PHILIPPE II DE VIENNE
:,i:0. * PhS . t>VX . BV . COMES. Croix, fi. TVRONVS t>VCIS Chfllcl. BILL. Denier.
Coll. Voillemicr. — Pl. CXIX, tr 15.
Ce curieux denier est resté inconnu à MM. Plantet et Jeannez; mais ils en ont publié ileux antres, donl un particulièrement offre un type analogue. D'après leur opinion . ces pièces appartiendraient à Philippe II, seigneur de Vienne, et auraient été" fabriquées à Pymont. De prime abord, il me semblait difficile d'établir que le style de ces deniers pût les faire descendre jusqu'au milieu du xiv siècle , et j'étais tenté de les donner à Philippe I" de Vienne ; mais, après un examen attentif de la question et en présence de texte» positifs, cités par les deux mimismalisits francs-comtois, desquels il résulte que Philippe (I de Vienne frappait des monnaies pareilles à celle* du roi de France , et que celui-ci lui lit défendre d'emprunter son coin , il faut bien reconnaître que ce sont là les produits de ce monnayage frauduleux.
5271. * PhILLIPVS REX. Croix. S,. PTHOMARTIR. Main bénissante BILL. Denier : 0,80. (Plantet et Jeanmez, pl. 4, n° 3.)
Coll. Morin. - Pl. CXIX, n° 16.
5272. TVRONVS CIV1S. Châle). * BISVNTIVM CI. Croix. BILL. Denier : 0,80. (Plantet et Jean.nez, pl. 4, n' i l
Coli. Plantet. — Pl. CXIX , n° 17.
Les auteur» que j'ai déjà cités établissent , par des raisons qui semblent convaincantes, que ces deux pièces ne peuvent pas appartenir à Philippe-le-Bel monnayant à Dole. Ils se fondent particulièrement sur le type de la seconde. Celle précédemment décrite m" 5270) vient donner un grand poid» à leur argumentation. C'est donc positivement aux seigneurs de la maison de Vienne , imitant les monnaies royales el archiépiscopales, qu'il faut attribuer celles-ci.
On ne sait pas si les ateliers du pays furent en activité , pendant que le comté de Bourgogne fut entre les mains des rois de France. Dans tous les cas, les moyens de distinguer les monnaies qui ont pu y élrc fabriquées nous manquent totalement. Lorsque, à partir d'Eudes IV, le duché et le comté furent réunis sur la même téle , les monnaies sont purement ducales. Il n'y en a qu'un petit nombre sur lesquelles on trouve le type du comté, à savoir un lion debout dans un champ semé de billelles. Il est à remarquer que les pièces à celte empreinte sont toutes des angroignes. Je les décrirai avec les monnaies des ducs de Bourgogne. Nous n'avons plus de pièces entièrement franc-comtoises qu'à partir du règne de Pbilippe-le-Beau , lorsque le comté fut venu dans la maison d'Espagne. Ses successeurs, qui avaient aussi leur atelier III 1G
monétaire à Dôle, commuèrent à en faire frapper jusque vers la fin du règne de Philippe IV, qui mourut en 1655. Noos n'en avons pas de Charles II, et nous ne devons pas en être étonnas. D'abord , ce prince n'avait que quatre ans quand il succéda à son père ; puis , sous son règne , la Franche-Comté fut conquise deux fois par les armes françaises , et réunie définitivement à la France en 1678.
Les nombreuses monnaies , dont je vais donner la description , ne sont pas tout 4 fait dépourvues d'importance historique ; mais elles n'ont aucun intérêt scientifique. Je n'ai donc pas beaucoup à me féliciter d'avoir ajouté à la nomenclature de MM. Plantel et Jcanncz un très grand nombre de variétés et un type nouveau. Il deviendrait oiseux de donner des détails étendus sur un sujet aussi peu intéressant : on les trouvera dans l'ouvrage précité.