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ORANGE

Les comtes et princes d'Orange sont incontestablement ceux qui ont le plus usé et abusé du droit, que s'arrogeaient les seigneurs du moyen âge, de copier les espèces de leurs voisins. Il n'y a guère de type, ayant quelque vogue, qu'ils n'aient imité. Les vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis la publication de l'œuvre de Poey d'Avant ont fait découvrir de nouveaux plagiats et apporté de nouvelles preuves à cette assertion de noti'e prédécesseur.

414. ^ PRINSePS AR. Rose à six pétales. ï^. * BCÂTe MÂRIC. Croix formée par quatre pétales.

Argent. Denier. Poids 1^.42. Unique.

Collection Charvet et depuis Musée de Marseille. PI. XVIII, n°1.

Ce denier, dont le type est imité de celui du Puy, n'était connu que par le dessin très imparfait de Duby, qui, au lieu de la croix à six pétales, a fait dessiner une sorte de Heur de lis double ressemblant assez à un papillon. Mais il avait évidemment sous les yeux un exemplaire, dont les légendes étaient bien conservées, à en juger par la forme des A et des G et l'emploi de la lettre S au lieu du C dans Prinseps.

Le métal et le poids de ce denier nous paraissent un peu insolites surtout en présence du numéro suivant, qui reproduit le même type en billon avec un poids moindre de plus de moitié. MM. Caitier et Duclialais en contestaient l'existence,

mais ils auraient élé forcés de s'incliner devant la découverte de cet exemplaire d'une conservation hors ligne, et du suivant.

415. ^ AVRÂC Rose à six pétales. ^. Un petit cornel AVRAC. Croix formée par quatre pétales.

Billon. Poids 0=.60. Type des monnaies du Piiy.

(Vallier. Revue Xtimismatique belrje 1875, PL I, n" 1). PI. XVIII, n° 2.

Le musée de Clermont expose un certain nombre de pièces de ce type classées aux princes d'Orange, mais il ne nous a pas élé possible d'en vérifier les légendes.

41 G. ^ PRINCePS. Heaume surmonté d'un cornet, il. iî< AVR....e. Croix paltée cantonnée d'un R au !"■ et dont le bas coupe la légende. Billon noir. Poids 0-'.6o.

(Vallier. Revue Numismatique belrje 1875, PI. I, n" S). PI. XYIII, n"3.

417. ^ P AVRÂSIEN. Croix, r. PTHOMÂRTIR. Main bénissante. Billon. Denier fracturé. Unique. Collection Gariel.

(Annales de Numismatique 1878. Trouvaille de Sierck). PJ. XVIII, n°4.

Ce denier est la copie du type si répandu des estevenants de Besançon. D'après la composition de la trouvaille enfouie vers 1328, il circulait encore au commencement du \i\^ siècle et avait sans doute été émis par imitation de la monnaie d'Arles au même type, qui s'est rencontrée dans la même trouvaille.

Lorsque la principauté d'Orange passa de la maison d'Adhéraar dans celle de Baux, elle n'y passa pas toute entière. Tiburge III, en 1 180, et Rambaud V, avaient légué leurs biens aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui se trouvaient ainsi propriétaires de la moitié de la principauté, conjointement avec Bertrand II de Baux, qui ne recueillit que la part de Tiburge II.

Xous trouvons un acte public ainsi intitulé : In nomine Domini, anno incarnationis ejusdem 1242 et XII Kalend junii, régnante Frederico, Romanorum imperatore, domino Raymundo de Bautio, Arausiœ principe, domino Amico preceptore, tenente domum Hospitali in Arausia.

M. Bastet va jusqu'à dire (1) que le commandeur avait le droit de battre

(I) Histoire d'Orange, page 48.

monnaie avant cours dans toute la Provence. De Thon (I) avait écrit qu'il y avait des monnaies portant d'un côté les armes des princes d'Orange et sur le revers la croix des Hospitaliers.

Nous ne pensons pas que les chevaliers aient jamais fait battre monnaie dans la principauté d'Orange. Aucune ne nous paraît leur appartenir en propre, et à l'époque où parurent le type du heaume imité de la tiare papale et le dilTérent du casque sur les florins, la principauté toute entière avait retour à la maison de Baux. Mais tant que les chevaliers de Saint-Jean furent co-propriétaires de la principauté, ils devaient avoir droit à une part proporlionnelle dans les bénéfices du monnayage.

RAYMOND ni. 1335—1340.

H est difficile, dit Poey d'Avant, de classer avec certitude à Raymond NI ou à Raymond IV les pièces portant le nom de RAIMVNDVS. Il les décrit toutes en liloc en ajoutant que la plupart appartiennent à Raymond IV qui a régné 53 ans, tandis que Raymond III n'a régné que 5 ans. Il nous semble cependant que certains deniers peuvent être revendiqués pour Raymond Ilf, notamment celui-ci.

418. ^ RAM SD6. Dans le champ BÂV sous une couronne crénelée.

T ^. aurAPRl.... Croix pattée, cantonnée au 2" d'un cornet. Billon. Obole. Musée de Marseille.

(Laugier. Revue Numismatiijue behje 1876, PL XVIII, n° 10). PI. XVIII, n" 5.

Ce denier, ainsi que ceux qui portent dans le champ RA, sont imités des deniers de Robert, comte de Provence, poi'tant dans le champ ROB. Robert est le

T seul comte de Provence qui ait frappé à ce type. Il régna de 1309 à 1343, et Raymond III de 1335 ù 1340. Il paraît rationnel de lui attribuer ces deniers plutôt qu'à Raymond IV.

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