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CO.MTÉ DE SOISSONS

Si l'on n'admet pas que les deniers si contestés dont nous venons de parier appartiennent à Guillaume Buse, le monnayage comtal ne remonterait pas au-delà d'Yves de Nesie (1160).

On avait admis jusqu'alors que l'évèque avait cédé son atelier au comte et "M. Edouard de Barthélémy a reconnu que les évêques étaient les suzerains des comtes. M. Michaux (2) cite une charte du fief de l'évêché. dans laquelle le comte reconnaîtrait tenir de l'évêché tout ce qu'il a dedans les portes de la cité de Soissons à savoir son manoir, la monnaie, les juifs et les aubaines; si cette charte

(I) Voilleniier. Monogiaphie de Tatelier de Soissons (Sentis 1866).

[i) Monographie (U l'atelier de Soissons. BuUelin de la Société arc'-éologique de Soissons tSW. Tirage à part 1880. Soissons.

est exacte (1), elle corroborerait l'opinion généralement admise que les évêques avaient cédé aux comtes leur droit de monnayage.

Le comte Yves de Nesle associa d'al)ord au pouvoir son neveu Conau ou Canon dont ces dernières années nous ont révélé deux monnaies des plus précieuses, et qui nous semblent sorties de la même officine, bien que portant deux noms de ville différents.

r.onan avait épousé Agathe de Pierrefonds, et probablement lorsqu'il n'était encore que comte associé, il frappa à Pierrefonds la monnaie décrite sous le n" 614. Plus tard il frappa la suivante :

(il I. ^ CANON COMES. Croix cantonnée do lis aux V et i" et de croissants aux 2'' et 3^ r. SVGSSIONIS. Temple surinonlé d'une croix remplaçant la croisctte.

Billon. Denier. Poids 0?.90. Collection du Lac. (Bulletin tnonumental 1877).

PI. XXV, n" 8.

Ouel est le véritable nom de ce comte. Il est dénommé dans les chartes Cono, Conanus et par certains historiens Conradus. ^'ous possédons un monument contemporain qui a autant, sinon plus, d'autorité que la monnaie, c'est son sceau ijui porte *îf CONO S D6 § P....NTG ; un document relatif à l'abbaye de Pr'émontré contient ces mots : Cum apposit/o?ie sif/illi Cononis nepotis et successoris îiostri (H 72) (2).

Le monétaire aurait donc écrit à tort CANON au lieu de CONON ; cette erreur, (]ui s'est produite deux fois, prouve que les deux deniers émanent du même atelier.

RAOLL. H 80.

612. «î" RADVr COM. Croix cantonnée de deu\ lis et de deux besants. â. ^ SVESSONIS. Temple.

Billon. Denier. Catalogue Charvet, n° 491.

JEAX DE CLLRMOXT. 1307.

613. ^ lOb'S DE CLAROMOTE. Croix cantonnée d'un annelet au 2''.

(I) M. Michaux n'en indique pas la source dans son ouvrage; mais consulté par nous, il vient de nous répondre qu'une copie en existe daus les manuscrits de Dom Grenier à la bibliothèque nationale.

(3) Demay. Sceaux de la Picardie, n»* 33 et 3i.

^. îPON'SVeSSIORIS. Temple soissonnais siirraonlé d'une croix conimenrant la légende.

Billon. Denier. Colleelion Gariel.

(Annales de Numismatique 1877 . Trouvaille de Sierck). PI. XXV, n" 9.

PIERREFODS.

X 614. ib MONGTA CANOn. Temple. ^. * DG PieRGFONZ. Croix canlonnée d'un liesant aux 1" et i*" et d'un croissant aux 'i" et 3'".

Billon. Denier. Poids 0".70. Collection Du Lac, à Compiègne. (Bulletin monumental iS77).

PI. XXV, n" 10.

H est vraisemblable qu'il fut émis par ce seigneur quand il n'était encore que comte associé de Soissons. Il adopta le temple soissonnais et fit IVapper sa monnaie dans l'atelier de Soissons, ce qui explique la parfaite similitude du type et l'emploi de la même forme CANON pour le nom du comte. .4gathe de Pierrefonds, restée veuve, céda sa cbatellenie au roi Philippe-Auguste. Le monnayage au nom de Pierrefonds n'eut donc qu'une très courte durée

ÉVÉCHÉ DE NOYON.

R.VTBOD II. 1068 — 1098.

61o ADB. Dans le cliamp EPS. Vi- NOVIOMVS. Croix d'où pendent deux

omégas.

Billon. Denier. Collection de Roucy, à Compiègne.

{Revue Numismatique française 1863, page 65, vignette). PI. XXV, n" 11.

M. de Roucy en publiant celte pièce hésitait pour son attribution entre Baudouin (1044-1068) et Radbod II (1 008-1 098), mais le dessin qu'il eu a donné prouve qu'il penchait du côté de la deuxième attribution. Il indique qu'il a été trouvé avec des deniers d",4dallieron, évéque de Laon, et des deniers d'Amiens à la légende centrale de FAX.

Aujourd'hui le doute n'est plus permis en présence d'un deuxième exemplaire mieux conservé que possède M. du Lac, de Compiègne.

REMUD. 1174—1187.

616. iî< RENOLD EPC. Croix entre deux crosses. ^. ^ NOVIOMVS. Croix cantonnée de deux pelites croix lichées.

Biilon. Denier.

(Catalogue Dassy, n° 1589).

La douille crosse n'avait plus de raison d'être sous l'épiscopat de Renaud. puisque l'évèché de Tournay avait été séparé de celui de Noyon en 11 40. Mais ce type avait été évidemment employé antérieurement par des prélats qui avaient la double investiture. Ces monnaies sont à retrouver.

ETIE.NNE. (1187—1221).

617. *b STGPbS eP. Main bénissante. ^. * NOViOMVS. Croix cantonnée d'une petite crosse aux 2° et 3*.

Biilon. Denier. Collection Hoffmann.

ÉVËCHÉ DE LAON.

618. S LODOVICVS REX. Tète de face couronnée. ^. Rosace. LAVDVNENSIS. Tète de face.

Bon biilon. Denier ébreché. Collection Caron. n. XXV, nMS.

M. Desains avait déjà publié un premier exemplaire de ce denier qu'il attribuait au monnayage semi-royal de Louis V. Le relief des traits du visage et des lettres de la légende ne nous laisse aucune hésitation sur la justesse de cette attriliution. bien qu'elle ait été contestée par M. de Longpérier.

Le style de ce denier est le même que celui de l'obole au même type publié par Poey d'.\vant.

On n'a pas encore retrouvé en nature le denier de l'évéque Gazo II (1310-1315) publié par Duby. Il est certain cependant qu'il existe, puisque l'évéque de Laon est compris à l'ordonnance de 1315, comme étant un des prélats ayant le droit de frapper monnaie. M. Desains (1) dit que le dessin de ce denier de Gazo figure en marge de la page 562 d'un ouvrage intitulé Metropolis Remensh hist. 1666, par Guillaume Marlot, lequel exemplaire est conservé dans la bibliothèque de la ville de Bruxelles. Mais il est bien difficile de savoir si ce dessin est antérieur ou non à l'ouvrage de Duby.

Un fait assez singulier et digne de remarque se produit dans les trois évêchés de Laon, Noyon et Beauvais qui relevaient le plus directement du roi de France.

(\) Recherches sur les monnaies de Laon, page 8.

Entre le monnayage d'Adalberoii, évéque de Laon (977-1031), d'Hervé, évêque de Beauvais (987), de Ratbod I" (989) ou Ratbod II (1068), évéques de Noyon, nous nous trouvons, quant à présent, en présence d'une lacune monétaire de plus d'un siècle. A Laon il faut aller jusqu'à Gautier II, de Mortagne (1155), à Beauvais jusqu'à Henri de France (1149), à Noyon jusqu'à Renaud (1175), pour retrouver de nouvelles espèces. Le hasard est-il seul cause d'une pareille coïncidence pour trois évéchés aussi voisins et dans un pays où les trouvailles sont observées avec le plus grand soin depuis plus de cinquante ans.

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