‹ Monnaies féodales de France (volume 2)Chapitre 42 sur 283 · ALAIN III · texte numérisé non relu

ALAIN III

244. * ALA-I RIX. Monogramme carolin dégénéré. $. * RIbOlIl CA. Croix pattée.

BILL. Denier: 1,30. (Bigot, pi. 5, n° 4.) Coll. Dobrée. — PI. VIII, n° 21.

Ici je me trouve en complet désaccord avec M. Bigot , qui fait remonter l'émission de ce denier jusqu'à Alain I er (877-907 ). Il commet une erreur évidente ; la fabrique de cette pièce ne saurait lui assigner une date aussi ancienne. Le mot RIX, que l'on y voit, l'a séduit et égaré. Est-il certain qu'il signifie REX, ou du moins celte qualification s'applique -t-elle bien à Alain, et M. de Barthélémy n'a-t-il pas raison , quand il avance (Revue, 1856 , pag. 266) que ce mot n'est là que pour conserver la forme de l'ancienne légende GRAYIA fc-I REX? Ce qu'il y a de constant , d'ailleurs , c'est que ce denier ne peut pas être séparé de celui qui va suivre. Tous deux appartiennent à la même influence ; tous deux sont copiés sur les espèces de Eudes-PAncien , seigneur de Déols( 1012-1037). Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à jeter les yeux sur la planche

des monnaies de ce seigneur. On peut aussi le comparer avec le denier dessiné par M. Fillon à la page 163 de ses Etudes numismatique* ; la copie est évidente.

215. * ALAMNVca. Croix pattée. $. * REbONIca. Etoile évidée à cinq pointes. BILL. Denier : 0,90. (Revue, 1855, pi. 1", n° 3 ; Bigot, pi. 6, n° 6. )

Coll. Aussant. — PI. VIII, n° 22.

L'imitation de la monnaie de Déols est plus flagrante encore. N'ayant jamais vu ce denier en nature , j'avais élevé quelques doutes sur sa lecture , qui me semblait facile à confondre avec celle des monnaies de Déols. La connaissance de la pièce que j'ai donnée sous le n° 204 a levé tous ces doutes. Il y a là une influence berrichonne bien caractérisée. D'où vient-elle? Quelles sont ses causes? Je n'ai trouvé dans l'histoire de Bretagne rien qui puisse m'éclairer à ce sujet. Peut-être y a-t-il eu alliance entre les deux comtes? Les faits cités par M. de Barthélémy (loco cit., pag. 413) sont une induction bien faible.

Je crois qu'il y a lieu d'établir qu'en Bretagne Alain est le premier qui ait signé ses monnaies. C'est , du moins , ce qui me parait résulter de ce que nous connaissons jusqu'à présent. La lecture des pièces antérieures à ce prince, où l'on voudrait voir un nom propre , me parait plus que douteuse.

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