‹ Monnaies féodalesChapitre 235 sur 314 · BOMBES · texte numérisé non relu

BOMBES

On a souvent fait remarquer combien les anciens historiens de nos provinces avaient une propension marquée à reculer le monnayage particulier, non seulement des prélats et des abbayes, mais encore des seigneurs féodaux. Pour aucune province cette observation n'est plus juste que pour les Dombcs. Guichenon (2) raconte que les sires de Villars frappaient monnaie à Trévoux. Aubret (3) écrivait que les princes de Dombes avaient toujours eu le droit de battre monnaie en Dombes. Il y a, dit-il, des informations desquelles il parait qu'ils en ont fait battre dès l'an 1300. M. Sirand (4), arguant de la déclaration de Guichenon, voudrait faire remonter le monnayage à 1145, date qu'il assigne à tort au décès du dernier des sires de Villars. M. Mantellier (5) a relevé cette double erreur et fait observer que la première maison de Villars ne s'éteignit qu'en 1216 et la seconde qu'en 1415, et qu'ainsi la mention que Guichenon fait de la monnaie des sires de Villars ne reporterait pas le

(1) Revue Numismatique française i860, page 462. {%) Histoire de Bresse, part. 3*, page 214

(3) Privilèges du pays et de la souveraioeté de Dombes. Manuscrit de la bibliothèque de Trévoux.

(4) Monnaies inédites des Dombes, Bourg en Bresse 1848.

(5) Revue Numismatique française 1849, page 395.

moins du monde ce monnayage à la date minima de 4445. Hais il admet, sur le témoignage d'Aubret, que ce monnayage a pu commencer vers 4300, époque à laquelle Trévoux fut entourée de murailles et à laquelle les sires de Thoire et Villars, formant la deuxième maison de Yillars, ont pu, se dégageant de Fautorité affaiblie des empereurs dans ces contrées, usurper le droit de battre monnaie. En tous cas aucune espèce émanant des sires de Villars-Thoire ne nous est parvenue et c'est à tort que Poey d'Avant écrit que des titres mentionnent rétablissement d'uq atelier monétaire à Trévoux, en 4300. Quelque soit la valeur des assertions d'Aubret, que Ducange qualifie d'historiographe érudit^ il ne faut pas confondre ce qu'il n'appelle que des informations avec des titres qu'il n'eut pas manqué de publier.

Mais il est hors de doute que les seigneurs de Dombcs de la maison de Bourbon ont battu monnaie. Le fait est certain pour Jean P (1410-4434). Il résulte : 4"" De l'inventaire du trésor des Dombes, qui mentionne les mutations des monnaies et les poids et lois auxquels elles furent faites depuis le 46 juillet 1414 jusqu'en 4422 (1); 2** d'un acte de 1427 retrouvé par Guichenon dans les archives de Savoie, et ayant trait au différent survenu entre le duc de Savoie et Jean de Bourbon, au sujet du monnayage de Trévoux. Il n*est pas indifférent de remarquer que dans la réponse faite par la duchesse de Bourbon, pendant la captivité de son mari en Angleterre, elle invoquait les droits de ses prédécesseurs, les sires de Thoire et Villars, qui faisaient battre monnaie à Trévoux, où les coins, dit-elle, se voyaient encore.

Jean I" de Bourbon a donc frappé monnaie. Mais peut-on, avec une certaine vraisemblance, lui attribuer quelques monnaies distinctes de celles appartenant à Jean II, son successeur médiat à quelques années près (1459-1488), nous ne le croyons pas. Au contraire toutes les monnaies publiées jusqu'à présent nous semblent appartenir exclusivement à Jean II.

Ainsi, qu'on rapproche le blanc gravé par Poey d'Avant, PI. CXIV, n° 17, de celui de Charles VII, Hoffmann, PI. XXXIII, n^* 40 à 42; tous deux portent au droit un écusson à trois fleurs de lis dans un cercle à trois lobes et au revers la croix dans un cercle à quatre lobes. Or, cette monnaie royale, dite guenar, n'a été émise au nom du roi par le duc de Bourgogne qu'en 1435, c'est-à-dire après la mort de Jean P'. Rapprochons pareillement le n° 15 de Poey d'Avant du n** 47

(i) Cet inventaire fut dressé par ordre de M"« de Montpensier en 1664. ManteUier, notices sur 1 monnaie de Trévoux, p. 18.

de Charles VII, le nM8 du n"" 21 de Louis XI (1), Tobole n' 20 à la fleur de lis des types semblables de Charles VU et Louis XI. Le n"* 19 de Poev d'Avant, dessiné d*aprës M. Sirand, rappelle les monnaies de Louis XI par les trilobés qui entourent le champ au droit et au revers la croix de Saint-Michel . Restent les n"" 14 et 16; les deniers aux quatre fleurs de lis coupées par un lambel. Il n*y a pas de prototype royal; mais comme ce type est continué par Pierre, on ne peut Taltribuer qu'à Jean II.

Les monnaies de Jean P' qui en émit certainement, de son prédécesseur Louis II (1402-1410), de son successeur Charles (1434-1459), sont donc encore à retrouver. Jean II (1459-1482), au contraire, nous a fourni dans ces derniers temps la preuve d'un monnayage éclatant, remarquable à la fois par la beauté du type et la finesse de l'exécution. Le premier des seigneurs français et avant même la maison royale de France, il frappait sur or au type italien connu sous le nom de Teston, et que Louis XII devait le premier introduire sur ses monnaies d'argent.

544. * lOHES * DVX * BORBONU * TREVORCI t DNS- Tête du duc ceinte d'un bandeau perlé et terminé par une fleur de lis. Il porte au cou le collier de Saint-Michel. ^. DEXTERA * DNI * EXALTAVIT * ME A. Le duc tenant Tépée haute et montant un cheval caparaçonné aux armes de Bourbon. La fleur de lis qui coiffe le heaume ainsi que les jambes du cheval coupent la légende. La lettre A qui a déjà été observée sur les monnaies de billon paraît être un différent monétaire.

Or. Poids 3«.40. Teston

Cabinet de France. Collection Recamier.

PI. XXII, nM 7.

L'ordre de Saint-Michel ayant été établi le 1®' août 1469 et Jean II étant l'un des quinze chevaliers de la première promotion, cette monnaie ne peut être antérieure à cette date.

C'est donc à tort que Duby avait attribué à Jean P' la médaille suivante sur laquelle le duc de Bourbon porte également le cordon de Tordre de Saint-Michel .

Bien que cette pièce ne soit pas une monnaie, nous ne pouvons résister au désir de la comprendre dans notre travail pour la rapprocher de celle que nous avons publiée sous le n^ 1 , PI . XIl , pour Gaston de Foix , seigneur du Béarn (1436-1471).

(i) Les n<» 47 et SI sont e«ux de Touvrafe d'Hoffmann.

545. * 10 5 DVX * BORBONI ET ALVERNIE * TREVORCH * DNS. Le Ane

Jean debout portant le collier et le manteau de l'ordre de Saint-Michel, tenant son épée nue sur un champ semé de fleurs de lis avec une bande pour brisure. ^. * DS * NR * REFVGIN * ET ♦ VIRTVS * IN TRVLACOIBVS pour in TRiAVLAO'OwIBVS. Ecu de Bourbon au centre d'une croix formée par quatre flammes cantonnée de quatre fleurs de lis. Or. Poids 21HÎ.45.

Cabinet de France.

PI. XXII, nM 8.

La même en cuivre frappée avec le même coin. Collection Charvet.

546. « DEVS J IIOSTER î REFVGIV J ET î VIRTVS J III TBVLACIOIIIBVS. Même type que les précédents, i^. * IbENS i DVS : BORBOIU l ET î ALVERIIII t TREVOCI î DUS t . Même type que les précédents.

Cuivre doré. Cabinet de France.

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