GAUCHER II DE CHATILLOÏN
Issu de la même famille que les Chatillon, comtes de Blois, il prétendit à
(1) Revue Numismatique française I88i, page iU7,
l'héritage de la comtesse Jeanne décédée sans enfants en 1291 et à laquelle succéda son cousin-germain Hugues de Chatiiion. Philippe-le-Bel fit renoncer Gaucherà ses prétentions en 1 295, en lui adjugeantcertaines seigneuries. Mais cette concurrence explique comment et pourquoi il a emprunté sur une partie de son numéraire le type chinonnais si dépaysé dans l'Est de la France. Il copia non seulement le type, mais encore par la forme qu'il donne h la légende VVEIVIO (Poey d'Avant, PI. CXXXXI, n"20), il chercha évidemment à établii' une confusion avec la légende VENONITO, qui figure sur quelques deniers de Aendôme au type chinonnais.
On ne connaissait que deux variétés du denier de Gaucher de Chaiiilon au type chinonnais. L'une a été publiée par M. de Longpérier (fi et porte au centre de ce type un annelet; celle publiée par Poey d'Avant porte une gerbe. Toutes deux sont à la légende VVEIVIO et sortent d'un atelier que .M. de Longpérier (2; place à Ivoy, opinion généralement adoptée, et M. Renier Chalon (31 à Yves, petit village des environs de Florenncs.
La monnaie ci-après ne porte pas de nom d'atelier et doit être classée au comté de Porcien m génère. Elle est la continualiou du monnayage précédent.
o9o. Type cliinonnais, au centre une molette d'éperon. ^. GACOM.... PORC
Croix.
Billon. Obole. Collection Chaufîier.
(C/ianf/ier. Reoiie Numismatique française 1867, PI. V, n° 1). PI. XXIV, n" 15.
Cette molette se retrouve sur le numéraire anonyme de Blois (Poey d'Avant, PI. XXXIII, n°MO, 11 et 12).
Il semblerait que le monnayage de Gaucher de Chatillon soit destiné à soulever des problèmes pour la détermination de ses ateliers.
Poey d'Avant a publié sous le numéro 6106, sans le faire graver, un esteriin provenant de l'ancienne collection Jeuffrain, de Tours. Cet esterlia porte au droit ^ GALGS GOMES PORO et au revers la légende MORSTA N ORGIE, (pi'on a tenté d'expliquer par Moneta nova rctelensis. Cette explication n'est appuyée d'aucun document historique, établissant que Gaucher de Chatillon, comte de Porcien, ait eu le droit de frappermonnaieà Relbel,(jui avait des comtes
(d) Revue Numismatique française 18.39, PI. XXI, n" j.
(i) Revue Kumismalique française 1839, page 4o7.
(3) Revue Numismatique belge, i' série, tome VI, page 283.
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Ijarticuliers et dont le seigneur contemporain de (iuuclier de Clialillon était Louis I", de la puissante maison de Flandre.
Il faut donc abandonner cette explication . Il le finit d'autant plus i|ue la légende de cet eslerlin paraît avoir été mal lue et doit être la même (pu- rrllc M0R6I, des monnaies que nous puMions ci-après.
596. GALO. PORGISR. Ecu triangulaire parti aux deux lions deliout. bi. ^ ^O I R6T I A JIÎO I RQI. Croix coupant la légende cantonnée aux trois !"■ d'un trètle. au 4" d'une rose à cinq feuilles. Billon. Denier. Cabinet de France.
PI. XXIV, n" 16.
Poey d'.ivant avait lu sur ce denier fPOPGTA PORGl.
o97. -i" GALGbS COMES PO. Ecu auv armes de Porcien, trois pals de vair avec une merletle au clicl'. r. >if MONGTA MORGII petit signe indéterminé. Croix simple.
Billon. Denier. Collection (jariel.
fE. Caron. Annales de Xiimismatirjne /877 . Trountllle de Sien/, . PI. XXIV, n" 17.
598. iî< Mêmes type et légende au droit, vj. "î" œORETA POVA IVl . Croix
simple.
Billon. Denier. Collection Gariel.
(E. Caron. Annales de Nuriiisnuitirjur 1877. Truiinii/li' de Sit-rvl. PI. XXIV, n" 18.
Tout porte donc à croire que c'est le même ateli.u- qui s'allirme par tmis typc.v différents : l'esterlin publié par Poey dWvant et les deux deniers; l'un avec l'écu aux armes de Porcien. l'autre avec l'écu aux deux lions debout. Ces variétés dénotent une certaine intensité de production et de nombreuses imitations. Le denier aux deux lions debout est une contrefaçon du même type en Flandre et dans le Brabant. (juel peut être cet atelier ? Nous avons proposé Morimont, mais sans aucune conviction. Nous avons fait appel aux lumières de .M. Longnon. le savant professeur de géographie historique à l'école des hautes études et il n'a pu nous signaler dans le Porcien aucune localité pouvant s'identifier avec cette légende. Serait-ce l'atelier de Moresnet (province de Liège] qui a eu les honneurs d'um^ monographie que nous n'avons pu vérifier (1). C'est à
'1) Docteur Cersdorf Blatter fur Munzfreundc 1868, n» 16, p.ige 106.
Moresnet même qu'a eu lieu la trouvaille connue improprement sous le nom de trouvaille de SiercL.
CHINY.
LOUIS VI, COMTE DE CHI.NV DE 1310 A 1323, COMTE DE CHINY ET l.OOZ DE 1323 à 1336. 309. >î< LVDOV.... OMES. Dans le champ imitation de la croix feuillce ou lloroncée, dont les lleurons extrêmes sont remplacés par des truites adossées lieux par deux, de façon à présenter dans le haut des cantons de la croix les ai'inoiries de la maison de Chiay. nj. CDOIROIS DIVO. Dans le champ COMITIS en deux lignes, au-dessous un point, au-dessus, pour imiter la Heur du royal parisis de Fhilippe-lc-Bel, un petit écusson trianj,'ulaire mi-partie Looz et Cliiny, accosté à sa base de deux gros hesants. Billon. Denier. Collection A. de Barthélémy.
Maxe-Werbj. Revue Numismatique française J883, PL V, n" 9). PI. XXIV n"19.
Bien ([ue le comté de Chiny ne relevât pas du royaume de France, nous avons cru devoir reproduire ce denier imité d'un type français et dont la légende est en partie en langue française; Poey d'Avant l'avait d'ailleurs publié, mais avec la plus grande incorrection de dessin et sans relever les particularités héraldiques qui donnent un si grand intérêt à la description de M. .^laxe-Werly.
M. ChaulTier en avait publié un autre à peu prés identique (1), mais ([u'il n'a fait graver.
(500. ^ LVDOVICVS COMES. Croix lleuronnée. à. "î" mOHETA DVPLEX.
Dans le champ COMITIS en deux lignes sous un Irèlle. Billon. Denier. Collection Chautliei-.
Ce n'est pas sans de graves controverses que ces deniers sont aujourd'hui délinitivement classés à Louis VI, comte de Chiny. il faut d'abord rejeter l'altrihulion de M. Perreau (2) à Louis III, comte de Looz (1223-12291, puisque le prototype royal n'a été émis par Philippe-le-Bel (pi'en 1293. M. Serrure llls (3) le revendiquait pour Louis IV, comte de Looz (1328-1330). Mais la présence d'un exemplaire au trésorde Sierckenl'oui au plus tard en 1328 rendait celte attribution
(I) Hevue Numismatique française 1867, page 137.
(i) Revue Numismatique lelge, l" série, tome 11, PI. VI, n» 1\).
(:i) licvue Numismatique belge, î' série, tome II, PI II, ii" fS.
peu vraisemblable. Selon l'opinion d^; M. Piol(1) adoptée par AI. Chaullier (2\ ils appartiendraient à Louis VI, comte de Chiny. Enfin M. Maxe-Werly. dans l'article précité, précise la date des émissions des monnaies de Louis VI, comte de Chiny, selon qu'elles portent ou non le titre de comte de Looz. En \'M'S, Louis V, dans une assemblée de notables, déclarait sa volonté de rentrer dans la vie privée et de résigner le comté de Looz à son fils, déjà comte de r,liin.\ : il faut donc classer entre 1310 et -1323 les deniers aux légendes LVDOVICVS COMES, sur lesquels il n'est pas fait mention du titre de comte de Looz; on dnii au contraire en conclure que le denier décrit par Poey d'Avant, n" 6108. >■{ non gravé, est postérieur à 1323, puisqu'il poite en légende LVDOVICVS CODLOS ET CY. Il est du reste d'un type tout à fait ditTérent et n'a plus du toiii les caractères d'imitation d'une monnaie royale.
L'atelier qui a émis ces monnaies ne peut être que celui d'Ivoy et il me parait difficile d'admettre pour donner satisfaction au.x: deux systèmes que les comtes de Chiny aient battu monnaie en même temps à Ivoy et à Ives près de Florennes.