LE PUY
189. * RADVLFVS REX. Croix dans un grenetis. f^. ANITO CIIVIT. Croix
présentant les rudiments d'un monogramme. Denier. Musée du Puy.
(Tome XXVJII des Annales de la Société Archéolotjique du Pnij). PI. VIII, n° 15.
M. Chassaing rappelle eu publiant cette pièce qu'Anicium était l'évôché de la cité des Vellavi. Il fait remarquer que l'I de Anitio a été reporté après le C de civitas, que le T d'anùiiim au lieu du C d'anicium se retrouve dans la dédicace autographe d'un manuscrit offert par Adélard, évêque du Puy (918-925) à l'église de cette ville ad altare sce Marie AniTiensis. Ce manuscrit existe encore à la bibliothèque nationale.
Ce denier est curieux à bien des titres; il a été émis par suite du privilège accordé par le roi Raoul en 923 ou 924 à ce même évêque Adélai'd, évêque, ecclesie aniciensis seu vellavensis , avec le consentement du comte Guillaume consentiente fideli nostro Guillelmo comité (1).
En vertu de cette concession, Adélard et ses successeurs ouvrirent un atelier monétaire et prirent pour type de la monnaie le nom et le monogramme de Raoul
(Il Voir cette i;li.'irte. de Barthélémy, Manuel de Xttmlsmalique moderne, Patji- 60.
leur bienfaiteur; aussi quoi qu'ayant l'apparence d'une monnaie royale, en réalité ce deniei- est-il purement féodal et forme le point de jonction entre le monnavaire loyal Carolingien et le monnayage féodal ecclésiastique du Puy. à la tète du{|ucl il prend naturellement place.
M. de Longpérier, rendant compte de l'intéressant article de M. Chassain^dans la Neiue df. Xianismatiqiie, n'attaqiu pas cette attriliution à la série féodale.
Pendant que lescomte. d'Auvergne frappaient monnaie au type de Vlelmo cornes. il est très probable que le monnayage ecclésiastique du Puy au type de Raoul s'immobilisa et persista jusqu'à l'adoption du type Moneta sce Marie vers la fin du .x"" siècle. Les deniers avec cette légende ne sont plus aujourd'hui disputés au Puv. Mais ;i côté de cette légende Sce Marie, il en est d'autres où on lit en i-étrograde sce MANUE. M. de Longpérier les a attribués à Manosque, et dans un article publié, Revue y umismatique , il soutient à nouveau son opinion. Nous avouons (pien rapprochant les deu.v dessins et les légendes Sce Marie et Sce Manue, nous trouvons dans la forme des lettres, forme assez inusitée d'ailleurs, dans les points qui terminent ou accompagnent les légendes, une telle ressemblance, qu'il nous semble impossible de ne pas les classer au même atelier.