ROBERT
Je ne connais pas de monnaies d'or de Robert. II y a lieu de s'étonner que pendant son long règne il n'en ait pas frappé. Mais la production des carlins fut considérable. Poey d'Avant en donne huit variétés et même dix en y comprenant deux pièces auxquelles il donne à tort le nom de demi*<;arlin ; leur poids de 3^.20, quand le poids moyen des carlins n'est que de 3^.90, se refuse à cette dénomination. Une trouvaille considérable de ces carlins a été faite à Ephèse (Asie- Mineure). Elle n'en contenait pas moins de 1422. Ils étaient répartis en dix-huit variétés, dont douze au revers de Honor régis jndicium diligit et six avec cornes provincie et Forcalquerie, Ces variétés ne consistent que dans des interversions ou des omissions de lettres. Nous nous cbntentons d'indiquer leur existence et l'article qui les a révélées (5). Du reste, M. Blancard (6) cite deux actes qui prouvent que cette monnaie, jouissant du plus grand crédit, les successeurs de Robert en continuèrent la fabrication; le premier est un article d'un contrat monétaire du
(1) Archives des Bouches-du-Rhdnê, paf e 418 .
(2) Archives des Bouches-du-Rhdiie, page 430.
(3) Revue Numismatique française 1866, pages 346 et suivantes.
(4) Revue Tlumismalique françaire 1883, 3* livraison.
(5) British Numismatic chronicle 1872.
(6) Revue Numismatique française 1883, 3* Uvraison.
23 avril 4372, qui stipule que le maître de la monnaie de Tarascon frappera des ^'illats semblables à ceux de Naples avec l'image du feu roi Robert, ymago bone memorie domini régis Roberti, et le deuxième un procès-verbal du 45 décembre 4414, sous le règne de Louis II, qui constate que dans la boite d'essai de la monnaie de Tarascon, on retrouva un carlin d'argent à l'image du roi Robert.
Poey d'Avant a public, d'après Duby, PI. LXXXIX, un carlin de Robert, qui porterait au revers la croix de Lorraine. Rien n'explique sous ce roi ce signe héraldique que nous retrouvons dans le monnayage de René. (Voir notre PI. XVI, n"44).
Robert continua aussi la fabrication des gros d'argent à la tête couronnée.
356. * RO S IbR S SIGIL REX. Tête imberbe du roi couronnée et portant le paludamentum aux armes de Provence. ^. * OOMCCS • PROVlNOIfi. Croix fleurdelisée avec un quartefeuille au centre.
Argent. Gros. Poids 2«.70.
Collection Gariel.
PI. XV, nM4.
Duby a connu une monnaie a peu près semblable, qui a été reproduite par Poey d'Avant. Mais leurs dessins secs et durs ne rendent ni le style de la tête et des légendes, ni même le module de la pièce; et la croix du revers au lieu d'être fleurdelisée est simple et cantonnée d'un R au 2'.
C'est à Robert que remonte l'apparition du double denier suivant.
357. * RIb R6T SIO RGX. Croix fleurdelisée coupant la légende et cantonnée d'une fleur de lis au 4" et au 4'. ^. s D6TÎDVPI56X. Dans le champ PIS lE en deux lignes sous uno couronne.
Billon. Double denier. PI. XV, n° 42.
Ce double très commun a été indiqué par Poey d'Avant sous le n° 4002. Mais il n'a pas été gravé. Nous croyons cependant que c'est lors de la création d'un type qu'il importe le plus de le faire connaître.
358. * IbR ex SIGIIS RGX. Dans le champ sous une couronne, ROB et Y au-dessous. ^. >^G0M6S PROVICIGC. Croix cantonnée d'une fleur de lis au 2*.
Billon. Denier. Poids 4^.42.
Collection Caron.
PI. XV, nM3.
Poey d'Avant a publié seulement Tobole.
359. ,|i R MbR enr SIGIL ReX. Couronne dans le champ, i^. CO^ GSP VIR OI6. Croix coupant la l^ende.
Billon. Obole. Poids 0«.53.
(Bévue Numismatique française 1860, PL X, n? 8). Pl.XV,nM5.
360. * RO...T. IfiRL ST SOIL'. Dans le champ RSX sous une couronne. ^. * COM...PeDeMONTIS. Croix fleurdelisée.
Billon. Petil couronnât. Poids 0«.90.
(Revue Numismatique française i866, PI- XIII, n® 7). PI. XV, nM4.
Poey d'Avant a publié, PI. XC, n** 4, un denier fruste, sur le revers duquel sont les lettres 5P0....eN; il propose d'y lire andecaven; ne serait-il pas plus exact d'y lire aven. La ville d'Avignon appartenait en entier aux comtes de Provence, par suite de la cession qui avait été faite en 1290, par Philippe-le-Bel, de la moitié de cette ville à Charles II, d'Anjou, qui était déjà propriétaire de l'autre, et ce ne fut que le 12 juin 1348 que la reine Jeanne vendit toute la ville au pape Clément VI, moyennant 80,000 florins.