‹ Monnaies féodalesChapitre 129 sur 314 · CHARLES DE FRANCE · texte numérisé non relu

CHARLES DE FRANCE

270. Nef. KAROLVS 2 RfiGIS 5 FRAnCOR : FILIVS S AQVITANOR * OVX. Le

prince terrassant un dragon, dans le champ deux fleurs de lis et deux léopards alternés. î^. Nef. FORTITVDO 8 MflA « OT *» LVX ^ MSA : TV : «S : DNfi : D6VS S MfiVS. Croix à plumages chargée d'un écu aux armes de France et d'Angleterre.

Fort d*or. Collection Dassy, aujourd'hui collection Gariel. PI. XI, nM3.

Nous reproduisons cette pièce, Tune des plus intéressantes et peut-être la plus précieuse de la série féodale.

271. Nef. KAROLVS. R FRANCOR FILIVS AQVITANOR DVX. Ecusson à quatre quartiers de France et d'Angleterre, i^. Nef. SIT N0^6 OOMINI BOTîfiOlCTinv. Croix à plumages cantonnée de deux lis et de deux léopards.

Argent. Gros. Collection Gariel. Poids 3«.20. Collection Lecointre-Dupont.

Poey d'Avant a publié, PI. LXVII, n'' 12, un gros à peu près semblable; il le considère comme unique et comme un essai, à cause de sa fabrique et de son poids qu'il déclare anormal sans l'indiquer. Ce poids est de 3^.29, ainsi qu'il résulte de la pesée que nous en avons faite au Cabinet de France ; il est donc presque identique à celui indiqué plus haut.

272. Petite nef et ♦. KAROLVS DVX AQVITA. Léopard sous un lis. Petite nef et ♦. TVROnVS DVX AQVITA. Croix dans un cercle à quatre lobes.

Denier. Billon; Collection Lalanne. Cuivre; Collection Meyer, sans étoile. PI. XI, n° 14.

273. ih KAROLVS DVX AQV. Léopard sous deux fleurs de lis. ^, TVRORVS AQITAni€[. Annelet sous le Q. Croix.

Denier. Collection des Antiquaires de l'Ouest. PI. XI, n<' 15.

274. KAROL... Trois fleurs de lis dans le champ. ^. Fleur de lis AQ... Fleur de lis DVX. Croix. Il est vraisemblable qu'il y avait, correspondant à chaque extrémité de la croix, une fleur de lis coupant la légende.

Très bas-billon. Denier. Collection de Saulcy. PI. XI, n° 16.

275. KAR... AQVIT. Le prince debout tenant l'épée. i^. Léopard, grande étoile à cinq branches SIT nocOGR... ÛIC. Croix cantonnée d'une fleur de lis au I^S

d'un léopard au 4^

Billon. Hardi. Collection Gariel.

PI. XI, nM7.

La forme des léopards et du différent de l'étoile nous a déterminé à publier cet exemplaire d'une pièce déjà connue.

Avant de clore ce que nous avions à dire sur l'Aquitaine, qu'il nous soit permis de rappeler ce que nous avons écrit, pages 91 el 92, sur le denier attribué par Poey d'Avant à Sancerre, et gravé par lui, PI. XLIII, n* 3.

Il porte * LOD=VICVS; dans le champ SC i^. 0=G0 COM=SO. Croix. C'est dans le Midi, disions-nous, qu'il nous faut chercher le lieu de fabrication de celte pièce, peut-être à Bordeaux. En effet, nous trouvons à Bordeaux, auxi* siècle, dont cette pièce porte le style : i** Le nom immobilisé LODOICVS de Louis IV; 2** Un comte du nom de ODO (1038-1039), dont nous avons fait connaître un denier n^ 226, un autre comte Geoffroy (1052-1086), dont le nom s'écrit GOderidus ou GOfridus; et enfin 3^ Avec le type immobilisé de Lothaire, sous notre numéro 223, les lettres S-E qui ont bien pu engendrer SC. Le denier attribué à tort à Sancerre pourrait bien être d'Eudes ou de Geoffroy, comtes de Bordeaux et de Poitiers, rappelant sur une seule et môme pièce le nom et le signe d'une double immobilisation royale. Nous ne hasardons cette attribution qu'à l'état de simple conjecture.

ÂGEN.

276. * *^A EPISCOPVS. *. Dans le champ, quatre croisettes pattées posées en croix, alternant avec cinq étoiles à six raies. ^. * ''ÂGENENSIS. *. Dans le champ, croix pattée à branches égales. Argent. Obole. Poids 0«.32.

Collection Galy.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, Tirage à part 1880. Vignette.) PI. XI, nM8.

Voilà donc enfin retrouvée cette monnaie Arnaldèse, qui était si répandue au moyen âge, à en juger par les nombreuses mentions contenues dans les chartes et qu'on avait vainement cherchée jusqu'à ce jour. Ainsi tombent les attributions hypothétiques, qui s'étaient successivement produites sur le type de cette monnaie, depuis celle de Ducange qui avait donné le nom d'Amaudines aux monnaies des comtes de Lectoure, de Carcassonne et de Comminges, jusqu'à celle de M. de Saint-Amans (1), qui pensait que le type des anciennes monnaies royales avait toujours été le modèle des espèces Arnaldèses, et que tous les évéqnes d'Agen

(1) Recueil des travaux de la Société d'agriculture, eelencei et arti d'Afen i855.

qui obtinrent le droit d'en émettre, avaient toujours laissé subsister sacramenlellement et sans y rien changer , le nom même et les empreintes des espèces royales . En d'autres termes, il pensait que c'était l'immobilisation du type Carolingien ou odonique.

La monnaie publiée par M. Galy porte l'initiale A, Elle ne peut être attribuée qu'à un Arnaud, puisque la monnaie d'Agen portait dans les chartes les noms d'Arnaldense, Arnaldèse, Arnaldine, Arnaudine, Arnauldinque , Arnaudens, Arnaudi, Arnaudena, selon la langue employée pour la désigner, latine, française ou patois. Cette dénomination exclut Adalbert qui fut évéque d'Agen de 1118 à 1127 environ. Restent deux évéques du nom d'Arnaud, Arnaud de Boville, vers 1040; Arnaud II de Rovilhan, de 1209 à 1228. Le droit de monnayage d'Agen remontait certainement au milieu du xi* siècle. En effet, le duc d'Aquitaine, probablement Guillaume VIII, confirmait à l'évêque Simon (1083-1101) le bénéfice de battre monnaie qui était déjà un don de son père. Guillaume YIIl (Guy-Geoffroy) règne de 1058 à 1087, et son père Guillaume VU, de 1039 à 1058, était le contemporain d'Arnaud de Boville. Depuis, Richard Cœur-de-Lion, soit comme duc d'Aquitaine, soit comme roi d'Angleterre, renouvela par deux fois à l'évêque d'Agen, Bertrand de Beceyras, les concessions faites par ses prédécesseurs. Or Bertrand de Beceyras occupa le siège épiscopal d'Agen de 1183 à 1208; il était le prédécesseur immédiat d'Arnaud If. Ce dernier ne pul donc donner son nom à la monnaie Arnaudine, qui existait avant lui, et ce fut bien Arnaud P^ de Boville qui en fut le parrain.

Mais ce n'est pas à dire pour cela que la monnaie publiée par M. Galy soit émise par Arnaud de Boville, et remonte à la première moitié du xi** siècle. M. Galy insiste sur ce point, que dans divers traités les prélats juraient de ne rien innover dans la fabrication de la monnaie Arnaldèse, d'en maintenir le titre, la loy, le poids, la taille et tous les autres caractères, ce qui implique nécessairement l'immobilisation du nom d'Arnaud, de la légende et des symboles gravés dans le champ, que nous connaissons à présent.

On doit conclure de ces actes, que si le style de l'obole nouvellement découverte ne permet pas de l'attribuer à Arnaud II, il n'en résulte pas qu'elle ait été émise par Arnaud P', et qu'elle peut être l'œuvre d'un des prélaLs intermédiaires employant son nom immobilisé . Les successeurs d'Arnaud II restèrent fidèles à ce type traditionnel, qui jouissait d'une excellente réputation et ne fut jamais l'objet d'aucune censure, ni prohibition de la part des rois de France. M. Galy écrit qu'au temps de saint Louis, cinq deniers alnardins valaient quatre

deniers tournois. M. de Saint-Amans avait fait connaître un compte d'Alphonse de Poitiers, de 1252, qui porte que 1200 livres arnaldèses valaient 1000 livres tournois. Ce ne fut, parait-il, qu'au xiv^ siècle que les possesseurs de la monnaie Agenaise altérèrent le titre de leurs espèces, qui furent refusées par les consuls de Cahors.

M. Galy se demande si la monnaie qu'il publie est bien une obole. Elle ne pèse que 0^.32, et fut-elle bien conservée, elle n'atteindrait jamais le poids d'une obole de la première moitié du xi* siècle. A cette époque les oboles de Melle pesaient 0^.50 et plus. M. Galy nous fait connaître, d'après M. de Saint-Amans, que le chanoine Labenaisie, auteur d'une histoire manuscrite de l'Agenais, avait vu vers la fin du xvif siècle, aux archives de l'évôché, les coins de la monnaie épiscopale, qu'il y en avait de grands, do moyens et de petits et qu'ils portaient une croix. Si cet historien, au lieu de ce contenter de cette indication peu scientifique, avait eu le soin de les dessiner ou seulement de les décrire, il aurait coupé court à bien des dissertations.

La coutume de Castera Bouzet, rédigée en langue patoise vers 1300, fait mention du Diné Arnaudin, Mealhia Arnaldinia et P. Arnaudina, sans doute Potita Arnaudina, ce qui correspond aux trois divisions des coins vus par le chanoine Labenaisie.

Or il y eut des pites (demi-oboles) en Poitou, à partir du xi^ siècle, et nos rois employèrent aussi ce module. Mais une obole de 0^.32, n'est pas une anomalie au xii*** siècle. Nous en avons publié une de ce poids. (Turenne, n? 196).

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