‹ Monnaies des nomes de l'EgypteChapitre 13 sur 27 · MEMPHITES · texte numérisé non relu

MEMPHITES

Nome ancien : ÎJ3 aneli-hat’ « la muraille blanche 1 » ,

chef-lieu,

^ '^^Qmennefer, en copte JU f.îtqs et

, aujourd’hui : menf. De cette ville, capitale la plus ancienne de l’Égypte, et de ses temples célèbres, il ne reste aujourd’hui presque plus rien : mais sa vaste nécropole, qui s’étend des pyramides de Gizeh aux tombeaux de Saqqarali, suffit pour attester sa grandeur passée. Le culte

principal de Memphis était celui de® jj Plah et de son

fils lmholep : à ces deux divinités venait se joindre la déesse à tète de lionne Sekhet, appelée dans les inscriptions « la grande amante de Ptali i>. Près de Memphis se trouvait le Scrapeum, c’est-à-dire l’endroit où les Apis

* Nous avons adopté dans ce travail la division des nomes en Haute et Basse* Égypte, parce que c'est la division des listes anciennes, où il n’est pas question de rn«ptanomide : dans tontes les listes égyptiennes le nome de Memphis est le premier de la Basse-Egypte.

* Ce nom se rapporte à la citadelle de JÊemphit, qui semble Gtrv la partie la plus ancienne de la ville.

furent ensevelis pendant une longue suite de siècles. Dans la religion égyptienne, Apis représentait le dieu l’tah luimême manifesté au monde, ou dans d’autres termes, c’était « la seconde vie de Ptah. » l’lah jouait ici le rôle d’.lmon à Thèbes, c’est-à-dire celui de dieu suprême, mais sa fonction plus spéciale était celle de créateur des dieux et des hommes. La triade d’Osi/is avait aussi à Memphis un culte particulier depuis les temps les plus reculés; un syncrétisme s’opéra plus tard entre ces deux mythes : et la divinité qui en résulta, Osar- Apis ou Apis-Osiris, produisit vers la fin des Ptolémées le culte de Serapis, devenu si célèbre dans l’antiquité.

1 . « Femme debout, à demi nue, coiffée de la dépouille « du vautour; tenant dans la uiain gauche la hasle , et a sur la droite un serpent; à ses pieds un taureau, avec a le disque solaire entre ses cornes, passant à gauche, et a dont on ne voit que la moitié du corps. » Trajan, Æ. 4. (Tôchon, p. 135.)

2. a Femme debout, à demi nue : sur la tète la dépouille ■« du vautour, surmontée de deux plumes et du disque so- « laire 1 ; tenant la hasle dans la main droite, et sur la a gauche un serpent dressé : à ses pieds un taureau pasa sant à droite. NOMOG M€N4>1THC LIS. « Trajan. Æ. 1. (G.M.)

3. « Femme debout à droite, complètement vêtue, tenant « la hasle dans la main droite, et sur la gauche un sera pent la tête dressée : à ses pieds un taureau passant à b droite et vu en entier, le disque solaire entre les cornes...

Comparez avec In pièce n # 6.

« N<t>£ITHC L... » Antonin Æ. 1. (Collection Démétrio). Voir PL II, n* 5*.

A. « Jeune homme (?) debout, tenant la hasle dans la k main droite et le serpent sur la gauche : à ses pieds, un « taureau, le disque entre les cornes. » Domitieu. Æ. 1. (Friedlander.) *

La déesse représentée sur ces monnaies doit être Isis, qui se trouve à côté de Sérapis , dans la dernière phase du culte meinphitique : ce qui ôte toute incertitude à cet égard, c’est la coiffure composée de la dépouille du vautour, exclusivement réservée à la déesse mère : c’est également à Isis que se rapporte le serpent, emblème général des déesses. Quant au taureau passant, comme tous les interprètes l’ont facilement reconnu, c’est Apis qui vient sur la monnaie rappeler l’ancien culte de Ptah à Memphis.

5. «Femme debout, coiffée de la dépouille du vautour, « tenant un serpent de la main droite, et sur la gauche « une petite ligure. M£M<t>I. » Hadrien. Æ. 3. (C. M.) 2 variétés.

Nous avons encore ici la déesse Isis : la petite figure quelle tient dans la main gauche est peut-être la statuette de Ptah, ainsi que cela a déjà été dit.

6. « Tète de femme coiflùe de la dépouille du vautour, « surmontée de deux plumes et du disque solaire: lesche- « veux nattés àl’égvptienne. M€N<ld. » Hadrien. Æ. 3. (C.M.)

C’est encore la tête d 'Isis, la coiffure de la déesse-mère l’indique * : une pièce de la collection Démétrio montre que

1 Cette pièce doit être la même que TOchon décrit p. 139 d’après Zoëga : on voit qu’ici le personnage est complètement vêtu.

* Dtrliner Blûlttr fur ilunzkunde , vol. IV, p. 29, 1868.

* TOchon avait bien reconuu la tête à’ hit ; mais il se trompait en disant qu’elle était coiffée de la dépouille de l’ibis.

l’ornement placé au-dessus de la dépouille du vautour, et qui a été pris tantôt pour une tour ', tantôt pour le modius, n’est autre chose que les deux plumes et le disque

solaire

coiffure ordinaire du dieu Ptah.

7. «Taureau passant à droite. M€M$I LIA. » Hadrien. Æ. 4. (C. M.)

8. « Taureau passant à droite, le disque solaire entre les « cornes, portant un collier au cou : devant lui un autel. M6N4>I LIA. » Hadrien. Æ A. (Coll. Démétrio.) V. PI. II,

Cette dernière pièce présente deux accessoires intéressants. Api s porte au cou un collier terminé par un ornement, comme cela se voit souvent dans les représentations égyptiennes. Le petit autel qui se trouve devant Apis re-

produit une forme purement égyptienne :

HÉHOPOLITES.

Nomeancieri :

chef-lieu

An, le 1» de la Bible;

en copte ut h . Cette ville portait aussi le nom vulgaire de

Va-ra, « la ville du Soleil » , dont Heliopolis n'est

que l’exacte traduction. Près du site d ’ Heliopolis se trouve une source célèbre, à laquelle les Arabes ont donné le nom de Ain-Schams, « source du soleil » ; il y a là, sans aucun doute, un souvenir du nom et du culte de la ville antique.

1 Cf. Tôchon, p. 137, n" 5.

— Le dieu d 'lleliopotis était le soleil sous ses deux formes

principales : J T’uni, c'est-à-dire « le soleil caché »,

le soleil dans la nuit primordiale avant sa manifestation an

monde, et t ^ Ra, le soleil après sa naissance. A côté

de Ra , on vénérait la déesse lusas, sa fille. Dans le temple d 'lleliopotis on rendait les honneurs à un taureau sacré appelé Mnèvis par les «auteurs grecs : c’était l’image vivante de Ra, « le soleil » , comme Apis était l'incarnation de Ptah à Memphis; le taureau Mnèvis était noir.

1. « Personnage debout, complètement vêtu, la tête raie diée.et portant sur la main droite un taureau dont la tête « est surmontée du disque solaire et de deux longues plu- « mes. » Hadrien. Æ. 3 (C. M.)

C’est la seule monnaie que l’on ait citée pour ce nome. La tète du personnage est radiée, parce qu’il représente Ra, le soleil ; il porte le taureau Mnèvis sur sa main droite ; ce dernier a la tête ornée du disque solaire, surmonté des deux plumes ce qui est la coiffure spéciale

des divinités solaires : c’est la même que nous avons rencontrée sur la tète d’d mon à Thèbes.

PHAR1ÎŒHTES.

Nome ancien : , chef-lieu ; jj J |1 ^ . Ilebcs

ou Heseb ’. Tout ce que nous savons du culte de' ce nome,

* O» m* connuit pas l'origine du copte même nom «pi»

c’esi qu ' H orus y avait un sanctuaire, et qu’il semble y avoir remporté une victoire dans sa campagne contre Set : la déesse Isis y était aussi spécialement honorée.

1. « Personnage debout, la tête surmontée du disque « solaire entre les cornes, tenant la lance de la main droite « et sur la gauche un taureau'. # Hadrien. Æ. 3. (C. M.)

Page 1