pépin pendant les guerres d'Aquitaine, avait vu son sol foulé tantôt par les armées de ce prince, tantôt par celles de Waifre et de ses partisans. Les seigneurs qui avaient pris part à ces guerres et qui considéraient le pillage comme une indemnité légitime de leurs frais , ne trouvant plus rien à prendre dans les trésors des églises, s'étaient emparés des biens-fonds de ces mêmes églises , ne laissant ainsi aucun moyen de les réparer. La cathédrale elle-même ne possédait plus aucune ressource et tombait en ruines.

Des misères d'un autre genre devaient encore affliger le cœur compatissant du nouvel évêque : les pauvres , dans le sein desquels était versé le superflu des revenus ecclésiastiques , se trouvaient plongés dans la plus affreuse détresse ; leurs anciens protecteurs , dépouillés de leurs biens , ne pouvaient plus les secourir. Jérôme ne se laissa pas décourager par tant de calamités , s'en rapportant à la Providence de celui qui nourrit les

petits oiseaux , il consacrait une partie des nuits à la prière, implorant pour lui et pour son peuple le secours du Tout-Puissant; le jour , sa modeste demeure devenait une maison d'hospitalité où on voyait accourir les indigents et les voyageurs, n se fit pauvre lui-même pour soulager les pauvres ; après avoir consacré une partie de son patrimoine à leur subsistance , il employa l'autre partie à faire rétablir les monastères de Saint- Genest et de Saint-Martin.

S'il faut en croire un des historiens de l'église de Nevers , le désintéressement du saint Pontife alla si loin , que bientôt il fut réduit à se rendre avec ses clercs , pour prendre ses repas , au monastère de Saint-Martin qu'il avait fait réparer , et que pour assister à une assemblée d'évôques tenue à Paris il fut obligé de faire le voyage modestement monté sur un âne , ne pouvant avoir un cheval à sa disposition \

Ce saint évôque avait une dévotion toute particulière à saint Gyr et à sainte Julitte , sa mère. Avait-il obtenu paT leur intercession quelque grâce spéciale , ou bien cette dévotion avait-elle sa source dans l'admiration que lui inspirait l'intrépidité de cette femme héroïque dont le courage s'était communiqué à son tendre entent? L'histoire ne nous en dit rien, mais nous savons qu'il avait fait construire en leur honneur une chapelle attenante à sa cathédrale, et qu'il désirait

1 Michel Cotignov CatalotjM historial </e< Evéqtm de Nevers.

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