ACTE II, SGEiNE IV
PRINZIVALLE.
Vanna, Vannai.... Regarde 1...
VANNA
Qu’est-ce, Gianello?... — Oh! je comprends aussi!... Ce sont les feux de joie qu’ils viennent d’allumer pour célébrer ton œuvre... Les murs en sont couverts, les ramparts sont en flamme, le campanile brûle comme une torche heureuse!... Toutes les tours resplendissent et répondent aux étoiles!.. Les rues forment des routes de lumière dans le ciel!... Je reconnais leurs traces; je les suis dans l’azur comme je les suivais ce matin sur les dalles!... Voici la Piazza et son dôme de feu ; et le Campo-Santo qui fait une île d’ombre... On dirait que la vie qui se sentait perdue, revient en toute hâte, éclate le lon^ des flèches, rejaillit sur les pierres, déborde des murailles, inonde la campagne, vient à notre rencontre et nous rappelle aussi... — Écoute, écoute donc... N’entends-tu pas les cris et le délire immense qui monte comme si la mer avait envahi Pise; et les cloches qui chantent comme au jour de mes noces?... Ah! je suis trop heureuse, et deux fois trop heureuse, en face de ce bonheur que je dois à celui qui m’a le mieux aimée !... Viens, mon Gianello, [Lui donnant un baiser sur le front,) — Voici le seul baiser que je puisse te donner...
PRINZIVALLE.
Oh! ma Giovanna!... 11 passe les plus beaux que l’amour espérait l... — Mais qu’as-tu?... Tu chancelles
MONiNA VANNA
et tes genoux fléchissent... Viens, appuie-toi sur moi; mets ton bras sur mon cou...
VANNA
Ce n’est rien... Je te suis... C’est réblouissement... J’avais trop demandé, aux forces de la femme... Soutiens-moi, porte-moi, pour que rien ne retarde mes premiers pas heureux... — Ah ! que la nuit est belle dans l’aurore qui se lève!... Hâtons-nous, il est temps... 11 nous faut arriver avant que la joie soit eteinte...
{Ils sortent enlacés.)