LES ÉLECTIONS SONT ROYALISTES
Charles, selon l'avis de Monk, avait promptement quitté Bruxelles, et s'était rendu à Bréda, d'où Greenville repartit aussitôt, rapportant des lettres et déclarations du roi, adressées au prochain parlement, à l'armée, à la Cité ; d'autres pour Monk, dont une particulière, écrite de la main de Charles; une commission de généralissime de toutes les troupes de terre et de mer dans les trois royaumes ; enfin, un brevet en blanc de secrétaire d'État, que Monk destinait à Morrice. Mais pour le moment, gardant seulement la lettre du roi, et fidèle à ses habitudes de précaution, Monk ne voulut point se charger des autres papiers, que Greenville renferma, jusqu'au jour d'en faire usage, dans une cache depuis longtemps destinée à de tels secrets.
Le mois d'avril avançait, et en même temps les élections. La majorité qu'elles devaient amener n'était point douteuse; et Monk, qui ne refusait personne, ayant écrit aux officiers municipaux de Bridgenorth pour recommander au choix des électeurs Thurloe, secrétaire de Cromwell, on répondit qu'on n'avait pas osé faire usage de salettre. « Le général, ajoutai t- « on, fût-il venu en personne se présenter lui-même, « il n'eût pas été élu, à moins de se déclarer absolu- « ment pour le roi, et sans aucune des conditions dont « on avait ouï parler. » La milice s'organisait partout dans le même esprit. L'armée, mécontente mais dompr tée, n'opposait plus de résistance, bien qu'elle excitât