‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 149 sur 262 · COMTÉ DE PROVENCE · texte numérisé non relu

COMTÉ DE PROVENCE

La plus ancienne monnaie de la maison de Barcelone est celle que Poev d'Avant décrit ainsi RGX ARAGONG. Tète de face très informe. M. Blancard la rectifie de la manière suivante ;

345. RGX ARAGONG. Mitre, il. PROVINCIA. Croix coupant la légende. PL \V,n"l.

Comme on le voit d'après notre dessin, ce que l'on appelait une tète treinforme est plutôt une mitre; la légende rex aragone, commence au-dessus de cette mitre, tandis que de la manière dont la pièce est présentée par Poey d'.\vant, la légende commence en bas, ce qui serait sans exemple en Provence. Mais -M. Blancard ne se contente pas de ces raisons matérielles.

il fait remonter à 1 177 la fabrication de cette monnaie. Elle résulte d'un acte passé entre Raymond de Bolléne, archevêque d'Arles, et Raymond Béranger IV, comte de Provence et frère du roi Alfonse d'Aragon (1). La mitre est le signe de la participation de l'archevêque, que nous apprécierons plus longuement à l'article d'Arles.

Cette association cessa en 1 185, et le roi et l'archevêque firent battre monnaie chacun de leur côté. En Provence, on fabriqua le royal coronat à la tête de profil

{\) Blancarl, pages 168 et 169.

(i) Blancard, page 149. Archives des Bouches-du-Rhône Livre Noir, f» 41

et aux mêmes légendes rex aragon et au re\er^ provincia. Papou rapporte, sous la date de 1 184. une charte où ces deniers sont désij,'nés sous le nom de Novonim Rprjalium Coronatonim. Mais M. Blancard la rejette à 1186, et fixe la première mention de ces monnaies au 19 février 1186. (.Nouveau style).

Ces deniers se fabriquaient à Marseille et portaient aussi le nom de Regalium Mnssilie Coronatorum (1). L'identité de ces deux termes résulte d'un acte de novembre 1203, dans lequel Bancelin, vicomte de Marseille, signe une obligation de XXV MS regalium; il reconnaît que le prêteur avait antérieurement leraboursé pour lui XII MS regalium coronatorum et lui remet les XIII MS Vtiiiàni predicte monete [i).

Ce royal coronat fut continué et confirmé par Ildefonse II en 1202, et accepté par Raymond VII, comte de Toulouse, quand il oittint en 1230 la seigneurie de Marseille.

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