Grappe de raisin. » C€B6K LIA. Hadrien. Æ. A. (C. M
Les pièces à la légende ŒB6K, qui ont été jusqu’à présent attribuées au Sebennytes, doivent être classées comme monnaies du Sebennytes inferior. Ainsi que le prouvent les listes de noms gréco-coptes, le K final doit être interprété par Kitu tctuüv, ce qui nous ramène exactement à la division de Ptolémée. 11 est difficile de décider si la grappe de raisin indique qu’on a voulu faire du dieu local un liacchus guerrier, ou si, comme cela a déjà été dit, elle doit seulement rappeler le célèbre vin sebennyiique’. Il faut toutefois remarquer que jusqu’ici nous n’avons trouvé sur les monnaies des nomes que des emblèmes divins et rien qui pût se rapporter aux productions locales.
DIOSPOLITES.
Strabon (1. XVII) cite un nome Diospolite, voisin du Sebennytique dans la Basse-Égypte; et Hérodote de son côté place dans l’est du Delta un nome de Thèbes qui doit être le même ’. Je ne vois pas dans les listes anciennes de nome qui corresponde exactement à celui-ci ; mais dans la liste du
1 Les deux exemplaires du cabinet de-* médailles portent clairement la lé-
gcnde CGB6K.
* Cf. Tôchon, p. 196. — Pline, Hist. nat., liv. XIV, chap. 7.
8 M. Schledch&us s’appnynnt sur ces textes a déjà attribué au nome Diospolites de la Basse- Egypte la première des monnaies dont nous allons parler. iGrote, BeitrU'je fur J/Unzkvnde, t. Il, p. 474).
manuscrit d’Oxford' on trouve auprès de Sebennytus le nom grec AlOC IÏOA1C K.ATSÎ correspondant au copte riOYNGMOY. Nous retrouvons donc ici d’une façon certaine la Diospoüs de la Basse-Égypte, et le manuscrit d’Oxford semble l’identifier avec la ville de Pynamys, citée par Etienne de Byzance, et dont on ne connaissait pas la situation AlOCflOAlG ANSi était située dans la Haute- Égypte : c’est la Diospoüs Parva des Romains, aujourd'hui Meilwel-Hou, comme le prouve la liste copte-arabe de la bibliothèque Nationale, publiée par Champollion ’.
Le culte de Diospolis de la Basse-Égypte était certainement celui d’Amon : la traduction grecque de son nom et l’emblème des monnaies que nous lui attribuons ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
1. « Personnage debout, regardant à droite, la main ce droite appuyée sur la liaste et tenant un bélier sur la main « gauche. AlOn K LIA. » Hadrien. Æ. 3. (G.M.). Cf. Schledehaus.
C’est la monnaie que Tôchon donne à la page 72 de son ouvrage. L’exemplaire du Cabinet des médailles est trèsusé, mais on y aperçoit encore les traces du K.
2. « Bélier passant à gauche, la tète surmontée du » disque solaire. A10I1 K LIA. » Æ. A. (C M.). V. PL 1, n* 5.
La monnaie du plus petit module tranche la question : tant sur l’exemplaire du Cabinet des médailles que sur celui de la collection Démétrio, dont nous donnons le dessin, la lettre K est indiscutable. Le dessin donné par
1 Voy ci-dessus, p. 41.
* Cf. Tôchon, p. 29.
* Clcimpollion. V Égypte sous les Pharaons , t II, p. 364.
Tôchon (p. 73) et ses successeurs est fautif sur ce point. Nous avons donc dans ces deux monnaies d’Hadrien le type du nome Diospolites Kdmu timiv, c’est-à-dire du Diospolites inférieur, celui de la Basse-Egypte.
ONOUPHITES.
Nome ancien' : Un des noms du chef-lieu est :
®3| ^ (Senti?) ne fer ; il est peut-être l'origine du grec:
Onouphis. Sebek-ra, c’est-à-dire Borus dans sa forme de crocodile était ici le dieu principal ; on rencontre aussi une Isis locale.
1. « Personnage féminin (?) debout, portant sur la main « droite un crocodile. » Hadrien. Æ. 3. (G. M.)
2. h Crocodile passant à gauche, le disque solaire sur « la tête. » Hadrien. Æ. A 1 * 3 . V. I’I. 11, n“ 10.
La monnaie du plus petit module, qui offre le type du crocodile, montre que Tôchon avait eu raison de reconnaître cet animal dans la main du personnage. Le crocodile représente ici Sebek-ra , c’est-à-dire une forme d 'Bonis; la figure serait celle d’ Isis, si c’est réellement celle d’une femme *.
1 Cette assimilation n'est pas certaine : la présence du crocodile sur les monnaies du nome Onouphites et l’ordre géographique des listes anciennes militent seuls en sa faveur.
f Cf. le nome Ombitei. *
3 L'exemplaire dont nous donnons ici la gravure appartient àM. Déméirio. Le disque solaire n'a pas été iudiqué dans la description qui a été faite d'une monnaie analogue. Cf. Partlioy, Beitràge sur alteren Münzkunde, p. 151. 1851. k L'exemplaire du cabinet des médailles est mal conservé.
PHTHENEOTES.
Nome ancien 1 * * * :
am pehu, chef-lieu :
Tl MT
Semet, appelé d’un autre nom : *“ J J q Pa-uati, « la
demeure de la déesse Vati. » L’ égyptien Pa-uati est l’origine de Buto, nom de la capitale du Phtheneotes, d’après Ptolémie. Le nome Phtheneotes , que Pline appelle Phtenelu , et le mENE'iat ( l es Coptes sont la transcription d’un autre nom de la même localité, qui se rencontre aussi dans les
inscriptions: ^ f O ^ >el ° 6,1 M0 * ,, K
« pays de la déesse Vati. »
Vati, « la déesse du Nord », était, en effet, la divinité principale du nome A'Am-pehu, qui était situé à l’extrémité septentrionale de l’Egypte : U ali, d’après les textes mythologiques, n’était qu’une forme d ’lsit. Il faut rappeler ici la légende d'isis cachant son fils Ilorus près de Bouto pour le soustraire aux recherches de Typhon \
1. « Enfant debout, complètement nu, tenant sur la « main droite un épervier, et sur la main gauche un bé- « lier 5 qui a la tête surmontée du disque solaire. » Hadrien. Æ. 3. (C. M.)
1 L’identification du nome do am-pehu avec lo Phiheneotet est due à
M. Brugâch. Cf. son article sur un décret de Ptolémée, fila de Lagus :
Zeitschrift fur Ægyptische Sprache, etc., p. 13, 1871.
* Hérodote, liv. II, § 156.
9 Sur une pièce appartenant à M. Démétrio, le bélier est plus apparent que sur l'exemplaire du cabinet des médailles.
2. « Deux éperviers coiffés du skhcnt. » Hadrien. Æ. 4. (C. M.)
3. « Harpocrate (Horus enfant) sortant de la fleur de « lotus, portant la massue sur l'épaule gauche. » Hadrien. Æ. 4. Cf. Tôchon, p. 202. (Collection Démétrio).
Les monnaies de ce nome rappellent évidemment Horus qui, d’après les auteurs anciens 1 , avait un temple à Buto. C’est lui que désigne l’enfant nu qui tient un épervier sur la main droite. D’après les récits mythologiques, Horus, fils d’Isis, remporta une victoire sur Typhon à Buto; ce fait nous est révélé par les textes qui racontent les premières années de sa vie *.
La massue portée par l’Ilarpocrate de la monnaie n° 3 en est probablement un souvenir.
Sur une des monnaies du plus petit module on voit deux éperviers : l’un représente Horus; l’autre est probablement ici le symbole d'Isis, à qui l’épervier semble aussi consacré dans les textes de la basse époque.
SAITES.
Nome ancien
chef-lieu
Sa, en
copte : CM , Sais, aujourd’hui : Ssa. La déesse Seilh, spécialement vénérée Sais, a été identifiée par les Grecs à Minerve, comme le prouvent les récits des auteurs anciens, qui ont souvent parlé de Sais. Neith était, en effet, comme Pallas, une déesse guerrière; son culte paraît avoir été en honneur non-seulement chez les Égyptiens, mais encore
1 Hérodote, liv, II, § 155.
* Texte» relatif» au mythe d77onw,efe.,par Kdounrd Naville, pl. XXIII, 1.55.
parmi les peuplades du nord de l’Afrique, tels que les Libyens : les inscriptions égyptiennes font ressortir ce fait, qui semble confirmé par le passage où Pausanias 1 dit que Minerve est originaire de Lybie. Neilh est encore la déesse-mère; aussi a-t-elle été souvent confondue avec Isis; c’est dans ce rôle quelle est nommée : « la grande « vache qui a enfanté lia, le soleil. »
1. « Minerve debout, tenant la chouette sur la main u droite, et la main gauche appuyée sur la lance ; A ses « pieds, un bouclier. » Hadrien. Æ. 1. (C. M.)
2. u Minerve debout, tenant la chouette sur la main u droite, et la main gauche appuyée sur le bouclier. » An- « tonin. Æ. 1. (C. M.)
3. « Minerve debout, tenant la chouette sur la main u droite et la haste dans la main gauche. » Hadrien. Æ. 3. (Tôchon, p. 208.)
à. i Vache passant à droite’. » Hadrien. Æ. i. V. PL II, n° 17. (Collection Démétrio.)
Les trois premiers types présentent la figure de Minerve que les Grecs avaient assimilée à la déesse IS'tiili; la chouette n’est ici que l’attribut de Minerve, car elle n’a aucun rapport avec la déesse égyptienne. L’attribut vraiment égyptien, c’est la vache de la monnaie du petit module, qui rappelle le rôle maternel de la déesse Meilli, u la o grande vache qui a enfanté lia ».
NAUCRAT1TES.
Strabon et Ptolémée désignent Naucratis comme une
1 Pausanios, liv. IX.
* Il y a au cabinet des médailles un exemplaire très-usé du même type : on avait cru jusqu’ici y voir un lion.
ville du nome Sa'ites, Pline est le seul auteur qui cite le nome Naucraliles' . Cette ville ne devint sans doute cheflieu de nome que dans les derniers temps. On n’a pas encore retrouvé sou nom égyptien.
1. « Personnage à tête de serpent surmontée du skhent, « tourné à gauche, tenant sur la main droite un épervier « coilTé du skhent, et un sceptre dans la main gauche. » Trajan. Æ. 1. (Schledehaus. Grote, Beitrâgelür Münzkunde, t. H, p. 478.) Cf. Tôchon, p. 211.
2. « Personnage féminin debout, la main droite appuyée « sur la haste, et portant sur la main gauche un serpent. » Trajan. Æ. 1. (Tôchon, p. 212.)
3. « Personnage féminin, la tête surmontée du skhent, «mêmes attributs. » Antonin. Æ. 1. (Tôchon, p. 215.)
4. « Même revers, le serpent est lui-même couronné du « skhent. » Marc Aurèle-César. Æ. 1. (C. M.)
5. « Personnage féminin, tenant le serpent sur la main « droite et relevant son vêtement de la main gauche. » Hadrien. Æ. 3. (C. M.)
6. « Serpent barbu, la tête dressée et couronnée du uskhenl. NAÏKPA LIA. » Hadrien. Æ. 4. V. PI. Il, n* 18.
L’absence de documents égyptiens nous réduit aux conjectures sur la religion du nome Naucralites. D’un côté, le diadème skhent et l’épervier indiquent un culte d'IIorus; de l’autre, le serpent, qui rappelle ordinairement le culte d’une déesse, a ici une forme spéciale : il est barbu comme on le rencontre souvent sur les monuments égyptiens des basses époques ’.
* Cf. Tôchon, p. 217.
7 La pièce do petit module, dont noua donnons la reproduction, appartient
CABASITES.
Le nom égyptien de la ville de Cabasa n’est pas encore connu.
1. a Personnage demi-nu, tenant la haste de la main <i gauche et portant un épervier sur la main droite. » Hadrien. Æ. 3. (C. M.)
2. « Épervier coiffé du skhent. n Iladrien. Æ. h. (C. M.) V. PI. II, n' 19
Ces revers nous montrent que le culte d'Horus dominait dans le nome Cabasiles, mais là s’arrêtent nos renseignements.