‹ Monnaies CarlovingiennesChapitre 33 sur 38 · OU PET 00 ADS 42 460 EN MUR AGE POS 470 PANNES MNREO · texte numérisé non relu

OU PET 00 ADS 42 460 EN MUR AGE POS 470 PANNES MNREO

Parmi les Derniers qui atteignent le poids le plus élevé, je signalerai particulièrement celui que je viens de décrire avec la légende tri-linéaire VENECIAS-MONETA, J'ajoute que les pièces qui descendent de 1,20 à 1,30 sont, relativement, en très-petit nombre.

Quand on voit à quel chiffre considérable! s'élève le

1 Si d'un côté on prend pour point de départ conventionnel le chiffre de 750 comme représentant approximativement le total k

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nombre des Deniers fournis par le Dépôt du Veuillin pour les seules villes du royaume d'Italie, et quand, d’un autre côté, on se rappelle que c'est précisément le nom de ces mêmes officines qui dominait dans la trouvaille de Belvezet, on se demande si une pareille coïncidence, qui se reproduit tout à coup dans des conditions presque identiques après un intervalle de plus de trente ans, n’est pas de nature à faire beaucoup réfléchir et si, conséquemment, ce ne serait pas le moment de reprendre et d'essayer d'éclaircir la question plusieurs fois déjà controversée, mais néanmoins demeurée encore indécise de l’origine nationale ou étrangère de ces monnaies.

Sont-elles françaises ou sont-elles italiennes? En d’autres termes, ces Deniers ont-ils été réellement frappés dans les villes dont ils portent les noms, ainsi que l'ont pensé Le Blanc, Lelewel, MM. de Longpérier, de Saulcy, Combrousse et autres, ou bien vaut-il mieux croire avec les antiquaires italiens, notamment avec G. de San Quintino', que ces Deniers n’appartiennent pas à l'Italie et qu'ils ont tous été frappés dans les ateliers monétaires de France ?

Cette question, sur laquelle le savant numismatiste E, Car-

général de la trouvaille, et si d’un autre côté on additionne le nombre des Deniers fournis par les quatre villes d'Italie, laquelle opération donne pour produit 276 pièces, il en résulte que ces quatre villes auraient composé à elles seules plus du tiers de la trouvaille, ce qui, on en conviendra, est énorme. |

1— Voy. à ce sujet dans la Revue numismatique de l'année 1849 (p. 192 et seq.) l'excellente dissertation de G. de San Quin-

tino, reproduite ou plutôt traduite en partie et annotée par E. Cartier.

RARE tier — tout en inclinant vers l'opinion de G. de San Quintino —na pas voulu se prononcer, me semble à la fois trop déticate et trop grave pour que j'ose me permettre de | la discuter incidemment et sans, au préalable, m'y être fortement préparé, surtout après les maîtres habiles que je viens de citer. Cette discussion, d’ailleurs, aurait l’inconvénient de s'éloigner du seul but que je me suis proposé, celui de dresser un simple catalogue, et en allongeant peut-être inutilement mon programme, elle dépasserait par conséquent les strictes limites où je dois me tenir, me les étant dès le début volontairement tracées.

Je me borne pour aujourd’hui — me réservant toutefois d'y revenir plus tard — à soulever de nouveau la question, en invitant les numismatistes compétents à l’étudier avec soin et à nous dire quelle est, en définitive, la solution que l’on doit préférer.

Je sais bien que M. de Saulcy s’en est autrefois occupé et qu’il a même conclu en faveur de FlTtalie; mais depuis plus de trente ans que cette idée a été émise, peut-être ce savant a-t-il été amené, par de nouvelles études, sinon à changer entièrement, du moins à modifier quelque peu sa première manière de voir. Je ne serais pas fâché, je l'avoue, de savoir à quoi m’en tenir sur ce point, car l'opinion d’un homme de cette portée est assurément d'un très-grand poids.

Quoi qu’il en soit, je confesse que pour ma part je penche — au moins jusqu'à nouvel ordre — vers l'opinion de G. de San Quintino et de E. Cartier, attendu :

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Premièrement, que la conservation exceptionnelle de tous ces Deniers prouve invinciblement qu'ils ont à peine circulé et que, par cette raison, il n’est guère probable qu ils soient venus de l’autre côté des Alpes s’enterrer en aussi grande quantité, juste au centre de la France, sans que ce voyage et les suites inévitables qui en résultent ne leur aient pas fait perdre une partie de leur beauté ou n'en aient point quelque peu altéré les types;

Secondement, que selon le premier des deux antiquaires ci-dessus nommés, on ne trouve presque jamais ces Deniers en Italie ou que lors, par aventure, qu'on en découvre, c’est toujours en très-petite quantité, ou isolés et pour ainsi dire un à un : seconde preuve que bien loin d’y être indigènes, ils y auraient plutôt été importés. D'où il suit que si on doit accorder quelque valeur à l'argument invoqué par Neumann (Popul. et Requm Numi veteres), et en général par tous les numismatistes qui se trouvent dans les mêmes conditions, argument tiré de la provenance et dont la formule se résume en Ubi plura ibi domestica, ce serait ici le cas ou jamais d'en tenir compte et d'en faire l’application à notre thèse; et ce, nonobstant les différences apparentes dans la fabrique, le style ou dans la forme des lettres, que l’on remarque entre certains de ces Deniers et ceux qui portent les noms des autres villes étrangères à l'Italie.

Cependant, tout en me sentant une tendance marquée à adopter la manière de voir des antiquaires italiens, je ne saurais les suivre dans les conséquences par trop forcées

qu'ils en tirent quand, par exemple, pour expliquer la

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légende VENECIAS, ils prétendent attribuer ces Deniers à la ville de Vannes, capitale du pays des Vénètes, en Bretagne. E. Cartier, en réfutant cette attribution, a déjà fait très-judicieusement remarquer (loc. cit.) que si César, dans ses Commentaires, appelle Venetia le pays des Vénôtes de l’Armorique, il n’écrit jamais ce nom Venecia ou Venecias; ce qui, à mon sens, semble indubitablement exclure toute idée que la Venecias de nos Deniers ait jamais pu être aux yeux des géographes le synonyme ou l'équivalent du Venetus ou de la Civitas Venetum des anciens.

Je pense donc, en attendant ce qui en sera ultérieurement décidé, que ces Deniers ont tous été frappés par les Princes Carlovingiens dans quelque officine spéciale comme serait, par exemple, une de leurs Résidences Palatines, en vue d'affirmer officiellement, au moyen de cet acte Régalien, leur Suzeraineté — évidemment plus nominale qu’effective — sur les villes du nord de l'Italie; Suzeraineté qu'en raison de l’éloignement et du caractère d'indépendance notoirement connu des habitants, ils n'auraient pu exercer ni autrement, ni d'une manière plus efficace.

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