DEUXIÈME PÉRIODE
S*' Type. Légende bilinéaire MET ALO.
La trouvaille de Javarzay est le plus ancien enfouissement qui fasse connaître ce type. Elle avait été recueillie par M. Rondier, de Melle, et subsiste presqu'en entier au musée de Niort, avec son certificat d'origine de la main du donateur.
Poey d^Avant, qui Tavait examinée avec soin, n'en publie pas moins de onze variétés de frappe du n^ 2413 à 2423, il en donne un seul dessin, PI. LUI, n® 7. Ces deniers se distinguent par la saillie et la largeur des lettres. Leur poids est de 1».52.
Ce type persista pendant près de deux siècles et demi et il importerait d'avoir des points de repère certains pour les classer utilement. Poey d'Avant les distribue par périodes de demi-siècle en demi-siècle, en se fondant non plus sur des trouvailles étudiées au point de vue synchronique, mais sur le style, sur la gracilité ou l'aplatissement des caractères.
La loi des poids doit être prise pour ce classement en très sérieuse considération. Mais il faut observer cependant avec M. de Longpérier que les pesées par unités donnent souvent des résultats erronés et qu'on ne saurait trop recommander aux numismatistes qui ont la bonne fortune de recueillir des trouvailles entières de procéder par pesées de 1 0 à 20 pièces.
Le poids des deniers à la légende bilinéaire était originairement de 1^.52. Il tombe à 1«.30, 1«^.17, 1^.14 et descend môme au-dessous d'un gramme.
Les deniers à la légende MET I ALO, sans croisettes ni points, paraissent les plus anciens; viennent ensuite ceux à une ou deux croisettes, un ou deux points ; leur poids est de 1^.41 , 1«.36. Nous donnons un exemplaire avec trois points.
201 . * CARLVS REX O. Croix, i^. * MET | ALO. Trois points, un dessus, un dessous, un entre les deux lignes de légende.
Billon. Denier. 1«.30. •
Collection Caron.
PI. IX, n« 4.
202. * CARLVS REX F. Croix. % MET | VLO. Billon. Denier. 1«.36.
Cabinet de France.
PI. IX, n« 5.
Les caractères de la légende sont des plus singuliers.
On serait tenté de croire, à la première inspection, qu'il doit y avoir une certaine contemporaineté entre les deniers à deux croisettes Poey d'Avant, PI. LUI, n^ 11, 12 et 13, et les oboles au môme type à une seule croisette, PI. LIV, n<* 5 à 8. J'ai du renoncer à cette idée en présence de l'écart considérable des poids. Poey d'Avant donne pour un denier 1 «.41 , j'ai relevé au musée de Niort, sur
deux exemplaires, 1^.25. Les oboles au contraire n'atteignent jamais 0^.50. Elles donnent 0».49, 0».45, 0«.43, 0«.42 et même 0«.38. C'est donc une fabrication subséquente. Elle parait embrasser tout le xii* siècle. Il existe une classe de ces oboles avec une croisette sous Metalo, dont la croix a les branches pattées et presque triangulaires, tandis que dans toute cette fabrication les bras de la croix sont maigres et droits.
Ce fut précisément cette variété d'obole avec une croisette sous MET | ALO qui représentait par 48 exemplaires le monnayage poitevin dans la trouvaille de Saint-Amand dont Tenfouissement ne peut être antérieur à 1152, puisqu'il contient, comme nous Tavons dit, des deniers d'Etienne, comte de Sancerre.
Elle figurait également à la trouvaille de la Souterraine enfouie postérieurement à 1160; une pite à bas titre de la même fabrication provient de la même trouvaille; elle pèse 0^.343. Elle est figurée comme obole par Poey d'Avant, PI. LIV, n° 6.
Nous avons vu plus haut que ce type fut continué jusqu'à Richard Cœur-de-Lion. Les trouvailles de Saint-Saviol, de Confolens et d'Aubigné nous en ont fourni la preuve. Celle d'Aubigné contenait les variétés suivantes :
* CARLVS REX P, l'R barré. Croix. ^. MET | ALO.
* CARLVcn REX R. Croix. ^. MET | AoLO.
* CARLVS REX. Croix, i^. MET | ALO.
Les A de Melalo ont une certaine parenté avec ceux de notre n** 201 .
Enfin il est un signe de décadence que Poey d'Avant a omis d'indiquer, que M. Lecointre-Dupont a signalé et sur lequePil a appelé de nouveau toute notre attention lors d'un récent voyage à Poitiers. C'est la diminution sensible du module, qui de 24 millimètres baisse jusqu'à 17. Cette différence s'accentue vers les premières années du xii® siècle, époque à laquelle, selon la chronique de Maillezais ou de Saint-Maixent, eut lieu un changement dans la monnaie en 1203.
Quel fut ce changement? fit-on en effet retour à la monnaie d'argent comme semble l'indiquer ce texte ? En tout cas ce retour ne fut pas de longue durée.
4'' Type. Légende bilinéaire CAR | LVS.
Ce type n'est connu jusqu'à présent que par des oboles. C'est le moins commun du monnayage poitevin, excepté bien entendu les deniers attribués à Rainulfe, et les numismatistes de la province nous affirment qu'elles se rencontrent presque toujours isolément. On a pu cependant observer qu'elles ont eu une
fabrication ou tout au moins une circulation de près d'un siècle et demi. Poey d'Avant en a publié onze et gravé neuf, il n'a pas hésité à les classer toutes une par une du milieu du x® siècle à la fin du xi® siècle.
Nous serons moins afBrmatif et nous remarquerons seulement que de ces oboles les unes ont une sorte de coin placé entre les deux lignes, qu'elles paraissent les plus anciennes par leur poids 0^.81 , 0^.68, que les autres ont une croisette et ne pèsent plus que 0^.65 et descendent jusqu'à (H.60, qu'enfin une variété qui parait être la transition entre les deux types porte à la fois le coin et la croisette. (Poey d'Avant, PI. LUI, n*' 18), et pèse 0«.81.
Au nombre de ces pièces, il en est une, même planche n"" ii , que M. Lecointre- Dupont signale comme une pile de bas hillon, assez usée et ne pesant plus que 0«^.3i8 (6 grains), tandis que l'obole n®22, pèse 0^.59. Les légendes très barbares de ces deux pièces VLOTMEO et MEOTVLO avaient fait penser à M. Lecointre- Dupont qu'elles avaient pu être frappées pour rappeler la légende des deniers des Guillaume, ducs d'Aquitaine et comtes du Poitou VILELMO.
Voici deux types un peu différents de ces oboles.