‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 180 sur 262 · GAP · texte numérisé non relu

GAP

476. >i< S b EPISCOPVS. Tête barbue à i,'auchc, à l'instar des deniers de Saint-Maurice-de-Vienne. ^. *^ VAPINCENSIS. Croix cantonnée de quatre licsants.

Billon. Denier. Poids 0?.80.

(Laugier. Revue Numistnatique française 1866, Page 353). PI.XX, n°9.

Ce denier a déjà été publié, mais il a été mal lu S. I. et mal expliqué. M. Laugier a vu très distinctement S. b. et cette lecture est confirmée par l'exemplaire très bien conservé de la collection Roman. Ces deux lettres S. b. tendent évidemment à imiter les lettres initiales S. M. des deniers de Saint- Maurice-de-Vienne, dont le denier de Gap copie la tète. M. Laugier les explique ainsi. Hugues était évèque de Gap en 1213. Il emprunta la lettre S à son saint patron. Saint Hugues, évèque de Grenoble, mort en 1132, pour imiter plus complètement la légende S M VIENNA qui avait un cours si répandu.

177. 'i'° Gc/>PiqOPV(/î. Tête à gauche. ^. >if VAPITENc/iIS. Croix cantonnée de quatre besants.

Billon. Denier. Collection Roman.

PI. XX, n° 10.

Poey d'Avant, en publiant cette pièce d'après la Revue du Dauphiné, estimait à tort que la légende Vapitensis avait clé mal lue.

MONTÉLIMÂRT.

Il y a lieu de remanier de fond eu comble la numismaticpu' de cette seigneurie et de refaire l'exposé historique (pii doit précéder et élucider la

description des monnaies. Notre honorable prédécesseur confessait du reste qu'il avait manrpié des éléments nécessaires pour établir la formation de la seigneurie de Montélimarl et la liste de ses possesseurs. Il remarquait, avec un certain embarras, que les deux seigneurs, auxquels il attribuait les monnaies publiées par lui, auraient vécu dans le même temps et qu'au moment où l'empereur Charles IV avait donné en 1346 à Gaucher Adhémar, vicomte de Grignan, le droit de frapper des monnaies d'or et d'argent, c'était un Hugues Adhémar qui de 134i à I3()9 était seigneur de Montélimai'l.

M. de Longpérier a fourni à M. Carpentin(l) le moyen de concilier ces dates, en lui signalant que la seigneurie de Montélimart, comme celle d'Orange, comme beaucoup d'autres dans le Midi de la France (Béziers, Narbonne), était possédée en pariage par plusieurs membres de la même famille. Il lui indiquait en outre que les armes de la branche aînée (barons de Grignan) étaient d'or à trois bandes d'azur et que c'était une branche cadette, celle des barons de la Garde, qui portail d'or à trois croix clechées. Or cette croix, connue en numismatique sous le nom de croix Tolosane, se retrouve sur presque toutes les monnaies connues, soit au commencement de la légende, soit dans le cantonnement de la croix. M. Carpentin, dans le même article, avait donné d'après Pithon Curt (2) la nomenclature d'un certain nombre d'actes qui, sans établir l'avènement ou le décès de ces seigneurs, précisaient néanmoins quelques dates. Pithon Curt avait puisé ses renseignements dans le chartrier des Adhémar. Ils ne sont pas toujours concordants avec ceux du Cartalaire tmoiicipal de Montélimart (3). 11 a été en outre publié sur l'histoire de ce pays divers travaux, que nous signalons aux numismatisles qui voudraieni pousser leurs recherches plus loin que nous (4).

La maison d'Adhémar fut assurément une des plus anciennes de la Provence. Une de ses branches s'établit et domina à Orange; nous retrouvons son nom patronymique dans celui de Gérald Adhémar, comte d'Orange. Il n'y a pas lieu

(1) Revue Numismatique française 1X1)3. pages 3ll.j et suivantes.

(2) Histoire de la noblesse du Comtit Venaissin, d'Avignon et de la principauté d'Orange, dressée sur les preuves l'.'jO. Tome IV.

(3) Cartulaire municipal de Montélimart publié d'après les documents originau.v, par l'abbé C. V. J . Chevalier. Montélimart 1871.

(i) L'abbé Nadal. Essai sur les Adhémar. Valence IS^'iS.

L'arrondissement de .Montélimart. par Lacroix, archiviste. Tomes IV, V et VI 1874-1877-1882.

Histoire de Montélimart. par .M. de fioston. Tome !"• 1878.

Nous n'avons pas trouvé à la Bibliothèque nationale les ouvrages de M.VI. Nadal et de Coston,

de nous occuper ici de cette branche, non plus que des nombreux rameaux que Ja tige principale jeta dans le Dauphiné, dans le Forez et en Albigeois, mais seulement de celles qui furent copropriétaires de la seigneurie de Monteil. Ces liranches sont au nombre de deux et peut-être de trois.

L'auteur commun est Giraud Adh^'uiar mort avant 1095. Il eut quatre fils qui sf croisèrent sous l'inspiration de leur oncle Adhémar, évêque du Puy. Deux Lambert Adbémar et Giraudonet Adhémar furent tués au siège de Jérusalem (1 099) sans laisser d'enfants. Les deux autres, Giraud Adhémar et GJraudet Adhémar conservèrent en commun la seigneurie de Monteil et se partagèrent les autres seigneuries de leur maison. L'aîné fut la tige des barons de Grignan, le cadet des seigneurs de la Garde.

Nous verrons plus loin qu'il est très douteux que les seigneurs de Grignan ;iieut jamais eu le droit de battre monnaie et rien ne porte à croire jusqu'à présent (|u'ils l'aient usurpé. Aucune monnaie ue peut leur être attribuée avec certitude. 11 nous parait superflu d'en donner la liste, puisque, même avec les documents récemment publiés, il est impossible de fixer les dates de leur avènement et de leur décès. Ils portent tous le nom de Giraud Adhémar, sauf un Aymar .4dhémar qui serait mort en 1273, et un Guillaume Adhémar qui lui aurait succédé.

Il est moins diiïïcile de se reconnaître dans la généalogie des seigneurs de la (iarde et comme ceux-ci ont certainement battu monnaie, nous en donnons la liste en notant les actes auxquels ils ont assisté et en relatant ceux où ils concoururent en qualité de coseigneurs de Monteil.

GiRAUDET Adhémar, troisième fils de Giraud Adhémar I" du nom, reçoit dans le partage qu'il fil avec ses frères, le 26 décembre 1095, la moitié de Monteil et la seigneurie de la Garde.

(tUILLau.me-Hugues .\dhém.\r, présent à un acte de 1140 et h la charte du 22 février 11(11 (1).

Lambert Adhémar, signataire en 1198 (2) de la charte de franchise de la ville de Monlélimarl.

(l)',Nos Guilelmus Hugo Adhemari de Montilii et Giraudus Adhemari de Montilii, fratres. domini parerii et in solidum urbis .Montilii Adiiemarii, filii Giraudeti Adhemari! et Alisiœ de Polignac. Ils sont qualifiés frères et selon les anciens généalogistes ne seraient que cousins. [i] Ego Giraudus Aimeri et ego Lambertus Aimeri, nos duo domini Montilii Adhemarii. Pithon Curl

Hi'GUES Adhémar I" fait son lestaniont en 1268.

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