‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 219 sur 283 · VIERZON · texte numérisé non relu

VIERZON

Antérieurement au X e siècle, Vierzon qui, dans son origine , ne fut qu'un simple château , appartenait aux comtes de Chartres , qui le détachèrent de leur domaine en faveur d'un seigneur du nom de Humbaud. Celui-ci le transmit à ses descendants. Vers la fin du xm e siècle , Vierzon passa dans la maison de Brabant par le mariage de Jeanne , fille unique de Hervé III , avec Geoffroi de Brabant. Ce prince étant mort à la bataille de Courtray, en 1302, Marie de Brabant, l'aînée de ses filles, hérita de Vierzon, qu'elle transmit, en 1330, à sa sœur Elisabeth, mariée à Gérard VI, comte de Juliers. Cette seigneurie, réunie à la couronne à la fin du xv e siècle, a, depuis, été jointe au duché de Berri.

Les premières monnaies de Vierzon sont anonymes et toutes au même type , sauf de légères variantes. C'est une espèce de trophée à deux palmes , où M. Cartier ( Revue numismatique , 1841, pag. 282) voit la forme d'un H et le monogramme de Hervé. J'ai dit ailleurs que si l'explication de ce type était admise dans ce sens , il serait plus rationnel d'y trouver le monogramme de Humbaud , qui paraît avoir été la souche des seigneurs de Vierzon.

J'ai aussi rejeté l'opinion de M. B. Fillon , tendant à rattacher ce type à la tête chinonaise. Malgré l'appui que M. de Barthélémy lui a prêté dans son Manuel, je crois que la démonstration est insuffisante.

Lorsque Vierzon arriva en la possession de la maison de Brabant, le type fut changé et l'on vit paraître les armes de cette famille , si tant est que les seigneurs de Vierzon n'aient pas copié le type de Nevers.

D'autres types ont aussi figuré sur les espèces de cette seigneurie ; mais ils ont eu si peu de fixité , qu'il serait difficile d'en donner l'explication. J'en parlerai en décrivant les monnaies qui les portent.

On remarquera quels progrès a fait la numismatique de Vierzon. La suite, à l'époque où M. Cartier en a parlé pour la première fois (1841 ) , ne se composait que de quatre pièces. J'en publie quinze.

Page 1