‹ Monnaies féodales de FranceChapitre 81 sur 275 · OTHON-GUILLAUME · texte numérisé non relu

OTHON-GUILLAUME

5507. * MTSEONVS. Dans le champ, 3R liés. 0».»T 0«.»T •.». Croix. AR. Denier : 1,10. (Revue, pl. 19, n» 8.)

Coll. Chanel. — Pl. CXXYIII, n» 5.

5508. * MVTIcaCON. Croix patléc. Même type. AR. Denier.

Coll. Mioche. — Pl. CXXYIII, n* G.

5509. * MVSINO CIV. Dans le champ . H avec un point au-dessus et au-de-^ouk. -.- O .• T •.• O . T. Croix.

AH. Denier : 1,20.

Coll. de Vesvrotie. - Pl. CXXYIII , n- 7.

Oihon-GuillauQie, que de hautes qualités rendirent si recommandable , qu'elles le firent parvenir au souverain pouvoir, fut comte et duc de Bourgogne de 1002 à 1015 environ. A celte époque , il renonça à la couronne ducale en se réservant seulement les comtés de Dijon et de Milcon. C'est probablement dans cet intervalle jusqu'à sa mort (1027) qu'il fit frapper à Maçon les deux premières monnaies qui précèdent. Il avait épousé Ermentrude, fille de Renaud , comte de Reims et de Rouci. M. Robert insinue que l'on peut voir, dans les deux lettres figurant dans le champ du revers, le nom de la femme d'Othon. Celte explication est ingénieuse , mais je n'oserais trop affirmer qu'elle puisse être soutenue. Nous n'avons pas, qne je sache, surtout à celle époque , d'autre exemple d'un nom ainsi placé. D'un autre côté , on ne peut voir, dans ces deux lettres , le mot RE, qui n'aurait aucune raison d'être, à moins qu'on n'y cherche la copie des monnaies des rois de la Bourgogne transjurane. Cette dernière observation n'est pas à négliger. Ces pièces et quelques autres de la série niilconnaise ont , ainsi que je l'ai déjà avancé , un air réel de famille avec celles des comtes de Bourgogne et môme des empereurs. Cela s'explique naturellement par le besoin de rendre leur circulation plus facile et plus étendue.

Quant à la troisième pièce au nom d'Othon, elle parait, par la dégénérescence de la légende, un peu postérieure aux autres. M. B. Fillon f Calai. Rousseau, n" 758) la place dans la première moitié du xi* siècle , et voit dans la lettre H du revers l'initiale de Henri I", roi de France.

5570. MATYSCONY. Dans le champ, H. fl. * CYTÂTY2. Croix. AR. Denier : 1,32. (Revue, 18G0, pl. 9, n" 3.)

Coll. Lacroix. — Pl. CXXVIII, n» 8.

5571. Variété avec MTYSCONY.

AR. Denier : 1,32.

Coll. Chanel. — Pl. CXXVIII, n« 9.

Je me trouve ici en dissentiment avec M. Robert. Ce numismatistc place le n* 5571 ( le seul qu'il ait connu) dans la première moitié du x* siècle. Il se fonde sur la forme des caractères et le sljle de la pièce, et voit dans l'H du champ le monogramme ou tout au moins l'initiale de Hugues -le-Xoir, qui, en 93G, eut le Méconnais en partage. Je crois qu'il ne faut pas donner à ce denier une aussi grande ancienneté, et qu'en le rapprochant du denier décrit sous le n" 55G9, on arrive à une solution plus naturelle, en y voyant le nom de Henri I". La forme des caractères ne s'oppose pas à celle attribution. Le poids (1,32) est d'accord avec celui des deniers au nom de ce prince. Quant au mol CVTATVS, je crois, avec M. Robert, qu'il faut le traduire par CIVJTAS.

5572. * ROViBERtT'Si. Dans le champ, R entre irois points. * MÀTIS- EONVM ( N el V liés). Croix.

AR. Denier : 1,10. (Revue, 1860, pl. 21, n" 4.) Coll. Thibaud, à Lyon. - Pl. CXXVIII, n« 10.

On a peine à s'expliquer celte monnaie du roi Robert; il n'aurait pu lémelire que durant la guerre qu'il (il, de 1002 à 10U, pour la succession de Henri, son oncle, duc de Bourgogne. L'arrangement qui intervint alors rendit à Olhon-Guillaume la possession de la Bourgogne et du Maçonnais. On trouve encore difficilement à se rendre compte comment Robert a adoplé sur ce denier l'initiale de Rodolphe, roi de Bourgogne. Peut-être faul-il admettre, avec M. Robert, que cette pièce est postérieure à 1014 el qu'elle a été émise par Othon-Guillaame , qui aurait copié la monnaie royale. H faudrait alors supposer que Robert a monnayé à Mâcon. L'avenir seul peut résoudre ce problème.

5573. HEINRICVS RX. Croix. * MATISCENSIS. Dans le champ, carré avec quatre annclels aux extrémités , cantonné de quatre besants.

AR. Denier : 1,32. (Revue, 1800, pl. 20, n« 2.) Coll. Lacroix, à Maçon. — Pl. CXXVIII, n» 11.

5571. Variété avec HENRICVS RX.

AR. Denier.

Coll. Lacroix. - Pl. CXXVIII, n« 12.

5575. Variété avec HINRICVS REX.

BILL. Denier.

Coll. Lacroix. — Pl. CXXVIII, n» 13.

Nous voyons ici reparaître le type employé par Lolbairc et qui , ainsi que je l'ai déjà fait observer, paraît avoir donné naissance à la croix mâconnaisc.

5576. * ENRICI REGIS. Cbâtel. i\. A MATISCONYM. Croix. AR. Denier : 1,10.

Coll. Sauvadet.

Ce très curieux denier est cerlaincmcnt postérieur ara précédents. Son type tout à fail exceptionnel rend son classement difficile. Ce dut être un essai de monnayage qui n'eut pas de suites. La légende au génitif fail sous-enlendre le mol PERMISSION E , que nous allons trouver sur des pièces de Toumus. Cette dernière observation est due à M. Robert.

— ne -

PHILIPPE I". 1060-1108

"viTT. PHILIPVS REX. Dans le champ , grand * accompagné de quatre points. iî. * MATISCON. Dans le champ, N.

UILL. Denier.

Coll. Lacroix. — Pl. CXXVIII, n9 14.

.".578. * FILIPVS RX. Mêmes type et fi. AH. Denier.

Coll. Rousseau.

5570. *PILIPVSREX. Croix évidée et cantonnée de quatre points, fi. * MA- TISCON. Dans le champ , N.

AR. Denier.

Coll. de Vesvrollc.

."(.'80. Variété avec PHILIPVS REX. Au lieu de quatre points, la croix est cantonné de quatre coins qui y sont attachés.

AR. Denier.

Coll. Lacroix. - Pl. CXXVIII, n» 15.

L'N qui figure dans le champ est-il l'initiale du mol MAT1SCO? Avec M. Robert, je suis d'avis que cette supposition est inadmissible ; mais plus alïîrmatif que lui, je n** crains pas de dire que celle lettre me parait être la dégénérescence de l'H que nous :i\ons trouvé sur d'aulres pièces. Je crois voir aussi, dans la croix du denier porté au if 5581, la réminiscence du type de la pièce au nom de Charles { n* 5566 \.

■~h>8I. * PIIIPVS REX. Dans le champ, grand cantonné de quatre points, fi. MATISCON. Dans le champ, S majuscule, accosté de deux points. AR. Denier : 0,98. \ Poby d'Avant, n« 1132.)

5582. Variété : un C ou demi-cercle entre le C et l'O du mol MATISCON. AR. Denier : 1,03. >lbid., n° 1433.)

5583. * PILIPVcfl RX. Même type. fi. * MATliflCON. S non accosté.

Coll. Chanel. — Pl. CXXVIII, n' 10.

..584. PHILIPVS REX. Mêmes type et R.

AR. Obole. (Conb., Suppl., n" 31.) Coll. Dassy et Lacroix, à Mâcon.

5585. * PILIPVoï IX. Môme type. fi. NTAIcoCON. Même type. BILL. Denier : 1,10. (Revue, 1860, pl. 21, n» 5.) Coll. Lacroix.

5586. Mômes légendes et types. Le est à légende rétrograde, et PS est accosté de deux points.

AR. Denier : 0,92. (lbid.t n4 1434.) Coll. Poey d'Avant. — Pl. CXXVIII, n« 17.

5587. Antre avec RX. An PS est accosté de deux points. Légende droite. AR. Denier. (Dubt, pl. 102, n»2 ; Conbrouse, pl. 47 frw, n« 3.)

5588. Variété avec PHIPV . REX.

AR. Denier. ( Conbrouse , Suppl., ne 30.)

5589. Variété avec PHIPVS RX.

BILL. Denier.

Coll. Lacroix.

5590. Mêmes légende et type, avec FILIPVS. ^. Croix cantonnée de quatre points. BILL. Obole.

Coll. Charvel. - Pl. CXXVIII, n» 18.

5591. PHILIPVS R. Même type. i\. * MAT.. S. Croix cantonnée de quatre points. BILL. Obole : 0,38. (B. Fillon, Etudes, pl. 2, n* 9.)

Cab. de France.

5592. * PILIPVS RX. Même type non cantonné de points. Mêmes légende et type.

BILL. Obole. (Revue, 1860, pl. 20, n« 3.) Coll. Bouchage. — Pl. CXXVIII, n» 19.

Ces pièces , portant le nom de Philippe , sont pour la plupart bien postérieures au règne de ce prince. Leur émission a dû continuer jusqu'à la fin du monnayage méconnais. Diverses interprétations ont été données à la lettre S , qui figure dans le champ de quelques-unes d'entre elles. On pense assez généralement qu'elle signifie Signum. Dans tous les cas, elle ne parait pas être un type local. C'est, selon toute apparence , un souvenir des pièces lyonnaises portant le même type.

5593. *L*b*V*C. Dans le champ, grand S. * MAYISCOM. Croix paltée , évidée au centre et cantonnée de quatre points.

AR. Denier : 0,79.

Coll. Hoffmann. — Pl. CXXVIII , n» 20.

5594. Mêmes légendes et types ; saur qu'au droit PS du champ est remplacé par une croix simple, avec MATISCON.

AR. Obole : 0,40.

Coll. Hoffmann. — Pl. CXXVIII, 21.

5595. Variété avec MATVSCON.

BILL. Obole.

Coll. nofTmann. — Pl. CXXVIII, n" 22.

J'appelle particulièrement l'attention sur ces trois curieuses pièces , d'autant plus que leur examen nous sera bientôt utile, pour déterminer l'attribution de monnaies de Tournus, qui ont avec celles-ci une visible analogie. On remarquera particulièrement la singulière contraction du mot LVDOVICVS, où toutes les voyelles ont été supprimées. M. Robert donne ces trois pièces à Louis VI. Je n'oserais pas être aussi aflirinatif . d'autant plus que les monnaies, avec lesquelles je trouve que celles-ci ont beaucoup de ressemblance, sont placées au x* siècle par ce numisma liste. Ce n'est pas que je veuille dire que les mayonnaises remontent à cette date. Loin de lè , leur poids et leur mauvais aloi les font descendre plus bas, mais un peu moins, à mon avis, que ne le prétend M. Rol>ert.

On remarquera, avec lui, que sur l'une de ces pièces la croix remplace la lettre S. Pareille observation doit être faite au sujet des monnaies au nom de Philippe. Une semblable coïncidence ne doit-elle pas faire supposer qu'à celle époque, c'est-à-dire dans le courant du xir siècle, les maîtres de MAcon avaient deux officines distinctes, opérant simultanément.

Presque toutes les monnaies de Mâcon sont rares; beaucoup sont uniques. Celles au nom de Philippe , sans être tout à fait communes, se rencontrent plus facilement ut figurent dans beaucoup de collections.

Fondée en 910 par Guillaume, comte d'Auvergne, l'abbaye de Cluny acquit promptement, par suite des immunités qui lui furent accordées, une grande importance, et devint la plus riche et la plus puissante de la chrétienté. La prépondérance de ses abbés, presque tous d'une hante origine, fut immense, et, s'ils ne régentèrent pas les rois, au moins furent-ils longtemps chargés de pacifier les différends qui survinrent entre les princes de l'Europe.

Le roi Raoul donna, en 920, à l'abbaye de Cluny le droit de battre monnaie. O privilège fut confirmé et étendu non-seulement par d'autres rois, mais encore par les souverains pontifes. Nous n'avons pas trouvé jusqu'à présent de pièces que l'on puisse faire remonter à l'époque de la première concession. Les seules que nous possédions ne sont pas antérieures au xr siècle. Les droits étendus, accordés à l'abbaye de Cluny, soulèvent quelques questions qui , sans avoir de rapport direct avec la monnaie , s'y rattachent cependant. Elles ont été abordées et disculées par M. de Barthélémy, qui, dans la Revue (1843, pag. 33), a consacré un mémoire au monnayage de Cluny. Il y cile diverses chartes, dont quelques-unes avaient déjà été mentionnées

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