L.VMBERT Adhémar II; actes en <27I et
Hugues Adhfmar II; actes en 1292 et 1304.
Hugues Adhémar III; acte en 1335; il eut trois fils, qui sont :
Lambert Adhémar III.
(lAUCHER Adhémar, liénéficiaire de la charte de 1336, dont nous parierons
plus loin, institua pour son héritier son neveu
Hugues, le 9 novembre 1360.
HuGOXET Adhémar légua ses biens à son frère Gaucher, le 17 avril 1330. Hugues Adhémar IV, fils de Lambert III, liéritier de son père et de ses oncles
et décédé avant 1372.
Lambert Adhémar IV, décédé vers 1424.
Nous avons dit qu'une troisième liranche de la famill.' d'Adliéinar était peutêtre aussi copropriétaire de Montéiimart avec les branches de Grignan et de la Garde. Ce serait une branche de Rochemaure. >'ous retrouvons en effet dans les actes publiés par M. Chevallier, qu'en 1340 Giraud Adhémar avait vendu au pape tertiam partem trium partium du château de Monteil. En 1341 , un Giraud Adhémar, seigneur de Monteil, du diocèse de Valence, et Giraud Adhémar, seigneur de Grignan, du diocèse de Die, font entre eux un échange et faute de paiement, il est délivré, en 1344, un exécutoire contre le même Giraud Adhémar, qualifié cette fois de seigneur de Monteil et de Rochemaure, au profit de Giraud Adhémar, seigneur de Grignan. Or à cette même époque le seigneur de la Garde, copropriétaire de Monteil, était Lambert Adhémar III. En 1332 et 1334 nous trouvons trois actes, l'un au nom de Gaucher Adhémar, seigneur de Monteil (de la branche de la Garde), l'autre de Giraud, seigneur de Monteil, et le troisième de Giraud Adhémar, seigneur de Grignan, domini Graijnhahi et de Alplbus. Rien n'établit que cette troisième branche ait battu monnaie.
Examinons maintenant les concessions monétaires dont on a jusqu'à présent gratifié les seigneurs de Montéiimart.
La première serait du 22 avi-il 1 1 64 et aurait été octroyée à Giraud Adhémar IV,
dit que ceUe charte gravée sur cuivre était enchâssée dans un mur de la maison commune de Monteil Elle existe encore sur marbre à la mairie.
En 1201. Hugues Adhémar, seigneur indivis de Monteil, baron de la Garde, et Giraud Adhémar, seigneur indivis de Monteil, baron de Rochemaure, confirment les libertés données par leurs pères Lambert et Giraud.
selon les uns, par Frédéric Barberousse, selon les autres, par Raymond Béranger, comte de Provt-nce. Pithon Curt avait déjà écrit que c'était à tort que Noslradamus. dans son histoire do Provence, avait prétendu que Giraud avait fait hommage au comte de Provence. Le même Pithon Curt ne parle pas du droit de monnayage qui, selon Longuerue (1), aurait été maintenu à Giraud IV. Poey d'Avant n'en a pas moins répété que le jeune comte Raymond Béranger avait conservé en 1 16i, àGiraud AdhéraarlV, le droit de battre monnaie, ce qui impliquait une concession antérieure.
Une pareille incertitude dit assez quelle foi on doit ajouter à cette charte. Il n'y est d'ailleurs question que des seigneuries et des privilèges de la maison de Monteil et nullement des droits monétaires.
La deuxième concession, telle qu'elle a été présentée jusqu'à présent, soulève encore plus de discussions. Les auteurs se sont succédés et se sont copiés sans prendre la peine de vérifier les assertions de leur prédécesseur. Poey d'Avant nous dit que d'après Fauris de Saint-Vincent, cité par Duby, l'empereur Charles IV permit en 1346 à Gaucher Adhémar, vicomte de Grignan, de fainbattre monnaie d'or et d'argent. Fauris de Saint-Vincent invoque le témoignage de Pithon Curt. Mais il a ajouté de son autorité privée au nom de Gaucher Adhémar le litre de vicomte de Grignan, dont ne parie pas Pithon Curt, dont ne parle pas l'ordonnance. C'était évidemment une flatterie à l'endroit d'Adhémar de Monteil, vicomte de Grignan, qui était alors gouverneur de la Provence. Car ainsi que nous l'avons vu. Gaucher Adhémar n'était ni vicomte, ni seigneur de Grignan; il était de la branche cadette, de la branche de la Garde.
Une autre inexactitude aussi grave, c'est la date de 1340 . En effet la charte de Charles IV est ainsi conçue. Sane nohilis Gaucherius Ademari de Montilio, noster et imperii sacri fidelis dilectus, humiliter supplicavit ut nonnulla jura ac certa pedagia infra scripta ratificare, innovare, de novo concedere, et confirmant digneiemur.
Dalum métis à D millesimo trecentisimo quinquagesirao .sexto, regnorum nostrorum anno undecimo, imperii vero secundo. Cette charte est donc de 1336, elle est trois fois datée, de l'ère chrétienne, de l'avènement de Charles IV au royaume de Bohême (1346), de son avènement à l'empire (13oo). M. l'abbé Chevalier indique trois copies de cette bulle, dont une à la bibliothèque de Carpentras portant la date de 1346. M. Barrés, le savant bibliothécaire de cette
(1) Géographie de la France. Partie 1", page 37-5.
ville, consulté par nous, a hien voulu nous écrire que c'était une fausse indication et que cette copie était identique aux deux autres. La date de !3o6 est donc acquise. C'était du reste l'année des grandes conférences de Metz, où Gaucher Adhémar et son frère l'évêque de Metz jouèrent un grand rôle. On comprend que Charles IV les ait récompensés de ces services par la confirmation de leurs privilèges. Mais cependant cette charte ne parle pas du droit de hattre monnaie. En existe-t-il une autre ? Toutes nos recherches pour la retrouver ont été vaines. Le seigneur de Montélimarl a-t-il donné une plus large signification à ces privilèges? Comme l'écrit M. de Coston (I), a-t-il suivi l'exemple du dauphin .Guignes qui, le 7 février 1327, déclara que pour son honneur et celui du Dauphiné il convenait de procéder à la fabrication des florins d'or. Ce qu'il v a de certain, c'est que Gaucher Adhémar frappa monnaie d'or et d'argent et que c'est la branche cadette seule, celle de la Garde, qui parait avoir battu monnaie. .\près cet exposé historique , nous commencerons par donner la description des monnaies non indiquées par Poey d'Avant ou imparfaitement connues et nous essayerons ensuite de faire la classification de tout le monnayage de Monleil Adhémar.
478. S^S DOMINVS S DE. Dans le champ MO NT on deux lignes. R. l^S D05PJNVS S JIÎONTILII. Croix cantonnée aux!" et 4^ d'une croisette évidée et dont les branches se terminent par un point, c'est évidemment la croix cléchée, dite Tolosane.
Billon. Double denier. Poids l».30.
(Vallier. Revue Numismatique helye 1877, PI. VI, n° 5). PI. XX, n" II.
479. %^l GAVCbeRI ADSlVlARl. Croix cantonnée aux I" et 4'' de deux croisetles cléchées. r. ^ DGI 3 GRA 3 DOMlNVS. Et dans le champ MO NT en deux lignes.
Billon. Denier. Collection Roman.
PI. XX. nM2.
Poey d'Avant, sur le dessin de la même pièce, n'a que furt mal indiqué les croix cléchées qui ont une importance capitale, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
480. S-î-S bVGO S ADEMARII. Dans le champ MO NT en deux lignes.
(\) Histoire de Montélimart.
lî. * DOMINVS MOKTILII. Croiv cantonnée aux 1" et 4" de deux croisi-ttos cléchées.
Billon. Double denier. Poids 1^.
[Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PL XXI, if 5).
PI.XX, n^'ia.
La même pièce existe avec le cantonnement de la croix aux 2" et 3°.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PI. XXI, n" 61
481. Croix cléchéo remplaçant la croisette 3 bV S GO' ÂDEMÂR o II. Grande couronne Heurdelisée coupant la légende pai- ses deux extrémités, sous la couronne sex . i^ . 'i' DOMIRVIS " M°ORTlLLI . Croix cantonnée de quatre lis.
Argent. Double. Poids \«.30.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PI. XXI, n° 1). PI. XX, n" 14.
482. ^ bVGORVS ô ADEMARII. Grande couronne fleurdelisée coupant la légende, dessous SSX. i^. Croix cléchée 5 DOSTÎIRVS DE MORTILI 3. Croix cantonnée de quatre lis.
Argent. Double. Poids 1^.1 5.
(Carjientin. Revue Numismatique française 1863, PI. XXI, n" S). PI. XX, n»'15.
483. S^S bVGOnVS S ÂDEMARII S. Couronne fleurdelisée, le lis du milieu remplacé par la croix cléchée, dessous SSX. ^. «î* DOJI?mvS DE 5 MOniILlI. Croix cantonnée de quatre croisettes cléchées.
Argent. Double. Poids 1^.1 S.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PI. XXI, n" 3). PI. XX,nM6.
484. *** bVGORV ADJPA **. Le prince couronné d'un cbapel de roses, assis sur un siège orné de deux ligures de lion, tenant de la main droite une croix cléchée et de la gauche un sceptre. ^. 5P0n ET'SI? 0T2TI LLII. Croix évidée coupant la légende et cantonnée de quatre croisettes cléchées.
Argent. Carlin. Poids 1».ol. Collection Lecamus. Dessin de M. de Longpérier.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, PI- XXI, n" 10). PI. XX,n"17.
485. ° bVGORVS • ADEîT^ArII . Casque surmonté d'une croisette cléchée formant le point de départ de la légende et dessous bVG. â. 5'î'î DOÎRinvS s DE MOT?TIbI. Croix cantonnée aux I" et 4' d'une croisette cléchée, aux 2'' et 3* d'un casque.
.4rgent. Double. Poids H. 25.
(Carpentin. Revue Numismatique française 1863, Pi. XXI, n° 4). PI. XX, n-'IS.
Cette monnaie est la copie exacte de celle d'Urbain V (1362-1370), qui se rencontrait en si grand nombre dans la trouvaille étudiée par M. Carpentin. Rien n'y manque, le casque pour simuler la mitre au droit et au revers et les lettres bVG disposées pour imiter les lettres PVP, que M. Carpentin a observées sur les six cents exemplaires de la trouvaille.
486. Enfin il existerait dans la collection de M. Vallentin, de Montélimart (1). une monnaie qui nous est signalée par M. Roman et qui porterait selon ses souvenirs le nom d'Hugues Adhémar et la légende Moneta de Garda.
Inutile de dire combien cette monnaie portant le nom et sans doute la cioi\ cléchée de la liranche cadette, serait importante à étudier.
En l'état de nos connaissances, la numismatique de Montélimart consiste dans le tlorin d'or et quatre types en argent ou biilon : Le double à la légende bilinéaire MONT. Le double coronat à la légende SfiX dans le champ. Le carlin.
Et le double au casque.
Les llorins sont d'une assez grande rareté. Il en existe un au cabinet de France, deux dans la collection A'allentin, un dans chacune des collections Morin , Planta et Roniun. Les différents de ces florins sont d'après .M. Vallentin un casque, un treillis en forme de casque, une couronne au-dessus d'une espèce dr casque. La variété de ces ditïérents indique une fabrication assez active. Un autre exemplaire est signalé dans une trouvaille faite au Puy :2), mais le ditTérent n'est pas indiqué.
Le type le plus ancien des monnaies de biilon est celui à la légende bilinéaire MONT imité visiblement du double denier avec PlilE, émis en Provence par
(1) On annonce que M. Vallentin va incessamment publier les monnaies dauphinoises inédites de sa collection.
(2) Annuaire de la Société française de >'umismatique 1867, page 338.
Robert et par Jeanne (1309-1382). >'ous en trouvons d'abord une pièce anonyme portant d'un côté lo titre de Dominus MONT dans le champ, et de l'autre également Dominus MontUù avec la croix cantonnée des croisettes ciécbées, armoiries de la branche de la Garde. (Voir n" 478). On serait tenté d'en faire le monnayage commun des deux brandies des Adhémar, qui possédaient indivisément Montélimart, si l'on pouvait établir que la branche aînée a eu ou a usurpé le droit de battre monnaie. Nous retrouvons ce même type au nom de Gaucher Adhémar et d'un Hugues Adhémar. Pour toutes les monnaies au nom de Gaucher Adhémar, il ne peut y avoir de doute. Un seul Adhémar a porté le prénom de Gaucher. C'est, ainsi que l'avons vu dans la généalogie, le deuxième fils d'Hugues Adhémar III, qui, après avoir hérité de son frère Hugonet,par donation du 17 avril 1350, légua lui-même tous ses biens à son neveu Hugues Adhémar IV, fils de Lambert et petit-fils d'Hugues Adhémar III. La concession de 1336 a été faite en faveur de ce Gaucher Adhémar et c'est à lui qu'appartiennent toutes les monnaies portant le prénom de Gaucher. Mais auquel des Hugues Adliômar attribuer les monnaies au nom de HVGO. Poey d'Avant les attribue à un Hugues, pour lequel il inscrit une chronologie de fantaisie (1344-1369), qui ne se rapporte en rien à celle qui précède. M. Carpentin, raisonnant sur la date inexacte de 1346 pour la charte de Charles IV, propose de les donner à Hugues III, qui pouvait, dit-il, fort bien exister encore (1347) après la concession. Nous croyons que toutes ces pièces ne peuvent appartenir qu'à Hugues IV, le seul postérieur à la charte de 1356.
Les sols coronats avec S6X dans le champ, ont évidemment été émis pour imiter les sols coronats provençaux avec RGX émis par Robert et par Jeanne de 1309 à 1382. (Voir notre PI. XV, w°' 14 et 19). Ceux qui portent le nom de HVGO appartiennent à Hugues IV (1360-1372). Mais M. Carpentin voudrait faire une différence entre ceux portant la légende HVGO et ceux portant la légende HVGONVS qu'il considère comme rai)réviation d'HVGONc^VS. Or, Hugonet serait mort en 1330, c'est-à-dire avant la concession de 1336.
C'est à ce même Hugonet que M. Carpentin propose d'altiibuer le carlin imité des Raymond d'Orange (1340-1393) et portant pareillement la légende HVGONVS (1).
(I) HVGONVS était le diminutif d'Hugues. L;s fils de Giraud Adhémar I'' s'appellent Giraud, Giraudet et Giraudonet, du même Hugues fait Huguet et Hugonet. Peut-être ces diminutifs employés pendant l'enfance faisaient-ils place ensuite au véritable nom.
Cette double altribution ne pourrait se défendre que si l'on retrouvait une concession monétaire en 1346 antérieure au décès d'IIugonet (1330).
Nous croyons que tout ce monnayage appartient à Hugues IV. Il ne peut y avoir de doute pour la pièce au casque imitée de la pièce à la mitre dont le type n'apparut que sous le pape Urbain V (1362-1370).
Il est vraisemblable que le monnayage de Montéliraart ne persista pas longtemps après Hugues Adhéraar IV. Déjà en 1339 Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, avait acquis une partie des droits seigneuriaux sur cette ville, et presque à la même époque Giraud Adhémar vendait au pape Benoit XII (1 334-1 3i2) une troisième partie de sa juridiction moyennant 24,000 florins d'or.
En 1383, Giraud Adhémar abandonna au pape Clément VII tous ses droits sur Montélimart en échange de la seigneurie de Grillon et se retira à Grignan.
Le 22 juin 1419, Louis II de Poitiers légua au dauphin Charles, fils de Charles VII, ses comtés de Valentinois et Diois et ses droits sur Montélimart et plus tard Louis XI racheta la part du pape.