HUGUES AIMERI
444. * bVGO aPS TCASTR. Croix, i^. * MONETA 5 S : PAVLl. Tête à gauche. Billon. Denier. Musée de Marseille.
Dessin communiqué par M. Laugier.
PI. XIX, n^ 6.
C'est la reproduction du type précédent, si tant est que ce ne soit pas la môme pièce.
445. >^ S bVGO • 6PISC0PI en légende intérieure, croix pattée, et en légende extérieure ^ BeNfiDICTYM SIT NOMfiN Dm. f^. « S YRICASYRINfiNSIS. Aigle à gauche aux ailes étendues, regardant à droite.
Argent. Gros. (Vallier. Revue Numismatique belge 1877, PL K, n^ 5). Collection Lamorte-Félines, à Die.
PI. XIX, n« 7.
Imitation des gros des évéques et comtes de Valentinois.
Le denier d'Hugues Aimeri gravé par Poey d'Avant, PI. CII, n** 12, a soulevé les critiques de M. Vallier. Il provoque aussi nos remarques. La description et le dessin ne concordent pas. La description porte ^ b o 6PS e YRIAGSYRIH. Croix et au ^. ^ OBOLVS GIVIS. Mitre dans le champ. C'est le contraire; la mitre est au droit et la croix au revers. Le dessin porte en outre en légende
(1). Revue Numismaticiue belge 1877. PI. IV.
b OBOLVS OIVIS. C'est le dessin qui est exact, ainsi qu'il résulte de la ▼érificatîon que nous avons faite au Cabinet de France, qui paraît posséder les pièces de l'ancienne collection Bernard. La lettre b qui précède OBOLVS GIVIS peut être l'initiale de Hugues répétée deux fois.
C'est la parfaite ressemblance des types de ce denier avec le suivant qui a conduit M. Yallier à l'attribuer hypothétiqnemenc aux éréques de Sainl-PauU Trois-Chàteaux.
446. * RAms DNS «TSeses. Mitre, i^. OBOLVS GiViS. Croix pattée. Billon. Obole. Collection Lamorte-Fclines. PI. XVlII,nolO.
Nous sommes ici tellement dans le champ des conjectures, que nous ne pouvons mieux faire que de laisser la parole à M. Yallier lui-même.
« Lalégende du droilesl si confuse, dit-il, que j'avais cru d'abord et croîs encore devoir lire la légende ainsi qu'elle est écrite plus haut. Mais quelle signification donner à un pareil assemblage de lettres? Je me suis fait un autre thème. RA5RVDVS fiPS fiSfiS. Vaut-il mieux que le précédent î Pourquoi les quatre dernières lettres ne me permettent-elles pas de lire TRIG ou TCAS. Il ne m'aurait pas déplu de mettre en avant le nom de Raymond Yehens de Mostuejols (1326-1327) qui occupa le siège de Saint-Paul-Trois-Châteaux entre Dragonet de Montauban et Guillaume de Cardaillac ou de Raymond II de Raymondis (1368-1378), deux évèques dont les monnaies sont encore à découvrir. Faudrait-il au contraire considérer cette oboie comme une imitation de plus à porter au débit des princes d'Orange si coutumiers du fait et ne voir dans la fin de la I^ende qu'un trompe-l'œil destiné à faire songer aux variantes du imi princeps. »
L'apparition des types à la main bénissante et à la mitre, que nous avons publiés à l'article d'Orange, prouve en effet que ces princes ne respectaient pas plus les types ecclésiastiques que les laïques. Mais pourquoi Raymond d*Orange n'aurait-il pas écrit franchement prmceps. Nous sommes là très probablement en présence d'une pièce due à la maladresse d'un monnayeur ou à l'imitation frauduleuse d'un faussaire.
JEAN I*^. COSTI ou mieux COTI.
Nous avons émis l'opinion que les armoiries du denier n^ 14 de la PI. CII de Poey d^Avant pourraient bien être des alerions et un échiqueté. H. Roman y reconnaît les armoiries de la maison de Chftteaun«uf sans pouvoir indiquer comment et pourquoi elles se rencontrent sur une monnaie de Jean Coti.
447. I EPS TRCAT. Fleur de lis. li^. S lOHANNES B. Type des florins. Or. Florin. Musée de Marseille.
M. Laugier fait remarquer que le différent de ce florin n'est pas une tour, mais une sorte de fleur et de fruit disposés de façon à ce que Tensemble simule une tour ; les florins ordinaires portent bien distinctement une tour.
VALENCE (ÉvÊCHÉ de).
Il n'y a guère de monnaies féodales plus communes que celles des évéques de Valence. On les rencontre par centaines et même par milliers dans tous les dépôts monétaires de l'ancien royaume de Bourgogne, de l'un et de l'autre côté des Alpes. Elles avaient cours en Piémont; elles s'y trouvent fréquemment mêlées à cette monnaie portant la légende MARSAGON NA et que les numismatistes Italiens attribuent à tort, selon nous, à Marsanne, fief du comté de Forcalquier, dont le nom latin est Marsanna et non Marsagona.
Cependant, quelques communes que soient les monnaies de Valence, leur type primitif n'a point encore été complètement établi. L'erreur première vient de Duby, qui, n'ayant sous les yeux que des exemplaires très dégénérés, a fait dessiner une sorte d'édifice qui ressemble assez à notre n° 12, et une aigle à deux tètes qui est le dessin fantaisiste de notre n^ 44. Duby du reste n'a donné aucune description. Mais ses planches nous présentent une aigle à deux têtes, les ailes éployées, le col et les pattes couvert de plumes, et les yeux très nettement marqués. Il paraît du reste considérer que ce type est postérieur à celui de l'aigle impériale que l'on retrouve sur les monnaies des xiii" et xiv* siècles.
Loin de rectifier ces erreurs, Poey d'Avant, dans la Description de sa Collection estime que le type primitif est l'aigle à deux têtes et que les autres pièces n'en sont que la dégénérescence. Dans le 3® volume des Monnaies féodales^ il décrit sept variétés comme ayant toutes dans le champ une aigle à deux têtes; il en dessine trois et ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'il décrit sous le n" 4691, comme étant au môme type, une obole dont le dessin, PI. Cil, n** 20, représente une sorte de personnage de face, à grosse tête, accroupi, presque sans corps et aux extrémités démesurément longues.
Cette anomalie n'a pas échappé aux numismatistes du Dauphiné. M. Roman (1) décrit ainsi un denier lui appartenant.
(1) Bulletin de la Drdme. Tirage à part. Gap i8€8.
448. ^ VRBS VAL£NTIAC. Ange ailé deboat de face, sur plusieurs lignes ondulées^ peut être des nuages, la tête ceinte de rayons et tenant de là main gauche une croix à long manche. ^. ^ S APOLLINARIS. Croix recroisettée et terminée par des boules.
Argent. Denier. Poids i«.05.
Collection Roman et Musée de Vienne (Autriche). PI. XIX, n« 8.
Nous n'avons jamais rencontré ce type singulier. H. Roman n'en donne la description qu'avec un signe dubitatif et peut-être, sauf la croix à long manche, rentrerait-il dans l'une des dégénérescences du type que nous allons étudier.
M. Vallier avait déjà dans une lettre à M. de Longpérier (\) proposé l'interprétation de ce type bizarre. Il y avait reconnu non une aigle mais un ange.
M. Ludovic Vallentin de Montélimart, à deux reprises différentes (2), a contesté l'opinion de M. Roman. II discute le type de Valence au chérubin ou tout au moins son ancienneté.
Le doute ne nous parait pas possible aujourd'hui en présence des dessins que nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs pour suivre pas à pas la dégénérescence du type.
449. L'archétype est une forme accroupie vue de face, avec des ailes et les pieds en dehors.
Est-ce bien un chérubin comme dit M. Roman, un ange comme dit H. Vallier, un gnome, un démon. Notre PI. XIX, n® 9, donne le dessin de ce type primitif.
Nous ne reproduisons pas les légendes qui sont toujours identiques et avec l'O cruciforme dans S Apollinaris,
450. La tête est plus aplatie, l'ovale de la figure tend à disparaître.
PI. XIX, n*» 10. Collection E. Caron, c'est à peu près le n° 20, PI. Cil de Poey d'Avant; on a été jusqu'à dire que ce pourrait bien être un ours.
454 . L'ovale du visage a disparu, le haut de la tête est singulièrement accentué par deux traits qui semblent représenter les arcades sourcillières ; deux points indiquent les yeux; le nez est distinctement figuré d'une manière indépendante; un point indique la bouche. N*' 11.
(1) BuUetin de ricadémie Delphioale 4865.
(2) ObsenratioQS 1872. NouveUes observations, réponse à M. Roman 1873.
452. Le nez rejoint les deux traits supérieurs pour ne former qu'un seul tout. Les points qui représentent les deux yeux et la bouche subsistent. N® 12.
453. La figure à trois saillants, qui est la dégénérescence de la partie supérieure du visage et du nez, est superposée sur le corps aux ailes éployées, mais ne le rejoint pas encore. Les trois points qui figurent les deux veux et la bouche ont disparu. N^ 13.
454. La forme supérieure a rejoint le corps et simule un cou assez long avec deux parties saillantes qu'on peut très bien isolément prendre pour une double tête. N*^ 14. C'est cette dernière manière qui explique et excuse Terreur de Duby.
A ce type succéda celui avec l'aigle impériale à une tête regardant à droite. Il est imité de l'aigle qui se trouve sur les sceaux de l'empire et ce type est évidemment postérieur à la confirmation du droit monétaire octroyé par Frédéric II en 1238.
L'Qi cruciforme disparaît de la légende.