‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 223 sur 262 · MANASSÈS · texte numérisé non relu

MANASSÈS

Il y eut à Reims deu\ prélats de ce nom, Manassès \" (1069-1081) et Maiiassés II (1096-1106), et Poey d'Avant leur a attribué à chacun une monnaie d'un type différent; à Manassès I", un denier avec MSES, dans le champ, en légende ARCHIPRESVL. lî. VlTA XlANA avec une croix dans un cercle à quatre lobes; à Manassès II, un denier avec la légende "î" ....ASSES ARCHIEPC Croix cantonnée d'un trèfle au 2" et d'un annelet au 3^ i^. "i" SCE rOARI....emENSIS. Monogramme. (Poey d'Avant, PI. CXL, n"' 16 et 13).

M. de Longpérier avait attribué à Manassès I" le deuxième denier portant le titre A'archiepc. M. Duquenelle, au contraire, en publiant le premier qui porte le titre (Varc/iipt'estil, le considérait comme plus ancien et le donnait à Manassès l", renvoyant à Manassès 11, celui qui porte arckiepc. Toute son argumentation porte sur ce que ces deux titres n'auraient été employés que successivement, tandis que udus venons de voir qu'ils ont existé concurremment, sinon sur les monnaies, au moins dans les documents écrits. Poey d'Avant avait adopté la distinction lie M. Duquenelle. Tel était l'état de la question, lorsque M. Maxe-VVerly publia l'obole suivante :

391. Dans le champ MSES eu légende °o° ARCblE.... PVS. ^. Signe indéterminé VITA XIlANA. Croix dans un cercle à quatre lobes.

Argent. Obole. Poids 0*^.33. Collection Duquenelle.

(Revue Ntanismatirjiie française 1867 , PL VI, ?i° 8)- PI. XXIV, n" 12.

(1) Revue Numismatique française 1845.

(î) Même recueil 1840.

(:i) Dom Malienne, Amp. CoUect. Tome II, page 624.

On possède donc aujourd'hui un denier et une obole qui ne peuvent appartenir qu'au même Manassés, puisqu'elles portent le même monogramme et la même légende VITA XPIANA. Mais le denier portant le litre d'arc/iipresul et l'obole celui d'ARCblE/j/ACoPVS, il en résulte que ces deux titres étaient usités simultanément, et que l'emploi de l'un ou de l'autre ne peut servir d'argument pour établir le plus ou le moins d'ancienneté d'une monnaie.

11 est une autre remarque qui n'a pas échappé à M. Maxe-Werly dans cette discussion. C'est la présence du monogramme de Gervais sur un denier attribué à Manassés II. « Ne serait-il pas extraordinaire, dit-il, que le monogramme de Gervais, abandonné par Manassés I", fut remis en faveur par Renaud avec quelque difl'érence et reparaisse avec sa forme primitive sur les deniers de Manassés II. Commentexpliquerqu'après une périodede 30 à 40 ans, après deux règnes pendant lesquels le t\pe des monnaies de Gervais aurait cessé d'être employé^ nous le retrouvions identique sur les deniers attribués à Manassés II. » M. Maxe-Werly eu conclut qu'il faut rétablir à Manassés l" le denier qui porte le monogramme de Gervais et la légende SCE <^AR1 .... mENSIS et reporter à .Manassés II le denier et l'obole avec la légende VITA XPlANA. >ious serions tenté de donner les trois monnaies au même prélat, à Manassés I", à raison de l'ancienneté de la légende Vita Xristimia.

RAI.NAUD. 1083—1090.

392. "î" RE...IS....E... ROPOLlS. Monogramme formé des lettres CRAI. a. SCA

OOARlA RE. Croix cantonnée de deux lis. Argent. Denier. Catalogue Dassy.

Le dessin de ce denier donné par Poey d'.^vant, Pi. CXL, n" 17, est exact, mais la description ne l'est pas. Elle a omis au revers REmensis. ce qui est la continuation par abréviation de la légende SCE fT)ARI....f^ENSIS et ajoute un argument en faveur de l'attribution à Manassés 1" da denier à la légende sce marie remensis, les imitations procédant par retranchement plutôt que par addition.

Enfin il n'est pas inutile de faire observer que dans le monogramme CRAl la forme C n'a d'autre but que d'imiter le monogramme de Gervais par C et que les lettres RAI sont les initiales de RAhialJus.

GLILL.UME I". 1176—1202 ou GLILLALME II. 1219— 1220. -393. GVLERMVS en deux lignes entre deux traits, au-dessus et au-dessous un point en légende circulaire. ^ ARCblEPISCOPVS. Ri. X REOniS CIVITAS. Croix cantonnée de deux croissants et de deu>L lis.

Billon. Picdfort. Poids 3".0o.

Collection Fernand Mallet, d'Aniions.

PI. XXIV, n° 13.

H n'y a ain-unc raison pour attriliuer plutôl a (iiiillaiime i" les monnaies à la légende GVLERMVS, et à Guillaume II celles à la légende GVLELMVS. M. Ma\e- Weii> l'ail uiênie remarquer que les chartes de Guillaume I" sont orthographiées GVlLLELMVS. Xous croyons qu'avant le xiii'' siècle l'usage de piedforts était peu répandu et que celui-ci appartient plutôt à Guillaume II, qui ne mminit ((u'cn 1226. C'est même un des plus anciens exemples de cet essai monétaire.

HKXRI II. 1227— I2i0.

394. HENRICVS en deux lignes dans le champ entre deux traits, un point dessus

et dessous. En légende circulaire ^ ARCHRSNSCOPVS. b). -î-TEBAV COMES-

Croix cantonnée de deux besants aux 1" et 4% d'un râteau au 2" et d'un A au

3*, ces deux derniers signes dégénérés de l'A et l'fl. Billon. Denier. Poids 1^.13. Collection Maxe-Werly.

(Buvignier. Communicatio?i au coiu/rès archéologique de Chalon 1S7,ij. PI. XXIV, n" 14.

Xous classons celte pièce d'alliance aux archevêques de Reims à cause du lype.

Elle ne peut appartenir qu'à l'ai'chevèque Henri II (1227-1240) et au comte Thihaut IV (1201-1233), l'archevêque Henri I" (H62-M73) n'ayant pas été contemporain d'un Thihaud, mais d'Henri I", comte de Champagne (1132-1 180).

M. Maxe-Werly, auquel M. Buvignier a cédé ce précieux denier, l'a étudié avec le plus grand soin (1). H constate d'ahord que nous ne connaissons aucune convention monétaire entre les comtes de Champagne et l'archevêque de Reims, qui était complètement indépendant, et il reconnaît que la contemporanéité ne peut s'appliquer qu'à l'archevêque Henri H et au comte Thibaut IV. Mais il se présente à son esprit deux objections et ces objections lui paraissent avoir une telle valeur qu'il va jusqu'à se demander si la pièce ne serait pas le résultat, sinon d'un laux monnayage, du moins, l'œuvre d'un raonnayeur se servant par erreur de deux coins de seigneurs différents. H faut écarter ces deux idées et nous croyons ijue celte pièce d'alliance peut très bien s'expliquer. Ce qui préoccupe M. Maxe- Werly, c'est qu'il admet comme un fait acquis que les deniers, qui portent le nom du comte écrit TEBAV, appartiennent, soit à Thibaut III, soit à la minorité de

(I) Mùmoires de la Société des sciences, leUres et arts de la Marne 1877. pages 317-:'H.

ThiliauL IV un à sa majorilé, JDsquV'U Mi't. Kn cotte année 1224, Thilniut IV créa le type du peigne au cliatel et, dès 1225, nu trouve dans les chartes la mention de Prociiiois neufs, sur lesquels le nom de Tliihaut est éciit TEBAT. Comment concilier, se demande M. Maxe-Werly, qu'une monnaie qui ne peut être antérieure à 1227, date de l'exaltation de l'arclunèque Henri II, porte le nom du cduile écrit TEBAV, l'urme qui était abandonnée en Clianip-igne depuis 1224. l'.clte olijcclion n'est pas sans réponse. D'abord la modificatiun de Ivpe di- 1224 ne s'appli(iue qu'à la monnaie pi'oviuoise et non à l'atelier de Tmves ijui continua à fabriquer avec le monogramme TEB et ses diiïérents appendices. Nous avons déjà signalé que le denier fi-appé à Troyes avec le monogramme lleurdelisé était l'une des dernières monnaies frappées par les comtes de Ciiauipagne , ([ue l'oey d'Avant la classait à Thibaut IV, et que B. Fillon la revendiquait pour Thibaut V. Or, ce denier porte le nom de Thibautécrit TEBAV. Si Tliihaut IV surmonta son monogramme d'un lis eu .souvenir des services qu'il i-endii à la couronne pendant la minorité de Saint-Louis, ce ne put èti-e au plus tôt qu'en 122G et probablement après. On peut donc allirmer que même après 1224Thibaut IV inscrivait sur les monnaies son nom avec la forme TEBAV et(iue rien ne s'oppose à ce qu'il soit in.<crit ainsi sur une monnaie d'alliance avec l'archevêque de Reims postérieurement à 1227. Du reste, une récente découverte vient de corroborer notre opinion et M. Jlaxe-Wcriy a signalé d;ins la trouvaille d'Auli-eville (Vosges), un denier de Thibaut IV, au type du peigne au cluitel, créé en 1224, sur lequel le nom du comte est écrit TEBAV (I). Rien ne s'oppose donc |ilus à ralli'ihulioii ([ui précède.

JEAN III DE CRAO.N. Ili'w— 1373.

Le gi'os de cet archevèi|ue est resté une des plus rares monnaies féodales, outre qu'elle est une des plus curieuses par son type et son module.

Nous en avons examiné un exemplaire au musée de Troyes, mais il n'eu existe pas dans la collection si riche de la ville de Reims. îl. Duquenelle, son conservateur, croit que celui de l'ancienne collection Desains est en ce moment chez )1. Bouchet de Suippes.

PORCIILN.

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