DANS L'ARMÉE A LONDRES
bourg, les hommes de paix pour parler d'accommodement, les colonels pour pratiquer les soldats et les attirer dans l'armée de Lambert. En même temps Fairfax faisait savoir à Monk que lui et ses adhérents dans le comté d'York, tous prêts depuis le mouvement de sir George Bootli, demandaient, pour se joindre à lui, qu'au lieu de se faire le protecteur d'un fantôme de parlement, il se déclarât pour la rentrée des membres exclus par Cromvvell et l'armée, ou pour la convocation d'un parlement nouveau. Cette dernière proposition rendait, au gré de Monk, la paix beaucoup trop facile ; l'autre ne pouvait encore sans danger être seulement insinuée à ses troupes. On fit comprendre à l'envoyé de Fairfaxla nécessité d'une plus longue patience ; les ecclésiastiques et les colonels furent congédiés après quelques paroles aigres et beaucoup de démonstrations pacifiques; et Morgan, dès qu'il se trouva hors des mains de Lambert, devint, pour le parti militaire, l'agent le plus important des desseins de Monk, dont il avait toute la confiance1.
1 De retour auprès de son général, et à sa première entrevue avec lui, Morgan lui demanda en riant s'il voulait poser les armes et rentrer en amitié avec Fleetwood et Lambert : «S'ils veulent rétablir le parlement, lui répondit Monk, je n'aurai plus grand'chose à dire, et vous pouvez le leur faire savoir, si cela vous plaît. — J'ai promis de vous faire la question, dit Morgan, mais non de retourner auprès d'eux si vous refusiez. Je suis charmé d'être ici avec vous pour vous aider et suivre votre fortune dans tout ce que vous entreprendrez. Vous savez que je ne suis pas un politique. Je suis sûr que vous êtes un
Cependant tout ce mouvement d'intrigue et de séduction n'était pas enti èrement sans résultat .Quelque inquiétude sur les projets ultérieurs du général commençait à saisir, dans l'armée et hors de l'armée, les hommes à qui leur intérêt ou leur opinion faisait vivement redouter le retour des Stuart, et ces esprits timides qu'effraie toute idée d'un changement. L'espérance croissait en même proportion dans le parti royaliste. Les questions assiégeaient les confidents de Monk, et lui-même avait à se défendre des indiscrètes prévenances des Cavaliers, de la soupçonneuse surveillance de leurs ennemis et des imprudences de son intérieur. «M. Monk, disait sa ce femme, est presbytérien, et mon fils Kit (il avait alors « six ans) est pour le Long-Parlement et la bonne « vieille cause ; » et au milieu des insultes auxquelles était exposée, dans la maison du général, la cause qu'il chérissait, le chapelain Price ne pouvait toujours retenir un mouvement de colère royaliste. « Si je « suis jamais perdu, lui dit Monk un jour, ce sera « par vous et par ma femme. » Plusieurs de ceux qui l'avaient servi d'abord avec zèle ne tardèrent pas à l'abandonner. Sa cavalerie, déjà peu nombreuse, déserta presque tout entière ; mais l'infanterie ne s'en
ami de votre pays. Je m'associerai à toutes vos actions, soumis à votre jugement et à votre prudence dans votre façon de les conduire. » (Extrait de la trad. angl.)