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BLOIS

C'est dans le monnayage de cette ville que s'est accentué le plus fortement le type de la tête chinonaise et qu'on peut en suivre pas à pas la dégénérescence.

Depuis les premiers travaux de M. Cartier sur ce qu'on appelait alors les monnaies au type Chartrain, et les discussions nombreuses que cette appellation a provoquées, deux monnaies ont été publiées par la Revue de Numismatique, qui ne peuvent laisser aucun doute sur l'origine du type. Ce sont les suivantes :

108. Tête dégénérée. Devant une petite tête de loup et un annelet. i^. BLESIANIS CASTIO dans une bordure de grenetis. Billon. Denier.

(Revue Numismatique 1864, Page 332, Vignette). PI. V,nM1.

H. Grimoard de Longpérier, en publiant cette pièce si intéressante, fait observer qu'en langue celtique Blez veut dire loup, et que cette petite tête de loup fait allusion au nom de Blois.

409. Tête dégénérée. Devant un annelet. ^. BlESIANIS. Croix dans une bordure de grenetis.

Billoa. Denier.

(Revue Numismatique 1868, Page 135).

PI. V, iiM2.

M. Uucher, qui a publié cette pièce, fail r^.marquer la place qu'occupe dans la légende L dans Blesianis. Cette singularité rappelle la place de Tj dans Aurelianis sous les premiers Capétiens, comme nou^ venons déjà de l'observer au nM06.

Les pièces à la légende BLESIANIS se r^coatr^nt dans les trouvailles avec des Philippe I^, des Henri P^ Elles sont donc (Certainement du commencement du xi^ siècle et peut-être de la fin du x®. Elles font suite exactement aux deniers Turono-Chinonais dont elles copient la tête. Leur légende est celle des deniers Carlovingiens d'Eudes BLESIANIS.

Vient ensuite la légende BLESANIS que nous a révélée la trouvaille de Massaysur-Cher.

MO. Tête dégénérée. ^. BLESANIS CSTO. Croix. Billon. Denier.

(Bulletin des Antiquaires du Centre 1874).

Le trésor de Massay qui contenait soixante-quinze deniers et quatre oboles de cette variété, a été enfoui vers 1 1 60. (Voir sa composition sous l'article du Berry.)

Les légendes vont en s'altérant ; CASTRO devient CASTIO, CASTO, CATRO et même CATO. La forme grammaticale de BLESIANIS est devenue BLESANIS puis s'élide en BhESIS» BEISIS et même BESIS.

Elle est méconnaissable dans le denier que publie Poey d'Avant sous le n^'IôSO et qui porte BA3ISH3TISRO, bien qu'on y retrouve les lettres de BHESIS CASTRO, mais comme interverties à plaisir.

Quant au n'^ 1684 avec sa légende IHSCSVSTO, c'est le type Chinonais. Mais appartient-il bien à Blois? Poey d'Avant en était si peu certain qu'il reproduit la même pièce sous le n"" 4762, pour Vendôme. Peut-être n'appartient-elle à aucune de ces deux localités, mais à quelqu'autre inconnue jusqu'à présent et frappant au type chinonais ; peut être n'est-elle que l'œuvre d'un monnayeur plus malhabile encore que les autres.

H. Cartier nous a laissé, dans son commentaire sur la trouvaille de Beaugency, des indications précieuses pour le classement des monnaies de Blois. Cette trouvaille enfouie vers 4270, puisqu'elle ne contenait que quelques pièces de Philippe-le-Hardi, ne contenait pas de BhESIS avec t- et la croix simple. Les

pièces les plus usées et ayant le plus circulé portaient la légende BEISIS. Ce sont les plus anciennes de la trouvaille.

Puis la tête dégénère; les trois traits, qui simulent la bouche et le menton dans le type archaïque, disparaissent pour faire place à une fleur de lis, et il faut obsen^er avec soin la succession des types pour y reconnaître le profil de la tête humaine. Quelques-uns de ces deniers perdent même la rondeur de la tête. Le type devient carré comme à Chartres.

Ces pièces portent la légende BLESIS CASTRO avec une orthographe régulière. La croix y est cantonnée presque toujours d'un annelet et d'une fleur de lis. Ce sont les pièces les plus récentes de la trouvaille de Beaugency. Les deniers et les oboles de ce dernier type y étaient presque tous à fleur de coin.

M. Cartier les considère comme contemporaines de la trouvaille.

]\ous faisons connaître un très beau pied-fort de ce type.

HO bis. Tête simple sans bandelettes, trois besants dont un au centre, au-dessous une croisette entre deux basants, â. * BLESIS CASTRO. Croix cantonnée d'un besant au V^.

Billon. Poids 5».50.

Collection Gariel.

Pied-fort du denier, PI. XXXIII, n*' 3, de Poey d'Avant. PI. V,nM6.

L'examen de la trouvaille de Beaugency, si savamment commentée par M. Cartier, nous a suggéré l'observation suivante :

En 1218, lors de la mort de Thibault VI, les deux comtés de Blois et de Chartres furent séparés. Celui de Blois passa successivement à Marie puis à Marguerite, femme de Hugues de Châtillon.

Celui de Chartres fut possédé pendant ce même temps par deux femmes, Isabelle 1218-1249, et Mahaut 1249-1269 et ce ne fut qu'en 1269 que ces deux comtés furent réunis par Jean de Châtillon peu de temps avant l'époque de l'enfouissement.

Or, certains deniers de Blois de la trouvaille de Beaugency portent des fleurs de lis au droit et au revers ; aucun de ceux de Chartres n'a ce signe; ne faut-il pas en induire que ce sont les Ch&tillon qui l'ont introduit successivement à Blois, puis à Chartres, et que les deniers de Chartres, qui portent des fleurs de lis, sont postérieurs à 1269. Il est vrai que les fleurs de lis ne figurent pas aux armoiries de la famille de Châtillon. Hais elles ont pu être introduites lorsque Thibault

vendit au roi de France son droit d'hommage sur les comtés de Blois et de Chartres.

Ce Jean de Châtillon est le premier comte qai signa ses monnaies ; aucun exemplaire de ce monnayage ne figurait à la trouvaille de Beaugency. Il abandonna le type blésois pour adopter le type tournois; il n'en faut pas chercher d'autre raison, que la faveurdontjouissaitce dernier type.L'ordonnancedei262 le fit rentrer dans la légalité, et l'on retrouvera sans doute des pièces de Jean au type blésois. On l'avait même espéré un instant, mais on avait cru voir l'initiale I dans celle de Hugues b mal frappée. Remarquons en attendant que c'est par erreur que la description de Poey d'Avant donne lOANNES. Le dessin seul qui porte lObANNES est exact. C'est la légende que nous avons retrouvée sur les deniers de la trouvaille de Sierck.

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