‹ Monnaies CarlovingiennesChapitre 34 sur 38 · MOT PRE · texte numérisé non relu

MOT PRE

N, 2. — Autre, avec + HLVDOVVICVen. (sic) IMP. (Poids 1,60.— 1 exemplaire.)

N° 5. — Autre, avec BARCNIONA pour BARCINONA. En trois lignes.

(Poids 4,63. —- 1 exemplaire.)

Voy. PI. IV, n°12.

Ges sortes de changement ou de transposition de lettres ne sont pas rares; elles sont dues généralement soit à l'ignorance, soit à la maladresse de l’ouvrier monétaire. M. Adrien de Longpérier a déjà publié un autre Denier de la même ville, avec BVRGINONA. (Voy. loc. cit., p. 135, n° 299.)

Les Deniers de Louis le Débonnaire, frappés à Barcelone, ne sont guère moins rares que ceux d’Ampurias. Gelui du cabinet Dassy, cité plus haut, a été vendu 395 francs.

Si, maintenant, nous faisons la récapitulation générale de tout ce qui précède, nous obtiendrons comme résultat acquis, trente-six noms de villes ou d'ateliers monétaires entre lesquels se distribuent — bien que dans une mesure assez inégale — les 750 et quelques Deniers qui m'ont été confiés, Deniers presque tous connus depuis longtemps, à la vérité, mais dont la réunion dans un seul et

même Dépôt n’en est pas moins aussi curieuse qu'’instructive et surtout très-utile à constater.

En touchant ces monnaies enterrées depuis mille ans par les mains de personnes, qui peut-être furent illustres, et qu'à partir de ce moment aucun autre œil humain n’avait revues, on se sent malgré soi ramené par la pensée vers ces temps, hélas! déjà si loin de nous, et l’on ne peut se défendre d'une vague et indéfinissable émotion devant ces vieux débris, souvenir et témoins authentiques, pour ainsi dire encore parlants, de cette époque disparue.

Je ne puis, avant de terminer, résister au désir que j éprouve d'établir un rapprochement qui, sans doute, est déjà venu à la pensée de bien du monde : c’est de comparer entre eux les résultats produits par la trouvaille de Belvezet (en 1837) et par celle du Veuillin (1871); ces deux Dépôts nous ayant fait connaître exactement le même genre de monnaies.

Le premier a donné pour total 286 pièces, dont 252 seulement ont pu être étudiées, et comprenant dans leur ensemble — défalcation faite de deux Deniers attribués à Charlemagne par M. de Saulcy — trente noms de ville ou d'ateliers, parmi lesquels on compte ceux de Lucques, de Coire et de Vienne, qui ne figurent pas dans le Dépôt du Veuillin.

Enrevanche, ce dernier aproduit plus desept cent cinquante pièces comprenant {rente-six noms d'ateliers, au nombre

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desquels nous trouvons ceux de Bordeaux, de Chalon-sur- Saône, d'Orléans, de Metz, de Cologne, d'Aldunheim, lesquels étaient, à leur tour, complétement absents de l’enfouissement de Belvezet, et cela sans compter un Denier de Charles le Chauve et une foule de variétés extrêmement intéressantes qu’on peut, je crois, considérer comme inédites ‘.

Je n'avais donc pas tout à fait tort lorsqu'au début de ce travail j'annonçais que la trouvaille de 1871 l’'emportait,

sous bien des rapports, sur celle, pourtant si précieuse, de 1837.

Afin de compléter cette note autant que pour aider à sa vérification, je crois devoir donner ci-contre un relevé analytique de tous ces noms d'ateliers mis en regard du

1— Un fait non moins digne de remarque et qu’en raison de sa singularité il n’est pas inutile de consigner en passant, c’est que les Dépôts de Belvezet et de Veuillin n'ont donné chacun qu'un seul spécimen du Denier de Louis le Débonnaire, avec la tête laurée et que — coïncidence assez curieuse — ces deux Deniers ont été l’un et l’autre frappés à Arles.

En outre, ces deux Dépôts n’ont également fourni chacun qu'un seul exemplaire du Denier avec la légende METVLLO, et le nom de Charles, monnaie que M. de Saulcy attribue, ou plutôt restitue, comme il le dit, à Charlemagne, mais que, nonobstant l’autorité de ce savant, je persiste à maintenir au règne de Charles le Chauve.

On tirera de ces faits les conséquences que l’on voudra, mais de quelque manière qu'on les explique, on ne pourra pas, je pense, se refuser à reconnaitre que la composition absolument identique de ces deux enfouissements a quelque chose en soi de bien extraordinaire.

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