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L'opinion la plus accréditée est que les comtes de Blois , d'abord bénéficiaires de droit, mais bientôt héréditaires de fait , étaient issus de la race royale de France. On
les fait remonter à Guillaume, frère d'Eudes, comte d'Orléans, fils de Théodebert, quatrième aïeul de Hugues-Capet. Son successeur, en 834, fut Eudes, son fils, cousin germain de Robert-le-Fort. Ce dernier lui succéda à Blois, en 861. Robert, son second fils, devint comte de Blois jusqu'à son avènement an trône, en 922; alors Thibaut-le-Tricheur lui succéda à Blois. Ce prince fut en réalité le premier comte héréditaire de Blois et de Chartres. Les deux comtés, réunis pendant longtemps , furent divisés momentanément en 1218 ; ils se réunirent de nouveau, en 1269, sur la tète de Jean de Châtillon. Séparés encore en 1292, ils ne furent plus joints jusqu'à l'extinction de la branche de Blois, en 1397, en la personne de Gui II de Châtillon. Les autres phases de l'histoire de ce comté importent peu à la numismatique.
Les comtes de Blois ont pu émettre des monnaies antérieurement à l'avènement de Thibaut , en 922 ; pourtant nous n'en connaissons pas. Elles devaient d'abord être au type royal; puis, ainsi que cela est arrivé dans quelques autres contrées du pays chartrain, il serait possible que les seigneurs eussent choisi un type spécial. Dans tous les cas, le monnayage remonte toujours jusqu'à Thibaut-le-Tricheur. Maintenant que l'origine du type adopté par ce puissant comte est connue , il est facile d'en suivre la filiation et de voir qu'il s'en est servi dans toutes ses possessions. C'est donc à tort que M. Cartier établit, dans son travail, que les premières monnaies anonymes de Blois ne sont pas antérieures au commencement du xi e siècle. J'ai .déjà relevé cette erreur dans ma Description, et l'examen de l'ensemble des monnaies de ce comté n'a fait que corroborer mon opinion.
Le type blésois proprement dit, alors que la tète devient tout à fait dégénérée , est celui qui a conservé le plus d'éléments du profil chinonais. Il est facile d'en voir les traces jusqu'à la fin du monnayage.