COMTÉ DE TONNERRE
Au ix» siècle , la ville de Tonnerre faisait partie de la Bourgogne. L'origine de ses comtes particuliers est assez obscure; on sait seulement que, vers la fin du x* siècle .
ce- comles devinrent héréditaires dans la personne de MHon , donl la descendance garda Tonnerre jusqu'en lOOô. Il vint alors en la possession des comtes de Nevers Ceux-ci, de leur côié, étaient devenus comles d'Auxerrc en H 47. Les trois comité de Nevcrs , Auxerre et Tonnerre furent donc n'unis sur la même tôle. Je ne poursuivrai pas plus loin ces détails historiques, qui sont suffisants pour expliquer le type des monnaies de Tonnerre. Je dois seulement ajouter qu'en 1273 , par suite du règlement de la succession de Mahaul II , les trois comtés furent séparés , et que le Tonnerrois fut dévolu à Marguerite , qui , dès 1267, était devenue reine de Naples cl de Sicile , par >on mariage avec Charles I". Celte princesse mourut en 1308 ; mais, précédemment, en 1292, elle avait disposé du comté de Tonnerre en faveur de Guillaume de Chalon, fils de sa sœur Alix. Les princes de cette maison y réunirent de nouveau le comté d'Auxerrc.
Le Tonnerrois est un des comtés qui resta le plus longtemps indépendant de la couronne de France, puisqu'il n'y fut réuni qu'à la lin du xvm* siècle.
Après le précis historique #que je viens d'ébaucher, on ne doit pas être étonné que les monnayages de Tonnerre, Auxerre et Nevcrs aient entre eux les plus grands rapports. L'explication que l'on donnerait de l'un pourrait s'appliquer en entier à l'autre. Toutefois il y a lieu de faire remarquer que, dans le premier pays, nous sommes un peu moins favorisés que dans les deux autres. A Tonnerre, en effet, quelques pièces intermédiaires nous manquent. A Tonnerre comme à Auxerre, le monnayage débute de la même manière par le type carlovingien fortement altéré , du moins quant aux légendes. Ces dégénérescences si apparentes ne peuvent pas laisser de doutes sur l'attribution de ces pièces , qui appartiennent certainement au régime féodal. En vain opposera-t-on que le titre de concession nous manque. Je répondrai qu'à Tonnerre comme ailleurs la loi commune a dû être suivie , et que si dans ce pays comme dans beaucoup d'autres nous trouvons des espèces qui , comparées avec celles des pays où les titres sont connus, offrent le même aspect, la même fabrique, les mêmes altérations, il n'y a pas à douter qu'elles n'aient une origine semblable, que leur classification ne soit toute naturelle , et qu'elles ne dérirent d'usurpations dont nous avons perdu la trace.