‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 200 sur 262 · BB.\YE DE S.\I.NT-OYEN-DE-JOL"X · texte numérisé non relu

BB.\YE DE S.\I.NT-OYEN-DE-JOL"X

Bien qu'on n'eût pas avant ces dernières années retrouvé de monnaies à leur nom, des chartes nombreuses ne permettaient pas de douter que les abbés de Saint-Oyen-de-Joux, appelé dans les diplômes du xii' siècle Sancti Eiigendi Jitreiisis aient eu le droit de battre monnaie. Mais c'est avec juste raison que M.M. Plantet et Jeannez, et Poey d'Avant, d'après eux, refusaient d'en faire remonter la concession à Charlemagne et même à Pépin-le-Bref, comme les moines l'avaient prétendu. Ce fut Frédéric Barberousse qui, en 1173, prenant sous sa protection l'abbé Adon et le monastère, confirma les donations faites par

(I) Revue Numismatique française.

C.lini-les, fils de Pépin, et les autres empereurs et rois, et y ajouta le droit de battre monnaie, droit qu'il a confirmé par un autre diplôme du 18 novembre 1184 eu j'iiveur de Guillaume.

La cbarte de concession porte textuellement ces mots : « Et interdicimus ut uulla persona in lis que acquisiverunt et antecessores nostri eis contulerint et in mnneta quam nos superaddimiis molestare ant inquietare présumât. »

Celle de 1184 confirme « Prenominato abbati Sancti Eugendi et successoribus ejus potestatem cudendi monetam ad formam et prctium, prout ecclesie sue magis cognoverint expedire ».

Des chartes de 110G et mai 1311 émanant d'Henri VI, confirment les mêmes droits. Le 26 mai 1360, l'abbé Guillaume IV de Beauregard obtenait la même concession de Cbarles IV, empereur et roi de Bohême, et le 20 mai 1415, l'empereur Sigisniond la confirmait à nouveau.

En présence de concessions et de confirmations aussi répétées, on s'étonnait avec juste raison de ne point connaître de monnaies émises par eux, bien qu'un dessin retrouvé dans les papiers de Cl. de Boze mit sur la trace de ce monnayage.

La trouvaille de 7,822 monnaies d'or faite à Paris, dans la rue Vieille-du- Temple, nous a enfin révélé un produit de cet atelier, et il faut savoir gré et rendre hommage à la perspicacité de M. Stedranski qui, appelé à dépouiller cette trouvaille, a su le découvrir au milieu de plus de 6,700 francs à pied.

Page 1