‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 199 sur 262 · ARCHEVÊQUES DE BESANÇON · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUES DE BESANÇON

Loin d'ajouter quelque pièce nouvelle cà la séi'ie de Besançon, nous devons au contraire en retrancher un gros qui lui a été attribué à tort par Poey d'Avant.

Observons d'abord que les deniers à la main bénissante et au revers NIGRA PORTA sont loin d'être aussi rares qu'ils l'étaient en 1862.

Pour la classification des deniers anonymes à la légende PTHOMARTIR et à la main bénissante, on devra prendre en considération l'argument à tirer de la trouvaille de Sierck (1), dont l'enfouissement ne peut être postérieur à 1329. Cette trouvaille contenait 1500 de ces deniers, d'une excellente conservation, et par conséquent contemporains de l'enfouissement. Un très petit nombre portait des points secrets ou des diffèi'enls. Aucun n'était à l'O rond. Le poids moyen, pi'is

(t) Annales de Numismatique 1879.

sur 200 exemplaires, était de 0-'.90. On trouvait sur fiuelijues-uns les lettres T J'N ponctuées, comme on les observe sur les monnaies royales de Philippe V et de Charles IV. Aucune obole ne s'est rencontrée dans cette immense quantité de numéraire de Besançon. Il y a donc tout lieu de croire qu'il n'en a pas été frappé.

Poey d'Avant a publié sous le n° 3381, et gravé PI. CXXII, n" II, un gros ainsi décrit: bSPia' ARGbiepi . Buste mitre de face. il. ^ MOT^GTA BISORTIS. Croix et lis en sautoir, au-dessous une tleur de lis renversée. Il déclarait que des recherches lc< plus approfondies, il résultait pour lui h conviction qu'il n'existait pas hors de France un archevêché auquel le nom de Bisontie pût s'appliquer et cependant il ne trouvait pas dans la liste des archevêques de Besançon le nom de Henri ou de Henning. M.M. Planlet et Jeannez n'acceptent pas cette attribution à Besançon, sans pouvoir- en donner d'autre.

Il appartenait à .M. de Longpérier, dont les vastes connaissances embrassaient la numismatique universelle et qui se tenait au courant de toutes les revues publiées dans les diverses langues de l'Europe, de faire connaître la véritable lecture de ce gros. Il a été émis, dit-il (l\ par Henning Scharfenberg, archevêque de Riga (U24-1448), et doit se lire MONGTA RIOGNSIS; il avait été publié depuis longtemps par M. Krehne, dans le journal numismatique de Berlin.

M. Chautard, en publiant cette même pièce dans ses imitations du 1\[hesterling, pense que la crosse et la crois en sautoir avec la lleur de lis audessous seraient les armes de l'archevêché de Riga ou de l'archevêque lui-même.

Ce qui nous importe, c'est de rejeter à tout jamais de la série féodale française une monnaie étrangère et si nous insistons sur ce point, c'est que dans le catalogue récent de la collection Colson (1881) l'erreur de Poey d'Avant a été reproduite.

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