ACTE II, SCÈISEIV
VANNA
Oui. — S’il ne me croyait pas... Mais ce n'est pas possible... — Viens...
PRINZIVALLB.
Non.
VANNA
Pourquoi ? — Que crains-tu donc ?...
PRINZIVALLB.
C'est pour toi que je crains...
Pour moi, que je sois seule ou que tu m accompa gnes, le danger est le même. — C’est pour toi qu’il faut craindre. — Tu viens de sauver Pise ; il est juste qu’elle te sauve... Tu y viens sous ma garde; et je réponds de toi...
PRINZIVALLB.
Je t’accompagnerai...
VANNA
C’est la meilleure preuve que ton amour me donne... Viens...
PRINZIVALLB.
Ta blessure?...
VANNA
La tienne est bien plus grave...
PRINZIVALLE.
Ne t’en occupe point... Ce n’est pas la première... Mais la tienne... On dirait que le sang... (// avance la main pour écarter le manteau.)
VANNA arrêtant son geste et serrant plus étroitement le manteau sur sa gorge.
Non... non, Gianello... Nous ne sommes plus ennemis... — J’ai froid...
Ah ! j’allais oublier que tu es presque nue pour affronter la nuit, et c’est moi le barbare qui Pai voulu ainsi... — Mais voici les grands coffres où j’entassais pour toi le butin de la guerre... Voici des robes d’or, des manteaux de brocart...
VANNA prenant au hasard des voiles dont elle s'enveloppe.
Non ; ces voiles suffisent... J"ai hâte de te sauver... Viens, ouvre-moi la tente...
{Prinzivalle suivi de Vanna^ se dirige vers Ventrée et Vouvre toute grande. Une confuse rumeur^ * que domine un bruit de cloches exaltées et lointaines^ envahit brusquement le silence de la nuit ; tandis que par la baie mouvante de la tente^ on voit à Vhorizon Pise tout illuminée^ semée de feux dèjoie^ et projetant dans Vazur encore sombre un énorme nimbe de clarté.)