‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 201 sur 275 · JEAN DE CLERMONT · texte numérisé non relu

JEAN DE CLERMONT

0499. * I . DE . CLAROMONTE. Croix pattée, cantonnée d'un annelet au 2v ÎÏÎOP SVCSSIOIMS. Temple.

RILL. Denier. ( Bévue, 1842, pag. 259, vignette.) Coll. Daaay. — Pl. CLI, n« 17.

C'est avec raison que H. de Barthélémy a attribué ce denier à Jean de Clermonl, qui, vers 1307, avait épousé Jeanne, veuve de Hupes, comte de Soissons. Cette dame était tutrice de Marguerite , fille posthume de Hugues, et il n'est pas étonnant que Jean de Clermont, en épousant la veuve et en prenant la tutelle de l'entont, ail monnayé en son nom propre. Les exemples de ce fait sont tellement nombreux, qu'il n'a plus besoin de preuves et est passé en force de chose jugée.

La fondation de l'abbaye de Saint-Médard remonte au vi* siècle. Elle est due au roi Clotaire et fut achevée par son fils Sigeberl d'Austrasie. Les papes et les rois la gratifièrent de nombreux privilèges. Elle reçut particulièrement de Louis-le-Débonnaire le ilroit de faire battre monnaie , sous h condition que les émoluments seraient consacrés au service qui se faisait en l'honneur de Saint Sébastien. Cela nous donne l'explication de la présence du nom de ce Saint sur la plupart des monnaies que nous connaissons. Charles-le -Chauve confirma le privilège accordé par son père.

Le monnayage de l'abbaye de Saint-Médard a quelque importance. Depuis quelques années, il s'est enrichi de pièces fort curieuses. Pourtant il nous reste encore trop de lacunes, pour qu'on puisse l'élucider entièrement. Nous ne connaissons aucune monnaie au nom de Louis-le-Débonnaire, et cependant il est probable que les abbés de Saint-Médard ont dû d'abord fabriquer des espèces au nom royal. Nous ne possédons qu'un denier au monogramme de Cbarles-lc-Cbauve ; il fut sans doute frappé par les abbés, aussitôt après la confirmation donnée par ce roi. Nous avons aussi un denier au monogramme de Carloman ; il porte exceptionnellement le litre de Saint-Médard : c'est encore une monnaie abbatiale. Puis viennent deux pièces publiées récemment dans la Revue numismatique française par M. de Longpérier, et dont le type est tellement particulier que l'on pourrait élever quelques doutes sur leur attribution. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'empreinte qu'elles présentent ne parait pas pouvoir se rattacher ni aux monnaies précédentes ni à celles qui suivent. Vers le milieu du xi* siècle, apparaît un étendard mis seul dans le champ. Ce symbole varie bientôt dans sa forme , et finit par être doublé , avec l'accompagnement d'une crosse.

On a cherché à rattacher le type des monnaies de Saint-Médard à celui des espèces de.s comtes et des évéques de Soissons. Cette influence ne me parait nullement apparente ; à moins que l'on ne veuille admettre, avec M. Duchalais (Dict. encycl. Je l'hisi. de France/, que les abbés de Saint-Médard aient d'abord utilisé l'empreinte du temple avec l.i légende Christ iana retigio. Cela est possible; mais il est assez difficile de le prouver.

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