‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 193 sur 283 · BERRI · texte numérisé non relu

BERRI

Le Berri a eu des seigneurs particuliers sous le nom de comtes de Bourges. La province, telle qu'elle était composée avant 1790, fut de bonne heure fractionnée , et , à proprement parler, elle n'a jamais été tout entière dans la même main. C'est ce qui explique l'anarchie monétaire dont se plaint H. Cartier dans ses Lettres numismatiques (Revm num. fr., 1841). Chaque seigneur a battu monnaie de son côté. On peut compter dix-neuf ateliers différents dans le Berri. Les monnaies de quatre de ces ateliers seulement ne sont pas venues jusqu'à nous. Il est à présumer que d'heureuses découvertes viendront bientôt combler ces lacunes. Déjà bien des étoiles de Duby ont pu être effacées, et le Berri, plus que toute autre province, a fourni un riche contingent.

C'est donc séparément et par ateliers qu'il faut ranger les monnaies du Berri. On va voir quel intérêt offre cette nomenclature, et quels progrès ont été faits , depuis quelques années , dans cette branche de la numismatique féodale.

En présence d'un tel fractionnement, peut-on trouver un type générateur qui ait servi à enfanter tous les autres? Je ne le pense pas. Nous voyons bien à Bourges s'opérer la dégénérescence du monogramme carlovingien. Il apparaît aussi, mais très altéré, à Châteauroux. ASancerre, nous trouvons un denier qui est certainement une réminiscence de la monnaie royale. Quant aux autres seigneuries, elles adoptèrent chacune un type particulier. Il est vrai que, pour la plupart, leur origine semble postérieure au X e siècle ; mais nous n'avons peut-être pas trouvé les produits des premières émissions de plusieurs de ces ateliers. Déjà , pour Bourges , Châteauroux et Sancerre , les monnaies primitives nous sont arrivées tout récemment. Espérons que nous serons aussi heureux pour d'autres ateliers. Je renvoie, du reste, le lecteur aux Etudes numismatique* de mon collègue B. Fillon , où cette question se trouve traitée, pag. 162.

Page 1