PREFACE. III
l'aînée ou la cadette? ou toutes deux ensemble et de concert ?
Si la France ne veut que la stabilité, pourquoi agite-t-eîle toutes ces questions? Qu'elle les supprime et qu'elle s'arrête dans ce qui est. Si elle ne croit pas à la stabilité de ce qui est, que ne fait-elle son choix entre les solutions des questions quelle agite?
Est-ce que ces questions ne pourraient être ni supprimées, ni résolues?
Ce serait la pire des conditions, car nous serions voués alors à l'immobilité dans l'anxiété. Point de foi dans le présent et point d'avenir.
Je ne veux pas croire, je ne crois réellement pas que ce soit là l'état de mon pays.
La France de 1850 et l'Angleterre de 1660 se ressemblent peu , et je n'ai garde , quoiqu'on m'en ait quelquefois accusé, de proposer l'une à l'imitation de l'autre. La France a ses destinées
ir PRÉFACE.
et son génie propres : qu'elle les conserve et qu'elle s'y confie.
Mais il y a quelque chose qui s'élève au-dessus de toutes les diversités de destinée et de génie national, quelque chose qui est toujours et partout également nécessaire : c'est l'esprit politique, c'est-à-dire le bon sens qui, en politique comme ailleurs et pour les nations comme pour les individus, donne seul le succès, le succès définitif et durable.
Deux bons sens ont concouru au rétablissement de la Monarchie anglaise en 1660 : le bon sens d'un homme et le bon sens du pays, ou, pour parler plus exactement, du parti monarchique dans le pays.
On disait aussi en Angleterre, il y a deux cenls ans, que la Monarchie avait disparu sans retour, et que la République seule élait possible. Monk reconnut que cela éiait i'aux. Il crut à la