PÉRIGORD
516. ^ ELIAS COMES- Croix. A. * PETRAGORIS- Dans le champ deux s et deux croisettes en croix.
Billon. Denier. Poids 0».89.
Musée départemental de la Dordogne.
PI. IX, n" 22.
Poey d'Avant a publié ce denier sur le dessin d'une publication illustrée. Il reconnaît lui-même qu'il est peu exact et que celui donné par .M. de Longpérier (Revue Numismatique Française 1859, 2^ fascicule) est préférable. Nous publions donc ce dernierdessin, qui reproduit le denier faisant autrefois partie de la collection de Mourcin et acquis depuis par le musée départemental de la Dordogne.
Il en existe un autre exemplaire de coin différent dans la collection de .M. de Chastaigner à Bordeaux.
Mous n'en avons pas rencontré d'autres. M. Galy les considère comme le produit d'une fabrication clandestine et usurpée. Elle était tout au moins contestée et considérée comme précaire par les consuls de la ville.
(1) BuUetia de la Société scient ilique historique et archéologique de la Corrèze. Brive. Tome IV.
xM. de Longpérier a altribué ce denier à Hélie V (1 166-1201). Poey d'Avant le revendique pour Hélie VI (1245-1261). IN'ous croyons que ce fut plutôt ce dernier comte qui a pu s'afTranchir de la participation municipale dans le monnayage et fi'apper à son nom.
L'abbé Laydet avait dépouillé les titres du trésor du roi à Pau, et publié d'excellents matériaux pour le numismatique du Périgord(l). M. de Gourgues(2) et Poey d'Avant les ont successivement utilisés et analysés. Nous n'y reviendrons que parce que M. l'abbé Laydet avait indiqué une lettre sans date, que d'après l'écriture, il plaçait sous le roi Jean et vers 1338. Cette lettre serait des raonnayeurs de Limoges, auxquels le comte se serait adressé pour faire des changements à sa monnaie. Poey d'Avant a vainement recherché cette pièce. Depuis la publication de son livre, les archives des Basses-Pyrénées ont été l'objet d'un classement méthodique et d'un catalogue analytique que M. Galy a reproduit dans le Bulletin de la Société du Périgord, pour les titres intéressant cette province (3). La pièce signalée par l'abbé Laydet ne s'y retrouve pas et celle qui s'en rapproche le plus est une lettre du prévôt de la monnaie de Limoges aux monnayeurs du serment de France concernant la fabrication de la monnaie du comte de Périgord (4). Vient ensuite une lettre de Pbilippe-le-Bel, au sénéchal de Périgord pour lui ordonner de faire une enquête sur le titre des monnaies frappées par le comte de Périgord. Ces deux actes sont classés entre 1 290 et 1297, et ne peuvent s'appliquer à Hélie VI, mort en 1261.
Il est donc certain par ces actes, qu'Archambaud III (1261-1293) a battu monnaie. Il en a été de même d'Hélie VII (1295-1311), ainsi qu'il résulte du bail de la monnaie fait par lui, en 1306, à Banquolo Hugolin et à Lopez Arniguo et d'Archambaud IV (1311-1336), auquel furent adressées, en 1312, des lettres de la Chambre des Comptes de Paris, sur le cours de sa monnaie (3). Il reste donc bien des lacunes à combler dans la série Périgourdine.