‹ MonkChapitre 50 sur 88 · LE PARLEMENT LES MEMBRES EXCLUS · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT LES MEMBRES EXCLUS

enlever tout appui; et si l'on ne pouvait faire consentir les officiers à la rentrée des membres exclus dans le parlement , il fallait les empêcher du moins de s'y opposer.

Le quartier général était toujours dans la Cité; vainement on avait pressé Monk de retourner à White- Hall et de reparaître au conseil d'État : il avait nettement refusé de siéger tant qu'on ne l'aurait pas dispensé du serment d'abjuration; et quant à son séjour dans la Cité, il était indispensable, disait-il, pour calmer les inquiétudes et contenir les mécontentements excités par la distribution d'armes faite aux fanatiques. Là, journellement visité par ceux des membres exclus qui se trouvaient à Londres, Annesley, Pierrepoint, Hollis , Grimstone, Monk les admettait à des conférences en présence de plusieurs de ses officiers; et ceux-ci, surpris de la modération et de l'urbanité de ces hommes qu'ils ne s'étaient jamais représentés que comme des ennemis, cédaient presque tous à l'ascendant qu'exerce une situation supérieure sur des esprits grossiers et irréflé» chis, peu accoutumés à distinguer leurs opinions de leurs impressions. A ces conférences assistaient quelques-uns des modérés du Rump, disposés, si on pouvait le hasarder sans rien compromettre , à se prêter à la rentrée des membres exclus. Monk, dans ses entretiens avec Haslerig, Ludlow et leurs adhérents, déclarait toujours une telle mesure impossible; seule-

ment, pour se débarrasser, disait-il, des importunités dont l'assiégeaient Annesley et Pierrepoint, il demanda à Scott et à Haslerig de consentir à un pourparlers Ceux-ci n'en étaient plus au point de se refuser aux négociations : ils se rendirent chez Monk, où se trouver eut douze des membres exclus et quelques officiers. Aux premiers mots d' Annesley, Haslerig s'emporta et voulut sortir. Monk le retint en riant : « Laissez aller Annesc< ley, dit-il, je sais bien le moyen de le faire finir. » Haslerig se rassit; Annesley continua sans obstacle. Haslerig zfj tenant plus, sortit enfin ; et après son départ, la conférence s'acheva paisiblement. Les membres du Itump objectaient surtout le désordre qu'on allait causer en revenant sur les ventes des biens et sur les actes adoptés en faveur de la liberté de conscience. Les membres exclus promettaient de ne point toucher à ces intérêts, de ne point tourner leurs regards vers le passé, et de travailler seulement à fonder l'avenir du pays sur de> bases plus légales et plus sûres. On ne se heurta point, mais on ne convint de rien; et, la séance finie, les officiers, demeurés avec leur général, avouer en1' que, pour arriver à quelque décision, il fallait autre chose que des conférences. Deux ou trois cependant, moins entraînés que les autres, demandèrent que les membres exclus s'engageassent à faire voter de nouyeau, en parlement, un gouvernement républicain et la confirmation de la vente desbiens. On temporisa; on

Page 1