‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 229 sur 275 · ARRAS · texte numérisé non relu

ARRAS

C'est à Arras qu'était fabriquée la monnaie artésienne proprement dite. M. Hermand avance qu'il n'a pas trouvé antérieurement à H 69 la mention de cette monnaie; mais il présume que, dès avant cette époque, elle dut porter cette dénomination. Il ne fait aussi remonter le monnayage comtal qu'au second tiers du xi* siècle. C'est une grave erreur, que j'ai déjà relevée dans ma Description , et que M. de Barthélémy n'avait pas laissé échapper dans son Manuel. Du reste, l'historien de la monnaie de l'Artois semblait avoir pressenti qu'il s'égarait, lorsque, dans son ouvrage , il disait que, dans celte province, on ne frappait que de la monnaie royale. Or, si l'on jette les yeux sur les pièces qu'il a dessinées et qu'il attribue à nos rois , si l'on considère leur fabrique et l'altération profonde des légendes et des types, on voit que ces pièces sont de beaut'oup postérieures a l'époque où il veut les placer, et que l'on ne peut les donner qu'aux comtes d'Artois. Ce monnayage fut suivi jusqu'au milieu du xi» siècle. A celle époque , un brusque changement eut lieu dans les espèces. On passa aux petits deniers ou mailles en argent fin, dont l'usage devint général dans toute la Flandre. Ce changement élait tout naturel , puisque l'Artois faisait partie du domaine du comte de Flandre.

Lorsque, vers la fin du xu* siècle, Philippe-Auguste devint possesseur de l'Artois, il supprima entièrement le système artésien, et y substitua la monnaie parisis. qui fut aussi frappée sous son successeur. Quand Robert, frère de Saint Louis, eut l'Artois en sa possession , il revint, sans doute par suite de raisons commerciales, aux petits deniers ou mailles d'argent fin. On suppose que Robert II , son fils , suivit d'abord son exemple, et que ce ne fut que plus tard qu'il augmenta le volume de ses deniers, de manière à leur donner la valeur des deniers parisis. Mahaut, sa fille, revint au système de la maille artésienne.

Lorsque l'Artois passa dans la maison de Bourgogne, les monnaies forent sans doute émises au type bourguignon, et nous n'avons aucun moyen de les distinguer. Il ne paraît pas que Charles-Quint ait monnayé en Artois-, mais nous avons des pièces en assez grand nombre de Philippe II et de Philippe IV. On n'en a pas encore trouvé d'Albert et Isabelle , et il faut croire , avec M. Hermand , que l'atelier d'Arras fut momentanément fermé.

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