ÉVÊCHÉ DE LANGUES
C'est au ni' et même à la fin du n« siècle que les traditions de l'église de Laogres font remonter la fondation de son évêché, qui aurait eu Saint Sénateur pour premier prélat. Dans le xiir siècle, l'évêque de Langres arait le litre de duc et le rang de troisième pair ecclésiastique, ce qui, au sacre de dos rois, lui donnait le privilège de précéder son métropolitain.
En parlant de rétablissement de l'atelier monétaire de Dijon , j'ai mentionné la charte de 874, par laquelle Charlcs-le -Chauve avait donné aux évêques de Langres le droit de battre monnaie soit dans leur ville, soit à Dijon. Ce titre porte positivement que ces prélats ne jouissaient pas antérieurement de ce droit. Je ne crois pas, et cela importe d'ailleurs assez peu, qu'il faille avec M. Salmon / Revue num. belge, 2* série , tom. v, pag. 26) induire de la précaution prise par le roi pour établir que la monnaie n'était pas antérieure, que ce n'était que la consécration d'un droit préalablement usurpé. On connaît les confirmations données en 887 par Charles-le-Gros. et en 889 par Eudes.
Nous avons des monnaies résultant de la première concession , ou qui du moins lui sont de fort peu postérieures. Elles portent le nom et le type royal. Cette empreinte a do être immobilisée pendant quelque temps, et, selon moi, elle dura jusqu'au règne de Raoul. Nous ne connaissons pas de monnaies intermédiaires; car c'est en vain que quelques auteurs ont voulu attribuer des pièces à Louis II et â Louis III. Je dirai bientôt, en décrivant celles qui portent le nom de Louis, sur quoi je me fonde pour refuser ces monnaies à ces deux rois. Elles sont évidemment postérieures à l'époque où l'on veut les placer. Dans tous les cas, il faut toujours admettre que toutes ces monnaies, quoique portant des noms royaux, n'en appartiennent pas moins aux évêques de Langres. J'insisterai sur ce point, en déroulant la série de ces pièces.
Dans le courant du xi* siècle, nous trouvons une monnaie signée. C'est une exception qui n'eut pas de suites. On revint au nom de Louis. Au commencement du xif siècle, nous en retrouvons quelques-unes avec des noms d'évêques.
La numismatique lingonaisc offre quelques difficultés, par suite de la mauvaise fabrique des pièces intermédiaires. Les légendes sont en général bouleversées et incomplètes, si bien que leur lecture n'offre pas de certitude. C'est ce qui m'a empêché d'en faire graver un plus grand nombre. Ces monnaies sont presque toute» rares.