‹ MonkChapitre 36 sur 88 · L'ARMEE PERD LE POUVOIR A LONDRES · texte numérisé non relu

L'ARMEE PERD LE POUVOIR A LONDRES

A cette dernière nouvelle, Monk se hâta d'écrire à Lambert pour lui témoigner son empressement à reprendre les négociations; mais comme Haslerig et les autres parlementaires, maîtres alors de Portsmouth, étaient du nombre des commissaires qu'ayant sa chute le parlement avait préposés au gouvernement de l'armée, Monk, leur collègue, ne croyait pas pouvoir traiter sans eux, et il fit demander à Lambert un passeport pour que son messager allât à Portsmouth prendre leurs instructions.

Il fallut bien que Lambert s'aperçût qu'il avait été joué; il s'emporta, refusa le passe-port, et comprit qu'il n'était plus question de traiter. Mais il n'était plus temps d'agir. La neige couvrait, à plusieurs pieds de hauteur, quarante milles d'un pays coupé de précipices qui séparait Lambert de Monk et de la Tweed; il restait sans espoir d'atteindre son ennemi avant le moment prochain où son armée aurait épuisé ses dernières ressources. Lambert devait bientôt n'avoir plus même une cause à soutenir. L'impuissante main de Fleetwood laissa échapper à Londres les rênes du gouvernement; et le 25 décembre 1G59, le Rwnp, acceptant les soumissions et les excuses de l'humble général, rentra pour la dernière fois en possession de Westminster. Son premier soin fut d'ordonner que les deux armées retourneraient dans leurs quartiers, votant toutefois pour celle d'Ecosse, en signe

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