‹ Monnaies féodalesChapitre 100 sur 314 · PÉRIODE · texte numérisé non relu

PÉRIODE

3«CARLVS REX avec la légende bilinéaire MET | ALO. 4° L'obole avec CARLVS en légende bilinéaire la légende METALO circulaire au revers.

Trois grandes trouvailles, celles de Bonnevaux, de Mourlieu en Angoumois, de

(1) BritUh Nvinismatic Chronicle, années. 1842-1843, pages 1 à 141.

(!uerdale en Angleterre et une plus petite faite à Thouars, ont fourni les premiers exemplaires du monnayage indépendant des comtes de Poitou.

Un certain nombre d'autres faites à Sainl-Saviol , à Aubigné, à Confolens, contenant à la fois des deniers au nom de Richard Cœur-de-Lion et des deniers avec Metalo bilinéaire en ont donné les derniers produits. Nous avons analysé à Tarticle de Turenne la trouvaille de Saint-Saviol publiée par M. Lecointre-Dupont dans le Bulletin des Antiquaires de l'Ouest. Nous avons vu qu'elle avait été enfouie sous le règne de Richard Cœur-de-Lion, c'est-à-dire avant il 99.

Les deniers qu'elle contenait à la légende bilinéaire Metalo avec les deniers de Richard n'y étaient pas le numéraire dominant (95 pièces sur 1122); sur ces 95 deniers 9 portaient la légende CARLVS REX I, tous les autres la légende CARLVS REX R ; 7 seulement ne portaient aucune marque monétaire, ni point, ni annelet, ni croissant, ni étoile; 44 portaient dans la légende METALo un point, 4, deux points, 16, des annelets; 8 étaient marqués du croissant et 8 de l'étoile, et dans chacune de ces catégories une pièce était usée ; il y avait des différences notables de poids.

C'est un fait qu'il est bon de retenir et sur lequel nous reviendrons en parlant de l'attribution de ces deniers à Jean-sans-Terre. Jamais trouvaille n'a été analysée avec plus de soin. M. Lecointre-Dupont a fait suivre son travail d'un tableau faisant ressortir les légendes et signes monétaires, la pesée de chaque pièce et son aloi.

La trouvaille faite à Aubigné a été recueillie par M. Rondier, de Melle. Elle contenait également deux deniers de Richard Cœur-de-Lion. M. Rondier, sans donner une analyse aussi méthodique, avait noté les deniers provenant de cette découverte et nous relevons plus tard les types de sa collection soigneusement conservée au musée de Niort, dans l'état où il l'a classée et avec les étiquettes du donateur.

Enfin nous trouvons dans la découverte de Confolens (1) des deniers de Richard Cœur-de-Lion, concurremment avec des deniers au nom de Carlus rex r et au revers à la légende bilinéaire Metalo, Voici les variétés que signalait M. Maurice Ardent, dans la lettre écrite par lui à M. Lecointre-Dupont. De ces monnaies, les unes ont le point au dessus du mot Metalo j les autres au dessous, d'autres entre l'A et L. Plusieurs ont l'o plus petit que les lettres précédentes, deux ont une étoile à huit rayons au-dessus de l'O et deux enfin à la place de l'R

(1) Revue Numismatique 1840, page 43.

qui suit le mot rex ont un |; on voit quelle similitude il existe entre ces deux trouvailles; leur enfouissement est évidemment contemporain.

Voici donc les deux points extrêmes bien déterminés par les trouvailles. Le commencement du monnayage par les trouvailles de Bonnevaux, de Mourlieu et de Cuerdale. La fin par celles de Saint-Saviol, d'Aubigné et de Confolens. Il est une autre date intermédiaire qui nous est fournie par la trouvaille de Javarzay et qui ouvre la 2*^ période (1).

Sur les 225 monnaies de cette trouvaille une seule était au premier type Carlus rex f et au revers , monogramme altéré de Charles-le-Chauve avec la légende circulaire MET>iiVLLO. Deux étaient des deniers de Charles-le-Gros, frappés à Bourges; tout le surplus, c'est-à-dire 222 deniers, portaient la légende bilinéaire METALO.

Charles-le-Gros a régné de 884 à 887. L'enfouissement est donc postérieur à cette date. Mais on a peut-être été trop loin en le reculant jusqu'à la deuxième moitié du x^ siècle. Ce qu'il y a de certain c'est que lorsque le type bilinéaire Metalo apparut, le type au Metullo circulaire tendit à disparaître et qu'il ne se rencontre plus qu'accidentellement.

M. Lecointre-Dupont signale en outre diverses trouvailles :

l*' Celle faite à la Souterraine (2), qui contenait six exemplaires variés du Metalo bilinéaire et une obole avec la croisette sous Metalo. L'époque d'enfouissement de cette trouvaille est assez difficile à déterminer parce qu'elle ne contient que des monnaies anonymes ou de seigneurs homonymes. Nais elle doit être postérieure à 1160, puisqu'elle contenait un denier de Raoul de Déols, que nous croyons devoir attribuer à Raoul VI (1160) (3).

2** La découverte de Saint-Amand-sur-Cher ; celle-ci a été plus minutieusement étudiée; sur 448 pièces il y avait 3 deniers de Philippe P% 3 deniers et 4 oboles de Louis VI, 20 deniers de Louis VI ou Louis VII, frappés à Orléans, et 18 oboles à la légende bilinéaire Metalo, avec la croisette. La date de l'enfouissement est reculée jusqu'à 1 1 52, par la présence du denier d'Etienne, comte de Sancerre (1152-1191);

3° Une découverte faite à Rome, où figuraient des deniers à la légende

(1) Revue Numismatique 1840, page 50.

(2) Bulletin de la Société des sciences naturelles et antiquités delà Creuse 1838, page 43, planche 1.

(3) Voir page 85.

bilinéaire Sfetalo, avec des deniers dn Mans, au type immobilisé d'Herbert et sans que les autres pièces puissent fournir une date précise.

M. Rondier avait encore recueilli une trouvaille faite à Puyrefaud et qui figure dans les cartons du musée de Niort sans autre indication ni mention des monnaies pouvant se trouver dans le même dépôt. Le signe distinctif de cette trouvaille est la parfaite rotondité des O et leur place au dessous Lq- ^"<^ ^^ rapproche assez des n~ 1 et 2, PI. LIV de Poey d'Avant.

Poey d'Avant ne signale nommément aucune autre trouvaille. Il se contente de dire que les variétés sont nombreuses, qu'il est rare que les dépôts du Poitou n*en contiennent pas quelques-unes et que plusieurs trouvailles considérables en ont été faites. Ainsi dé 950, date extrême de la trouvaille de Javarzay, à 1160, date approximative de celles de la Souterraine et de Saint-Amand-sur-Cher, nous n'avons aucun point de repère certain.

11 est donc à désirer que les découvertes nouvelles soient observées à ce point de vue particulier. De ce que ces deniers sont devenus extrêmement communs, ce n*est pas une raison pour ne pas tâcher d'arriver à une classification basée sur le synchronisme de pièces ayant date certaine et nous appelons sur cet examen toute l'attention des numismatistes du Poitou.

Etudions maintenant les quatre types dont nous avons parlé, non point d'après des spécimens inédits, mais en faisant connaître quelques variétés et classons les autant que possible d'après leur présence dans les diverses trouvailles ci-dessus anaivsées.

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