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Je renvoie le lecteur à cette excellente dissertation que, d’une part, je ne saurais analyser ici sans lui faire perdre, évidemment, une partie de son mérite et que, d'un autre côté, je ne puis songer à reproduire 2n extenso, sous peine de dépasser les limites que je me suis imposées.
Cependant, tout ingénieuse et plausible que paraisse, de prime abord, l'explication de M. Adr. de Longpérier — laquelle, je dois le reconnaître, a été généralement acceptée — on ne peut guère, quand on y réfléchit, se dissimuler que cette attribution ne laisse encore subsister beaucoup d'incertitude.
Je ferai observer que si, sur les deux ou trois monnaies de cette localité publiées jusqu'à ce jour, le nom se présente ordinairement sous la forme AQVISVASON, il n’en est pas de même sur celles que je viens de décrire. La leçon est bien différente. Quatre exemplaires sur cinq donnent très-clairement AQVISVASCON, mot que l’on retrouve encore sous cette même forme sur une obole inédite appartenant à MM. Rollin et Feuardent, et dont la légende m’a été — il ny à que quelques jours — communiquée par M. Adr. de Longpérier.
Comme la répétition graphique de ce mot, tant sur l'obole inédite que sur nos quatre deniers — lesquels, par parenthèse, ne sont pas du tout du même coin — semble accuser chez le graveur le parti-pris et l'intention formelle de l'écrire de cette façon et que, dès lors, il n’y a plus moyen d'y voir une faute due à son inadvertance ou à sa maladresse, on en arrive à se demander s’il n'y aurait pas
MAG lieu, peut-être, d'interpréter cette légende d'une manière différente.
C'est ce qui m'autorise, en quelque sorte, à proposer — mais non, toutefois, sans une certaine hésitation — d'attribuer ces monnaies à la ville de Dax ou plutôt d’Acgs ; laquelle ville — outre qu’elle a certainement pour radical le mot latin Aquis — est connue, d'autre part, pour avoir possédé des sources d’eaux minérales.
J'ajoute :
Si l'on doit voir une faute graphique dans l’une ou dans l’autre de ces deux légendes, cette faute, quelle qu’en soit d’ailleurs la cause, doit, ce me semble, porter plutôt sur le mot VASON que sur le mot VASCON.
Attendu : | |
Que VASON ne peut s'expliquer qu'à l'aide du Oaov de Ptolémée, auquel il ne répond, j'ose le dire, qu'assez difficilement par son étymologie, tandis que VASCON nous offre l’ayantage de rappeler, dans sa forme, le nom trèsconnu des Vascones, peuples de l’Ibérie dont un rameau, | refoulé par les Goths, franchit les Pyrénées et vint s'établir vers le commencement du vr° siècle * dans la contrée appelée, depuis, Gascogne, et dans une partie du pays Basque, ou plutôt Vasque, ainsi que le prononcent encore habituellement les habitants de cette province,
Comme on connaît, tant en France qu'en Espagne, un
1— C'est en 628, sous le règne de Caribert 15, Roi Mérovingien d'Aquitaine, qu'eut lieu cet établissement.
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assez grand nombre de localités dont le nom a pour radical Aquis ou Aquæ, telles que—pour ne citer que celleslà — Aquæ-Sextiæ (Aix en Provence), Aquæ Tarbellicæ (Dax), Aquæ Convenarum (Bagnères-de-Bigorre), Aquæ Allobrogum (Aix-les-Bains), etc., ne peut-il pas se faire que pour se distinguer des autres localités à radical semblable, les habitants de Dax — qui, du reste, étaient compris dans la Gascogne — aient eu l’idée d’ajouter à leur nom l'épithète caractéristique de Vascones en souvenir de leur première origine, souvenir qui, au commencement du 1x° siècle, ne devait pas être encore complétement éteint chez eux ? Le tout, maintenant, serait de savoir s’il vaut mieux voir dans les Aqui-Vascones les gens de Dax que ceux de Bagnères-de-Bigorre. La fabrique de ces Deniers rappelle étonnamment le faire qui distingue ceux de l’Aquitaine. Le Q à deux appendices du mot AQVIS y est figuré absolument de la même manière que dans le mot AQVI- TANIA. — Or, c'est là, à mon avis, une particularité qui n'est pas sans valeur, et dont il faut tenir compte *.
1—Un superbe Denier dePépinl‘’d'Aquitaine,queje viens devoir chez MM. Rollin et Feuardent, lequel Denier porte sur son Revers la légende AQVIS. VRBI, me parait de nature à modifier singulièrement ou pour mieux dire à infirmer complétement mon attribution à Dax des monnaies munies de l'inscription AQVIS-VAS- CON. Comme cette légende AQVIS. VRBI ne saurait évidemment rappeler que le nom d’une localité positivement comprise dans le domaine de Pépin, et que la ville de Dax est la seule quiremplisse convenablementles conditions désirées ; comme d’un autrecôtéles habitants de cette ville ne pouvaient pas — la chose parle d’ellemême—signer tout à la fois AQVIS-VRBI. et AQVIS-VASCON., il s'ensuit que mon attribution de ces dernières monnaies à Dax ne
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L'engagement que j'ai pris en commencant ce travail ne me permet pas de pousser plus loin la discussion philologique et ethnologique que réclame, manifestement, le changement d'attribution que je propose. Il suffit, pour le moment, de l'avoir indiquée. Je la soumets, avec toute déférence, à M. de Longpérier auquel, particulièrement, je fais appel en le priant d'étudier de rechef une question qui, ce me semble, n’est pas indigne de son attention. Mieux que personne il est en état, avec sa grande expérience et l’autorité légitime dont il jouit, de nous fixer définitivement à cet égard.