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AUTUN

M. Gariel a cru pouvoir découvrir sur la monnaie ci-après, le nom de saint Andoche, l'un des patrons d'Autun, en lisant la légende du rebord de la pièce. Nous lui laissons toute la responsabilité de cette attribution.

560. * lANDIOICITlS dont il fait ANDOC ST ne considérant les l que comme des traits séparatifs et le D comme un D cursif. i^. * IIIIBCSD OVITII. Croix, la forme D est-elle un 0 renversé. Argent. Denier. Collection Gariel.

PI. XXIII, n^ 9.

Ce denier est peut-être le même que celui de Poey d'Avant, PI. CXXX, n** 7, celui-ci l'ayant dessiné d'après un exemplaire de M. Charvet et M. Gariel ayant acquis le sien de Charvet. Mais notre dessin, identique au précédent pour le revers, fournit au droit des caractères différents. M. Roman l'a dessiné avec la fidélité qu'on lui connaît, et en dehors de tout parti pris, sans connaître la lecture de M. Gariel, qui mérita tout au moins d'être soumise aux numismalistes.

Quant au revers, on pourrait tout au plus y lire les traces de QIVIT. Mais quelle cité ? Le problème reste entier avec un dessin un peu différent pour aider à le résoudre.

BOURGOGNE (dcghê).

La numismatique du duché de Bourgogne a fait de notables progrès depuis 1862, non pas tant au point de vue des découvertes de pièces inédites que par suite de la rectification des attributions.

On sait que Dijon n'a d*abord été qu'un castrum, lorsque Langres était le siège de la ville épiscopale et que les abbés de Saint-Etienne, de Dijon obtinrent en môme temps que le chapitre de Saint-Mammès, de Langres, le droit de battre monnaie.

On n'a pas encore retrouvé les produits du monnayage primitif de Dijon qui devait être au type carolingien. Mais l'atelier de l'abbaye a certainement fonctionné en même temps que celui des ducs et pendant les \f et xii® siècles.

Les premières monnaies que nous connaissons des ducs de la première maison de Bourgogne, Hugues V^ (1075-1078), Eudes P' (1078-1102), portent au revers la légende Divon Castro et leur type à la croix fichée est évidemment emprunté au même type venant de Langres.

C'est également de Langres que nous parait originaire le type adopté par les ducs à la fin du xii® siècle et dont le prototype est le denier de Langres publié par M. de Barthélémy (1), portant le nom de Saint-Mammès et dans le champ une double crosse, qui a engendré la figure désignée sous le nom d'annille. Or jusqu'à présent on avait attribué à Hugues V (1305-1315) les deniers dont le champ rappelle le plus la double crosse de Saint-Mammès.

M. Maxe Werly a démontré avec sa précision habituelle que ces deniers devaient appartenir à Hugues III, par l'étude de la trouvaille de Druy-l'Ëvêquc (Nièvre) (2), dont on ne peut faire descendre l'enfouissement plus loin que 1223, en étudiant le synchronisme des autres types. Or il s'y est rencontré seize deniers au nom de HVGO avec la double crosse, billettes, annelets et besants et aucune monnaie ne pouvait être classée entre 1223 et 1305, date de l'avènement de Hugues V. Il était donc impossible de maintenir ces deniers à ce duc.

La double crosse avec billettes a engendré l'annille, qui n'est autre que 1 1 réunion de quatre crosses adossées. Ce type est employé par Eudes III (Poey

(1) Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres 1878.

(2) Revue Numismatique française 1883, pages t^i et suivantes.

d'Avant, PI. CXXX, n*** 17 et 18); Hugues IV accoste cette annilie d'un besanl et d'une étoile. Sous le long règne de Robert II (1272-1305) Tannille se transforme en diverses combinaisons. Il n'y a plus là de doute à avoir, plus de princes homonymes et les deniers appartenant avec certitude à Robert II servent à classer les deniers aux mômes types de princes homonymes. Nous trouvons notamment lu lettre R initiale du nom de Robert, coupant par le milieu l'annille entre deax crosses doubles, ce qui se continue sous Hugues V avec le mot DVX entre deux doubles crosses. Ce dernier type ne peut être refusé à Hugues V, puisqu'il est continué par Eudes IV, son successeur.

Poey d'Avant a persisté à attribuer à Robert, duc de Bourgogne, le gros tournois au nom de ROBERTVS DVX. Ce gros appartient à Robert, duc de Bar. Il est vrai que, pour donner satisfaction à tout le monde, Poey d'Avant propose d'admettre que ce type a pu être employé par les deux ducs. Mais les ducs de Bourgogne ont toujours inscrit sur leurs légendes le nom de BVRGVNDIE. La circulation de leurs espèces était assez étendue pour qu'ils n'aient pas besoin d'avoir recours à une omission; au contraire Robert, duc de Bar, pouvait avoir intérêt à créer une confusion entre son numéraire et celui du duché de Bourgogne pour donner au sien une plus grande circulation.

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