‹ Monnaies féodales françaisesChapitre 251 sur 262 · CHARENTON · texte numérisé non relu

CHARENTON

La numismatique de cette seigneurie, si féconde en imitations, parait destinée à s'enrichir fréqueuiment de types inédits. En voici un tout à fait original.

C73. "î" DOMINVS. Croix cantonnée de deux besants aux 1"' et 4" et de deux

croissants aux 2^ et 3". i^. >î< CARENTONIE. Grande lleur de lis surmontée de

deux trèfles sur pédoncules.

Billon. Denier. Unique. Poids 0^.80.

Collection Gauchery, à Vierzon.

IM. XXVII, n°6.

Une certaine incertitude plane sur la lettre initiale du nom du seigneur, qui a frappé cette pièce. M. Buhot de Kersers (4) voudrait y voir un E et l'attribuer à Elibes V[ ou VII, qui vécurent de 1179 à 1212; le style de la pièce me parait s'y opposer complètement, et je n'ai pas distingué les trois traits qui, pour former la lotlre E. se placent à angle droit sur le Irait horizontal ; on peut encore y voir la lettre I ou L entre deux croissants et l'attribuer à Louis ou Jean de Sancerre. De l'examen attentif que j'en ai fait, il résulte pour moi la probabilité que cette lettre est un R et qu'il faut classer cette intéressante monnaie à Renaud de Monli'aucon.

ÎSous avons public, page 100 et PI. VII, n' Il Ois, le denier de Rcnoul de Culent, seigneur de Charenton , denier dont un certain nombre d'exemplaires rencontrés dans la trouvaille de Jonzac ont été disséminés dans diverses collections. Ils étaient en même temps étudiés par Gariel (3) tpii l'allribiiail à Raoul II de Culent, et par .AI. Richard (6).

(I) UuUelin des Antiquaires du Centre i8S2, page 31)0.

\i) Histoire de Vierzon, page 173.

(S) Revue Numismatique française I8H4, page i73.

(41 Bulletin Numismatique du Cher ISS.'i, page 36.

(ri) Annuaire de la Société de Numismatique 1882.

(b; Mémoires de la Société des Antiquaires de VOuest I8.S2.

Celle altrilmtioii ne salisl'ait M. Biihoi de kersers •^\"< el il ilierclie une ;uilrc liypollièse dans l'histoire de cette seigneurie, et sVxprimc ainsi :

« Du mariage deMatiiilde deCharenton avec Renaud de.llontfaucon, avant I 202, sont issus trois eni'ants, Renaud III, aussi seigneur de Monifaucon et de Cliaienton, qui épousa Isabean de Courtenav; Guilleraetle ou Guillernie de Ciiarenton, ijui «pousa Anséric de Tocy, seigneur de Basernie; el S\inlle. qui épousa Roberl de Bomiers. »

« Renaud III meurt sans entant avant 1244; Maliaut, sa mère, parait n"êli-e morte (pi'en 1249, et sa succession est partagée en I2o0. Montfaucon est attribué à Robert III de Bomiers, fils de Sybille. La seigneurie de Charenton est partagée entre les enfants de Guiilemette et d'Anséric de Tocy. Charenton même écheoit à Agnès de Tocy, qui épousa un membre de la famille de Culent, et par ce mariage celui-ci devient seigneur de Charenton entre 1230 et 1233. »

« A cette dernière date Agnès, devenue veuve, épousa eu deuxièmes noces Guillaume de Courtenay et lui apporta en dot la seigneurie de Charenton, qu'ils vendirent ensemble au comte de Sancerre, en 1264. »

« On voit, continue M. Buhot de Kersers, que c'est au premier mari d'Agnès de Tocy, seigneur direct de Charenton, que paraissent devoir être attribués les deniers en question. »

Mais ce premier mari s'appelait Guillaume et non Renoul. Il était fils de Renoul I" de Culent. L'attribution de M. Buhot de Kersers n'est possible qu'en supposant que la Thaumassière i'a mal nommé Guillaume au lieu de Renoul. Elle n'est donc pas moins hypothétique que celle qui avait été proposée d'abord.

MLVERS.

fi74. Ln même temps que nous publiions le denier d'Yolande, n" 3, PI. VIII, M. Buhot de Kersers en faisait connaître un beaucoup meilleur exemplaire, "i" ICOMITISSA. Croix auxerroise cantonnée d'un annelet au \". à. "ï" NIVERNENSIS. Deux étoiles à six pointes séparées par deux fleurs de lis, le pied en dehors.

Argent. Denier. Poids (>'.9G3. Collection Berry, à Bourges. (Bulletin des Antiquaires du Centre 188'2, Jiarje 295). " La première lettre de la légende I, dit M. Buhot de Kersers, est suivie d'une apostroiibe abrévialive. Klle es! certainement l'initiale du nom de Yolande, épouse

'!) Bulletiii des Antiquaires Ju Centre iHSî, pages 2S-j et suivantes.

(lo Jean Tristan. Car le type du revers est celui qu'adopta Jean Tristan et que conservèrent encore les premières monnaies de Robert de Dampicrre, deuxième époux d'Yolande. On peut regarder comme certain que cette pièce fut frappée pur cette dame pendant son veuvage, vers 1270 et 1271 . »

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