‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 228 sur 275 · ARTOIS · texte numérisé non relu

ARTOIS

Dans la circonscription de la province d'Artois, outre les monnaies d'Arras, il faut faire entrer celles de Saint-Omer, de Belhune, d'Aire, de Bcrgucs, de l'Ecluse, de Faii-

quembcrgues, de SainC-Pol , de Ligny, d'Elincourl et Wallincourt. Les espèces de ces villes sont loin d'être conçues dans le même système, et, en abordant leur description, nous entrons dans un dédale dont il n'est pas facile de se tirer. Le monnayage de ces pays a eu des phases qui lui ont été particulières, ou qui du moins se confondent avec le système flamand , et , pour lâcher de l'éclaircir, il faudrait entrer dans des considérations étendues que je suis forcé de m'interdire , avec d'autant plus de raison que, malgré tous mes efforts, je ne pourrais pas garantir que je parviendrais au but que je me proposerais.

La numismatique artésienne a pourtant été étudiée avec un soin tout particulier, et est devenue, à diverses fois, l'objet de controverses assez vives. Si, malgré tous ces débats, la lumière n'a pas été entièrement faite, si bien des points en litige ne sont pas vidés d'une manière décisive, je ne puis pas m'aventurer sur un sol aussi mouvant , où les faux pas sont si à craindre. Il serait bien à désirer que quelque autorité plus puissante que la mienne s'emparât d'un sujet qui demande des études toutes spéciales , le traitât ex profaso, en se dégageant de tout système préconçu, et fit ressortir la vérité. D'ici là , je crois qu'il est prudent de poser ces conclusions , que , dans l'état actuel de la question, la vérité est difficile à dégager, cl que le litige, du moins sur quelques points, doit rester en suspens.

En 1843, M. Al. Hermand a publié un volume compact sur YHistoire monétaire de l' Artois. Quelques-unes de ses assertions ont été combattues dans la Revue num. Mge Il a répondu longuement aux objections qui lui étaient faites. Malgré cela, j'en reviens à mes conclusions , c'est qu'une conviction entière n'est pas sortie de ces débals. Il faut l'avouer aussi, malgré les efforts désespérés de M. Hermand, quelques brèches ont été faites à son système; et l'on ferait fausse roule, en l'adoptant sans modification et sans tenir compte de quelques critiques qui en onl élé faites. D'un autre côté , la science a notablement progressé , et aujourd'hui M. Hermand serait obligé de marcher avec elle , en modifiant quelques-unes de ses opinions.

Si la numismatique artésienne offre des difficultés qui paraissent peu solublcs, c'est qu'elle sort de la loi commune. On peul en trouver 1'explicalion dans los diverses phases do la formation de l'Artois. Ce fut d'abord un démembrement qu'en 863 Charles-le-Chauve opéra en faveur de Baudouin -Bras-de-Fer, comte de Flandre. Revenue a la couronne en 1180, par le mariage de Philippe -Auguste avec Isabelle de Hainaul, cette province fut de nouveau érigée en comté en 1236, en faveur de Robert, par Saint Louis, son frère. Ses descendants en jouirent jusqu'en 1329, époque du mariage de Philippe -le-Long avec Jeanne d'Artois. Passée dans la maison de Bourgogne par l'union de Jeanne de France avec Eudes, duc de Bourgogne, elle arriva, au commencement du xvi* siècle, sous la domination de l'Espagne, lorsque Charles- Quint succéda à Philippe-le-Bcau. Ce fut par suite du traité de Nimègue , que l'Artois fut définitivement uni à la couronne.

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