VERS L'ANGLETERRE (NOVEMBRE
montra que plus ferme dans son attachement, et Monk, après ce mouvement de désertion, crut pouvoir compter sur ce qui lui restait.
Un mois s'était écoulé dans les préparatifs, lorsqu'il jugea que le temps était venu d'entrer en campagne et de soutenir ses déclarations par quelque mesure non équivoque. Dès les premiers jours de novembre, il avait assemblé à Edimbourg les principaux de la noblesse écossaise et les députés des bourgs et comtés, leur avait annoncé qu'il se disposait à marcher en Angleterre pour la défense des lois et de la liberté, et leur avait demandé de concourir à son dessein, d'abord en maintenant la tranquillité de l'Ecosse tandis qu'il serait occupé ailleurs, puis en lui faisant payer l'arriéré des impôts nécessaires à la solde de ses troupes. Les Écossais, sans armes, pouvaient peu de chose pour l'ordre public; mais ils promirent l'argent, et tinrent parole. Quant aux autres intérêts qu'ils pouvaient avoir à traiter, ils demandèrent à Monk une seconde conférence, qu'il fixa au 13 décembre, à Berwick. Enfin, le 18 novembre 1659, il donna l'ordre de marche, partit ce l même jour en avant de son armée avec son état-major, et se rendit à Haddington, sur la route de Berwick.
Ses commissaires étaient arrivés le 12 novembre à Londres. Aussitôt, artificieusement entourés, poursuivis des caresses et des prévenances des officiers de l'armée, ils s'étaient vus dans l'impossibilité de communiquer avec