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LE MANS

La série des monnaies du .Mans ne s'est, à notre connaissance, enrichie depuis vingt ans que d'un type nouveau. Mais grâce aux recherches de M. de Barthélémy, elle a élé étudiée à nouveau et rectifiée dans ses origines. Fne charte de Louis-le-Débonnaire, de l'an S3G, transcrite dans un manuscrit du xi" siècle, reconnaîtrait à l'évêque du Mans le droit de frapper monnaie et confirmerait un diplùme du roi Thierry, conférant le même privilège. Ce diplôme est également transcrit dans un manuscrit du xii"" siècle. L'authenticité de ces textes a été vivement discutée. M. Hucher l'a défendue et, dans un mémoire. Revue de IVumistnatique Française 1868, page '269, M. de Barlhélemy les déclai-e complètement

apocryphe». Il rejette énergiquement l'idée d'une concession monétaire faite par un roi Mérovingien comme incompatible avec l'exercice du monnayage à cette époque. L'évêque n'avait pas besoin d'un diplôme pour s'adresser aux monnaveurs établis dans sa ville épiscopale. Ceux-ci pouvaient frapper sous la responsabilité de leur nom, avec le métal qui leur aurait été fourni par l'évêque et à son profit. Le diplôme de Thierry n'avait donc pas sa raison d'être. Si ce diplôme est apocryphe, celui qui le relate l'est également. Telle est l'argumentation de M. de Barthélémy. Et il ajoute que ces diplômes ont du être inventés lorsque l'évêque eùl à faire valoir ses droits au monnayage contre le comte Erbert dit Eveille- Cliien.

Ce n'est pas, dit-il, que l'évêque du Mans n'ait pu frapper monnaie sous les Carolingiens. Il considère même comme des produits du monnayage épiscopal les deniers de Pépin et de Charleraagne portant le nom du Mans. Mais les titres de concession avaient-ils péri pendant les invasions des Normands ? Il est certain que Riolt-le-Normand s'empara de cette ville. Le Maine serait devenu une province Normande et ce seraient les Normands et non les évéques qui auraient frappé les deniers au temple ou aux quatre temples disposés en forme de croix. M. Fillon pense au contraire que ce dernier type, créé au Mans dans le dernier tiers du x* siècle, passa en Normandie où les monnaies reproduisent des types analogues sous Richard I" et Richard II (943-1026).

M. de Barthélémy renverse ainsi toutes les idées admises avant lui. Il pose en principe que les évéques n'ont pas adopté le typo du temple par imitation des deniers Carolingiens à la légende XPISTlANA RELIGIO; ceux-ci, dit-il, d'origine italienne, ne dépassèrent guère le Midi et le Sud-Est de la France. C'est une doctrine toute nouvelle, et quand nous rencontrons dans une ville une immobilisation double, l'une au type du temple, l'autre au type du monogramme, nous avions toujours considéré que l'un était le produit du monnayage épiscopal et l'autre celui du monnayage laïque.

Nous admettons 1res volontiers l'argumentation de M. de Barthélémy en ce qui concerne les diplômes contestés. .Mais l'attribution aux évéques du Mans des deniers de Pépin et de Charlemagne, parce qu'ils sont frappés au Mans, et que le Mans n'était pas une résidence royale nous laisse plus indécis. Que le type aux quatre temples en croix procède du Mans ou de Normandie, ce n'est pas une raison pour en dépouiller l'autorité ecclésiastique. Et comme dernière induction, à laquelle nous nous rallions complètement bien que M. de Barthélémy soit moins précis dans ce mémoire qu'il ne l'est d'ordinaire, il ajoute : C'est évidemment du

temple du Mans continué en Normandie que procède le temple gravé sur les monnaies du comte breton Eudes. La Bretagne se trouvait en effet géographiqueraent et politiquement dans une position qui n'était pas sans analogie avec celle du Maine.

M. Gariel a recueilli dans ces derniers temps une trouvaille assez considérable de deniers au monogramme d'Erbert. Ils doivent avoir été frappés par Erliert I", à en juger par leur poids 18.30 et par le relief de leur légende qui leur donne tout à fait l'aspect de deniers Carolingiens. Mais ils composaient seuls toute la trouvaille et aucune autre pièce n'a pu servir à préciser la date de l'enfouissement.

r,H.\RLES DE V.4L0IS. 1290—1317.

'iO'2. "i-moneTÀS CeROrO. Lis sous une couronne, à. "î" SlGPVfOS DGIS VIVl Croix fleurdelisée, cantonnée de quatre lis.

Pied-fort d'argent du double couronnât dont la monnaie n'a point été retrouvée.

Catalogue HolFmann. Le prix demandé était de 300 francs. PI. V, n' 4.

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