RAYMOND IV
L'attribution à ce prince, à l'exclusion de Raymond III, est certaine pour un certain nombre depièces. Elle repose sur l'apparition des prototypes qu'ilaimités. .\insi les francs à pied, les gros avec R dans le champ sous une couronne, et la
(I) Histoire de Provence, livre 31.
légende DEI GRACIA sont postérieurs à 1363, étant imités des monnaies au même type qui ont été émises par Charles V. Il en est de même du denier qui porlr dans le champ un écu penché sous un heaume, n" 42i. Il est vraisemhiabie que les pièces imitées des types aquitaniques d'Edouard III, Poey d'Avant, PI. XCVIl, n"" 14 et 13, appartiennent également à Raymond IV. Il y a certitude pour le llorin suivant.
419. S lOhANNES B. Saint-Jean tenant une large fleur qui parait servir de dilTérent et en occupe la place, il. -î" 3 R S DE 5 BÂVTIO 5 Dl 5 GRS i P S ÂVRÂ ï Dans le champ, écusson chargé d'un cornet dans un cercle à huit lobes.
Or. Florin. Poids 2?.90. Unique.
Collection Gariel, provenant de la vente Dassy. PI. XVIII, n° 7.
Les florins à la fleur de lis au type primitif pèsent tous de 3°. 40 à 3^.30. Il est probable que Raymond cessa de les émettre, lorsque le roi de France en cessa le monnayage en Dauphiné, en 1369. .\lors apparut ce nouveau type plus soigné dans son style, plus large comme module, mais en réalité plus léger de poids.
420. ^ RA<I2VI?D\/S DGI GRA PRR AVRA. Type ordinaire des francs à pied, le champ semé de cornets, a. XPC VIPCIT XPC REGPÂT XPC INPERAT Croix feuillue cantonnée de deux cornets et de deux boucliers.
Or. Franc à pied. Musée de Marseille. Collection Caron.
(Laugier. Revue Xumismatique belge 1876, PL XVI II, n" 9). PI. XVIII, n" 6.
M. Laugier fait remarquer que les angles rentrants formés par les arcs du cercle sont aussi occupés par de petits cornets, le tout pour simuler des fleurs de lis. Mais il hésite sur la nature des petits objets qu'il indique comme des boucliers.
Une observation attentive des francs à pied fera découvrir qu'un certain nombre ont le champ semé de cornets et non de fleurs de lis ou de trèfles.
Il aurait été également frappé à Orange, des francs à cheval qui n'ont point encore été retrouvés (1.
421. * R D BAVTIO PRI AVR . Croix feuillue, r. AVG S MAGOGienÂ. Buste de femme couronné de face ou un peu de 3/4.
(1) De Saulcy. Documents monétaires. Tome 1", page "3.
Argent. Denier. Poids 1^.10.
(Vallier. Revue Nwnismatique hcUje i87o, PI. I, 7i° 3). PI. XVIII, n" 8.
Imitation de la monnaie de Die.
Cette légende avec l'invocation de Sainte-Madeleine vient s'ajouter à celles que nous connaissions déjà pour ce prince, telles que : Ave Maria, S. Caterin de Auraica, S. Horentius. C'est un groupe de légendes religieuses, dans lequel nous n'hésitons pas à comprendre la légende Aletina. (Poey d'Avant, PI. XCVIII, n" 11). On a fait de vains efforts pour trouver des personnages historiques auxquels les deniers portant les noms de Caterina et d'Aletina puissent être attribués, sans se mettre en contradiction avec le style de la monnaie, et l'on n'a pu arriver qu'à des présomptions plus ou moins ingénieuses.
Saint Florent était en grande vénération à Orange, particulièrement auprès du comte Raymond qui mettait sur sa monnaie sou nom et son effigie ; il était le propre frère de la comtesse Alataïs, ainsi que nous l'apprend l'épitaphe de cette dernière : III idus octobris (900) obiit Alataïs , Arausica comitissima , soi'or saiicti Florentii. Ce titre de comitissima, ce substantif porté au superlatif montre que le rôle de la comtesse Alataïs n'avait point été ordinaire. Raymond IV, faisant dans son long règne appel aux souvenirs de sa petite principauté, a mis sur ses monnaies les noms et les effigies du frère et de la sœur, Saint Florent et Alataïs. Nous venons de voir qu'il reproduit le même type avec l'invocation de Sainte Madeleine Ave S. Madelena. Pourquoi ne point admettre qu'il ait aussi invoqué Sainte Catherine.
'i-22. Cornet A R/R cornet DVS cornet DEI cornet GRA. Croix pattée cantonnée de deux cornets aux 2" et 3^ ^. Dans le champ PRIT? en deux lignes et en légende GgPS AVRA trois cornets.
Billon. Denier.
(Charvet, pièces rares de sa collection. Revue Numismatique belge.