‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 160 sur 283 · M CATÉGORIE · texte numérisé non relu

M CATÉGORIE

1669. Tête de profil, à droite, allongée; devant le profil, YVRON. $. CMNONI CASTRO. Croix.

AR. Denier : 1,46. (Bewe, 1837, pi. 8, n° 15; Poey d'Avant, n° 35.) Pi. XXXI,n ft 22.

1670. Antre, de fabrique toute différente. WRON sans le trait abréviattf. 4). CAI- NONI C7CSTRO.

AR. Denier. (Fillon, Consul., pag. 221 , vignette. )

1671. Mêmes légendes et types des deux côtés. Tête pins informe., AR. Obole.

Cab. de France. — PI. XXXII, n* 1*.

2 e CATÉGORIE.

1672. LVDOVICVS REX. Tête de profil, à droite, avec bandeau. Q. CAINONI CASTRO. Croix.

AR. Denier.

PL XXXII, n* 2.

1673. Mêmes légendes et types. La tête seule diffère. AR. Denier. ( Fillon , Lettres , pi. 9 , n° 4. )

PI. XXXII, n« 3.

1674. Variété. Tête différente.

AR. Denier.

Coll. G. de la Tourelte, à Loudun.

1675. FYbOYICY Ï>X. Même buste, à gauche. ). IIAN...I CTRO, en légende rétrograde. Croix.

Electrum. Denier. (B. Fillon, Lettres, pi. 9, n° 5.) PI. XXXII, n« 4.

1676. ... O ... I ... DVI ... X. Même type. $. * CAINONI CAO. Croix. AR. Obole. (Ibid., n°5.)

PL XXXII, n* 5.

TYPE CHINONAIS.

La formation de ce type est établie d'une manière tellement positive, qu'il semblerait inutile de rentrer dans les débats qui ont été soulevés à son sujet. .Cependant ,

comme il peut rester quelques incrédules , je ne puis pas m'empécher d'en dire quelques mots. D'tft autre côté , il est bon , pour l'édification des numismatistes , de faire voir toutes les phases successives de ce type et de montrer combien son enfantement a été pénible. Sans vouloir donner un historique complet de tout ce qui a été dit , il est impossible de ne pas parler des très nombreuses métamorphoses du type dit autrefois chartrain.

Duby y voit tantôt des caractères arabes, tantôt des armoiries; le plus souvent il ne détermine pas le type. D'autres auteurs y ont trouvé un caractère phénicien , syriaque ou hébreu ; des menottes ou autres instruments de torture ; un dolmen gaulois ; des plans de fortifications; une hache percée en anneau au bout du manche; une branche du gui sacré ; la serpe des Druides; une dégénérescence du portail d'Orléans , Arc. En 1832, M. Jeuffrain crut y reconnaître la représentation d'une bannière, et supposa que ce pouvait être celle d'Etienne, comte de Blois et de Chartres. Dans son premier travail sur les monnaies alors appelées chartraines , M. Cartier adopta cette idée en la modifiant. Selon lui , cette, bannière devait être celle de la cathédrale de Chartres , ou plutôt la célèbre relique du voile de la Vierge, conservé dans l'église de cette ville , et que , dans des circonstances particulières, on portait en tête de l'armée. Trois ans après , le savant Lelewel , dans son remarquable ouvrage sur les monnaies du moyenâge . établit qu'il fallait y voir une tête de profil , et en donna la démonstration par d'excellents dessins. En 1845, en publiant un travail d'ensemble sur toutes les monnaies de cette région , M. Cartier se rallia à l'opinion du docte polonais ; mais il ne put, en recherchant l'origine de cette tête , arriver à une solution précise.

On pouvait regarder le procès comme définitivement jugé, lorsque M. Cartier changea tout à fait d'avis. En effet, en 1849, il a fait paraître dans la Revue un article longuement développé , dans lequel il a reproduit un mémoire de son fils inséré précédemment dans les Mélanges d'archéologie, et où il revient au voile de la Vierge. J'ai, dans ma Description, fait connaître mon opinion au sujet de ce revirement d'idées. Les raisonnements de M. Cartier fils avaient quelque valeur, mais ils n'étaient que spécieux. Dans la question , l'auteur n'a pas envisagé le côté purement numismatique , et c'est ce qui l'a égaré.

Il a été fait justice de tout ce qui avait été dit au sujet du type chartrain. C'est H. B. Fillon qui s'en est chargé (Consiâ. et Lettres à M. Dugast-Matifeux). Nonseulement il a mis à néant toutes les fausses idées qui avaient été émises, mais encore il en a positivement déterminé l'origine. Revenant à l'opinion de M. Lelewel, que ce type est né de la tête turonienne de Louis-le-Débonnaire , il a suivi la filiation de cette tête qui a passé à Chinon , et dont les dégénérescences successives ont amené le type prétendu chartrain. Fondée, comme celle de M. Lelewel, sur une suite de dessins où l'on peut suivre pas à pas la formation du type, la démonstration de M. Fillon est complète. Je l'ai adoptée el appuyée le mieux que je

Pai pu dans ma Description, et maintenant je crois que les bases en sont assez solides pour qu'on ne puisse pas les renverser.

Ce qui a donné un grand poids aux observations de M. Fillon , c'est que , ainsi que je Tai dit autrefois , dans le même moment où il établissait sa théorie , un jeune numismatiste , dont nous avons tant regretté la perte, M. Duchalais, arrivait aux mêmes conclusions par un autre chemin , et cela sans qu'il y eût le moindre concert entre eux. Cette coïncidence remarquable est une preuve de la bonté de cette théorie.

Toutefois, je ferai les mêmes réserves que dans ma Description, à savoir, que je n'adopte pas toutes les conséquences du système de M. Fillon : par exemple, je repousse l'idée que le type de Vierzon découle du type chinonais. Je suis aussi d'avis qu'il y a lieu à changer la marche du type telle qu'elle a été établie par mon compatriote. Selon moi , ce type, né à Tours ou à Chinon, n'a pas voyagé d'une province à l'autre , mais partant d'un point principal il a rayonné de divers côtés à la fois. Cette marche est naturelle, puisque Thibaut-le-Tricheur était possesseur de presque toutes les seigneuries du pays chartrain.

Je dois encore faire observer ce qui d'ailleurs est connu de tout le monde et ce qui ressort de l'examen des planches , c'est que la dégénérescence du type chinonais varie dans chaque localité. L'influence seigneuriale s'y fait sentir de diverses manières. D'abord, le profil est apparent, mais formé d'éléments dissemblables; puis, lorsque les rudiments de cette tête sont presque effacés , un type particulier se forme pour chaque pays. Le type tournois a aussi influé sur le type chinonais , mais seulement vers la fin. À Vendôme et à Châteaudun, l'adoption est complète.

Ainsi que je l'ai déjà dit , M. Cartier a publié , dans la Revue numismatique de l'année 1845, la monographie des monnaies au type chartrain (maintenant chinonais). Il a donné des suppléments, dans le même recueil, en 1846 et en 1849, et fait un tirage à part de ces divers articles. Les numisma listes qui voudront avoir des renseignements étendus sur ce monnayage devront consulter ce travail. Cependant il y aura lieu à tenir compte de quelques rectifications que j'ai dû faire et qui ont été acceptées par l'auteur. Depuis la publication de l'ouvrage de M. Cartier, j'ai été assez heureux pour découvrir un assez bon nombre de monnaies intéressantes, qui avaient échappé aux recherches de notre vénérable doyen.

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