A LONDRES (NOVEMBRE
férer la convocation d'un nouveau parlement au retour de celui qu'ils avaient chassé, les commissaires avaient ordre de laisser ignorer qu'ils eussent pouvoir d'y consentir, jusqu'au moment où une plus longue résistance pourrait compromettre la popularité de leur mission. Ils étaient enfin chargés de reconnaître quel secours on pouvait attendre de l'opinion de la Cité de Londres, déjà déclarée pour les projets de Monk, et de régler leur conduite en conséquence.
Tandis que les envoyés de Monk se rendaient à Londres et que Lambert marchait sur Newcastle, d'autres négociations et d'autres intrigues suivaient leur cours, Fleetwood, déjà inquiet de l'ambition de Lambert, cher chait à s'assurer, du côté de Monk, quelque ressource particulière, et lui envoyait, pour son propre compte, Dean, l'un des trésoriers de l'armée. Mais en même temps il déclarait au Conseil commun de la Cité que l'intention de Monk étaitde ramener le roi par la guerre; et Dean, moins occupé de gagner le général que de lui débaucher son armée, s'exprimait ouvertement, à la table même de Monk, sur les projets royalistes qu'il lui supposait, et s'appliquait par ses discours, par des écrits répandus avec profusion, à séduire ou effrayer les soldats. Un jour, passant devant une compagnie d'infanterie : « Mylord Lambert, dit-il, marche sur vous, et toute l'arec mée de Monk ne lui fera pas un déjeuner. — 11 faudra, ce répondit un soldat, que le froid ait donné bon appétit